Génésiques, de Nicole Barromé

Génésiques, poésie, Ficelle n°143, Vincent Rougier éditions, octobre 2020

 

Nous entrons dans l’intime féminin, poésie végétale à fleur de peau, l’esprit du sensuel partagé. En découvrant ces poèmes et en les illustrant « Ai-je été le papillon ou l’abeille qui, gourmande, butine cette fleur ou ai-je rêvé d’être cette fleur, son pistil ?  »

À vous, cher lecteur, de partager ces gourmandises.

 

Note de l’éditeur en 4ème de couverture :
« Ce livre est in-quarto…Vous munir d’un coupe-papier et délicatement découper les pages en tête du recueil, cela s’appelle « découronner le livre ». Le Massicot a pour autre nom La Guillotine pour nos confrères européens. »

 

EXTRAIT – Rose

La vie s’il le faut pour retrouver
L’affabulation des soupirs
Les empaqueter de mystères et les précipiter
Bruts
Contre les parois des hydres communes
Inutiles péroraisons sur d’autres lieux
D’autres circonstances
De l’imaginée sur l’autel rose

Exempte de félonies et de tendresses
De bourreaux et de victimes
Aux creux et bosses de l’amour

Depuis, sais-tu reconnaître l’instinct
à l’abord des lagunes chaudes ?

Je jongle rose
Avec la cruauté au rythme des souvenirs
La transfiguration des bouches
L’anachronique montée en labeur des pupilles
Le brouhaha des cœurs à portée des chants

J’écarte rose
L’horreur d’une caresse au goût retrouvé
Les attentions aimantées de fièvre calme
La livraison
Poil à poil
Des corps parfumés
Le balbutiement des fantasmes
Les regards entrés en collision
Les narines étouffées d’un désir dru
Baiser des lèvres de lave

 

chez l’éditeur

 

Face à la magnificence, de Pierre-Jean Brassac

Guillaume Beaugé. Face à la magnificence. Carnets de voyage 1990-2018
Peinture et poésie, éditions Monts-Déserts, 2ème trimestre 2020
Textes de Pierre-Jean Brassac / Illustrations Guillaume Beaugé, gouaches

 

Une traversée picturale et poétique des paysages de Bretagne, de Venise, d’Ardèche et des Alpes. Des textes qui questionnent l’acte de peindre sur le motif.

 

EXTRAIT

Le peintre Guillaume Beaugé consacre sa vie à exprimer et partager le bonheur que lui procure la beauté fascinante et indicible du monde.
Son propos n’est pas seulement d’en dé-peindre la réalité changeante. Il faut d’abord qu’une intense rencontre ait lieu entre un espace et lui. Chemin faisant, une force le contraint alors à s’arrêter devant un paysage particulier. C’est un choc de la reconnaissance: il doit offrir une existence picturale à ce paysage, en dédoubler ainsi la présence magnifique. Il en éprouve une joie soudaine : celle de faire ‘face à la magnificence’.
Papier, pinceaux, gouache et eau sont vite tirés du sac. Le regard et la joie ont fourni le cadre. Le paysage, l’esprit et la technique feront le tableau. Une conversation s’engage entre horizon, esprit, geste et savoir-faire.
Un dialogue naîtra plus tard entre l’écriture et chacun de ces panoramas de Bretagne, de Venise, d’Ardèche et des Alpes. Les textes de Pierre-Jean Brassac visent à mettre des mots sur ce que représentent poétiquement le paysage, l’acte de peindre et le tableau.

 

Œuvres de Guillaume Beaugé : 1/ Paysage (gouache) – 2/ Rochers de Brignogan 2018 (gouache 15×42)

 

De la Cévenne aux Amériques – Chronique huguenote 2, d’Hervé Pijac

De la Cévenne aux Amériques – Chronique huguenote 2, roman historique, éditions de Massanne, réédition septembre 2020

 

Deuxième tome d’une tétralogie intitulée Chronique huguenote, De la Cévenne aux Amériques est un roman épistolaire, couvrant les années 1733 à 1753, qui permet au travers d’un échange particulièrement vivant et documenté de découvrir les modes de vie, les comportements, les moteurs affectifs, religieux, socio-économiques, culturels et politiques de la classe bourgeoise protestante et de la diaspora qu’elle a engendré dans les pays du Refuge.

 

EXTRAIT
(…) Ta lettre m’a également beaucoup touché sur un point. Il s’agit de la musique. Le grand regret de ma vie, peut-être le seul véritable regret, est de n’avoir pas pu et pas su connaître la musique. Il est vrai que les circonstances de ma vie ne m’y prédestinaient pas particulièrement en mes vertes années, que le tourbillon des affaires interdisait la pause qui eût été nécessaire à l’apprentissage de cet art divin et que mon isolement actuel condamne irrémédiablement tout espoir de ce côté. J’en éprouve une grande tristesse car ma conviction intime est que la musique représente la façon la plus parfaite d’approcher l’Harmonie de l’Univers, le moyen le plus pur et le plus intense de parler à Dieu : n’est-il pas d’ailleurs écrit « au commencement était le Verbe » ?… Ainsi je t’envie vraiment d’avoir le privilège d’assister à des concerts, comme ce Messie dont tu me parles et qui semble si bouleversant sous ta plume… Hélas, je crains ne jamais avoir l’occasion de l’écouter, devant me satisfaire des chants religieux des fidèles quand je me rends à l’église ou du souvenir heureux des Psaumes que l’on chantait dans les Assemblées du désert, il y a bien longtemps. N’hésite pas, ma chère Julie, si tu le veux, à apprendre la musique, ce langage universel qui relie les hommes et peut contribuer à les rendre meilleurs. N’hésite pas et songe quelle serait ma joie de savoir que toi, au moins, tu disposes de ce bienfait, de cette richesse de l’âme ! (…)

 

le retrouver chez l’éditeur

L’inconscient cognitif, d’Henri Lehalle

L’inconscient cognitif, essai en sciences humaines et sociales, collection 22 222, Ours éditions, septembre 2020

S’il est facile de repérer les émotions qui accompagnent nos décisions et nos jugements, leur composante logique nous échappe le plus souvent. Pourtant, il paraît que nous sommes des homo sapiens, non ?

 

EXTRAITS
« Tous les jours, et même plusieurs fois par jour, nous devons décider, choisir, évaluer. Pour autant, avons-nous véritablement conscience de ce qui détermine nos jugements ? Paradoxalement, il semble plus facile d’identifier les aspects émotionnels de nos décisions, plutôt que de se représenter les raisons cognitives de leur élaboration.
(…)
Et pourtant, il serait tout aussi utile, humainement et socialement, de repérer les critères logiques qui orientent nos opinions, nos croyances, nos actions, dans des contextes très divers : voter, signer une pétition, faire du sport, suivre un régime, obéir ou non aux injonctions d’un guide spirituel, etc.
Jadis, à l’occasion d’une conférence donnée à l’invitation de la Société américaine de Psychanalyse, Jean Piaget a parlé d’inconscient cognitif. Il citait à ce propos une sorte de boutade formulée par Alfred Binet : « La pensée est une activité inconsciente de l’esprit », boutade dont Piaget donne l’interprétation suivante : « si le moi est conscient du contenu de sa pensée il ne sait rien des raisons structurales et fonctionnelles qui le contraignent à penser de telle ou telle manière, autrement dit du mécanisme intime qui dirige la pensée » (1970/1972 p. 9).
Or, nous commençons à mieux connaître non seulement la nature de ces déterminants structuraux mais aussi la dynamique de leur construction et même de leur prise de conscience à plus ou moins long terme.
(…)
En résumé, les structures psychologiques(…) sont le fondement des significations. Au lieu de rester prisonniers des apparences et englués dans les impressions premières, nous parvenons à relier structuralement nos connaissances et donc à les actualiser dans le présent des contextes qui les sollicitent. Quelle bonne surprise : structurer, c’est se libérer ! »

 

Ours éditions est une “maisonnette d’édition” située à Puéchabon (Hérault)
22 222, c’est une collection de textes de littérature (noire, blanche, multicolore…) et d’essais en sciences humaines et sociales, chaque ouvrage tient sur une page A3 pliée en un cahier de 16 pages (couverture comprise).
Vingt deux mille deux cent vingt deux, c’est le nombre de caractères qui remplissent sans (trop) déborder 12 pages de texte en police Linux Libertine corps 10 étroitisé à 90%.
Des livres à finir soi-même, à l’ancienne, au coupe-papier ou au couteau de boucher… Une vidéo explicative est en ligne en page d’accueil du site.

 

chez l’éditeur

 

L’enfant du lignage, de Joëlle Wintrebert

L’enfant du lignage, fiction, Ours éditions, septembre 2020

Quel ado serait prêt à se laisser confisquer son avenir ? Après la pandémie qui a décimé l’humanité, les survivants se sont rassemblés dans une enclave. La génétique s’est muée en arme aux mains de quelques-uns. Mais pour ceux qui résistent en secret, elle est une ressource. Combler les trous béants dans votre histoire vous permet de comprendre l’Histoire dont vous êtes issu.

 

EXTRAIT
Le principe du grand amour, c’est qu’il te conduit à suivre l’autre n’importe où, fût-ce en enfer.
Les jours ont passé. Dix fois, vingt fois, j’ai quitté l’immeuble que nous avions restauré puis colonisé sur les quais, et je me disais : cette fois, c’est la bonne, je trouve le courage de te dénoncer, pas question de rentrer.
Dix fois, vingt fois, je suis rentrée. Je ne t’avais pas dénoncé. Je m’enfermais entre mes quatre murs et je pleurais de rage. Te livrer m’amputerait d’une trop grande part de moi, il ne me resterait qu’à mourir. Et la vie m’est devenue précieuse depuis que je la sens frémir au plus profond de ce corps qui voudrait disparaître.
Par ailleurs, voir jour après jour le monde se dégrader autour de moi me désespère. Combien de temps leurs enclaves protègeront-elles les privilégiés ? Quand le sol qui vous fait vivre s’asphyxie, quand l’eau que vous buvez s’assèche, quand l’air que vous respirez s’empoisonne, la mort se profile.
À présent, Christo, je peine à ne pas te donner raison quand tu assènes : « Faut-il attendre pour agir que les guerres de l’eau deviennent en plus des guerres de l’air ? »

site Ours éditions

 

Itinéraire d’un camisard – Chronique huguenote 1, d’Hervé Pijac

Itinéraire d’un camisard – Chronique huguenote 1, roman historique, 1er volet d’une saga en quatre volumes, éditions de Massanne, réédition septembre 2020

 

Itinéraire d’un Camisard raconte la vie d’Élie Serre, un huguenot cévenol, dans une époque charnière des conflits religieux qui assombrirent la France, après la Révocation de l’Édit de Nantes.

À travers ses engagements, ses doutes, ses réflexions, son évolution au fil des événements dramatiques qui se succédèrent, on perçoit l’erreur intrinsèque d’un régime coupable de massacrer ou chasser une partie de son peuple et de se priver ainsi d’une sève bénéfique qui aurait dû l’enrichir.
Éprouver pareillement l’absurdité et l’inutilité d’une cruauté inconsciente de part et d’autre, au nom du même Dieu !
Et pourtant, que la Cévenne est belle !
S’appuyant sur des bases historiques solides et incontestables à ce jour, ce roman traite d’un thème à la fois languedocien dans son déroulement, français et international dans ses répercussions mais, surtout, universel dans sa philosophie : la liberté de conscience !

 

EXTRAIT
Je crois avoir mentionné que Daudé, mon patron, avait une fille qui s’appelait Isabelle, une jeunesse belle comme le jour avec ses longs cheveux bruns qu’elle laissait le plus souvent dénoués sur ses épaules, ses yeux verts aussi clairs que les torrents de mon pays et, surtout, un sourire inoubliable… Bien sûr, j’étais amoureux d’elle, en secret, et chaque fois que je la voyais, je tressaillais et parvenais difficilement à dissimuler mon émotion. Je vivais un terrible calvaire car cet amour me semblait impossible et je n’aurais jamais osé me déclarer. Mais voilà : lorsqu’elle eut à peu près dix-huit printemps, je compris à plusieurs signes que je ne lui étais peut-être pas totalement indifférent. Mon martyre s’accrut au point qu’elle occupait chaque instant de ma vie, mais je ne savais toujours pas ni ce que je devais faire, ni comment ! Et puis, un beau jour, tout arriva, simplement, sans que je m’y attende. Je l’avais rencontrée, seule, sur le chemin du village. Elle m’avait adressé son merveilleux sourire et avait pudiquement baissé les yeux ; j’avais bafouillé lamentablement jusqu’à ce que nos doigts s’effleurent, timides d’abord, puis j’avais franchement saisi ses mains pour les serrer très fort contre ma poitrine. Le choc que j’en éprouvai reste gravé à jamais là, dans mon cœur… Ce fut étrangement pur et intense, indéfinissablement long. Nous marchâmes tendrement dans la campagne, presque sans parler, main dans la main et, soudain, pris d’une résolution et d’un courage subits, je l’avais enlacée et embrassée, passionnément.

en savoir plus chez l’éditeur

Un déjeuner de soleil, de Jeanne Bastide

Un déjeuner de soleil, récit, L’Amourier éditions, septembre 2020
image de couverture J. Bastide et Paul-Emile Objar / collection “ Thoth ”

L’expression, initialement, dit la perte de luminosité des pigments quand ils sont exposés au soleil, ou mangés par le soleil lorsqu’il s’agit du linge étendu au soleil de midi. Devenue symbole de toute chose périssable, l’expression évoque ici le récit d’un amour décousu. Sous nos yeux de lecteur, la vie d’une femme bascule parce que son aimé s’est éloigné. Habitée par son fantôme et par le désir de comprendre ce qui lui arrive elle s’interroge, déroulant au fil des pages un monologue à forte charge poétique qui la conduit en territoire inconnu. Les lecteurs de Jeanne Bastide y reconnaîtront sa voix, la singularité de son écriture creusant sous la peau le chaos intérieur que chacun renferme. Ceux qui la découvrent sont invités à se laisser surprendre par la liberté de ses images et sensations décrites.

Non ! Quelque chose s’est ouvert avec la violence de ce non. Non ! Et le monde se fracture. La terre se fend. Le vide prend place. Jusqu’à la respiration qui se fissure. Il faudra du temps. Beaucoup de temps pour que la vie se remette en place. Que l’herbe soit verte. Le cyprès vertical. Il faudra que le vent nettoie les poumons et toutes ses alvéoles. Il faudra que le pas se fasse plus sûr, qu’il donne confiance à ce qui le porte pour avancer sans trébucher. Il faudra que le soleil, la lune et les étoiles accomplissent les circonvolutions nécessaires. Il faudra le silence. Quelques bouts de joie. Un envol de paroles muettes. La solitude pour voir enfin un sourire apparaître. Il faudra que mes pieds nus marchent sur l’herbe. Que mon corps vivant, articulé, se mette en mouvement – se déplace.

lire le début du texte ici

 

Je m’appelle Pilou / M’apéli Piló, d’Hélène Marche

Je m’appelle Pilou / M’apéli Piló, conte animalier, collection bilingue occitan-français, éditions Hors Limite, juillet 2020
Illustrations : Angèle Andrieu
Traduction : Maurici Bóni

Histoire d’un chien appelé « Pilou », petit chien sans race mais d’une beauté extrême qui avait de nombreux admirateurs. Un caractère très enjoué, espiègle, coureur de jupons à 4 pattes ! D’une intelligence extraordinaire, auteur de nombreuses bêtises jusqu’à ses derniers jours… Une vie de chien heureux !

Ce conte est comme le précédent (Je m’appelle Olympe) traduit en occitan-français après avoir été en anglais-français.

 

 

Je m’appelle Olympe / M’apèli Olímpia, d’Hélène Marche

Je m’appelle Olympe / M’apèli Olímpia, conte animalier, collection bilingue occitan – français, éditions Hors Limite, juillet 2020
Illustrations : Angèle Andrieu
Traduction : Maurici Bóni

Un conte où une chienne appelée « Olympe » prend la parole à partir de sa naissance et jusqu’à son départ vers le paradis des chiens. Une histoire émouvante, drôle, sentimentale, de cette boule de poils aux multiples aventures avec ses congénères mais aussi avec sa maîtresse…
La particularité de ce conte classé jeunesse est en fait un livre destiné à tous en raison de son côté éducatif. Après avoir été traduit en anglais-français, le voici en occitan-français.

 

 

Brassens – Pas à pas à Sète, de Bernard Lonjon

Brassens – Pas à pas à Sète, petit guide, coauteur Bernard Wagnon, éditions L’An Demain, juillet 2020
avec photos d’époque, cartes postales, photos modernes

Vous cherchiez à suivre les traces de Georges Brassens dans sa ville natale ? Voici le guide qui vous accompagnera. Conçu par des spécialistes reconnus de la vie et de l’œuvre du troubadour sétois, il vous entraîne dans tous les lieux favoris du poète, là où il est né, où il a grandi, où il a fait ses premières gammes où il s’est amusé, où il a chanté, où il est enterré. À travers les cartes postales d’époque, les anecdotes de jadis et les photos d’aujourd’hui, les deux Bernard vous invitent à emboiter le pas du géant de la chanson française qui, comme tout poète, ne meurt jamais

 

Blanche, châtelaine du Gévaudan, d’André Gardies

Blanche, châtelaine du Gévaudan, roman, TDO éditions, juillet 2020

Valbrèges, le château merveilleux que découvrit Paul Fréval quand il était enfant et qu’il n’a jamais oublié. Des années plus tard, comme un rêve qui se réaliserait, il y séjourne en résidence d’écriture, invité par la comtesse Blanche Maufoid, née de Ségouzac. Outre le roman sur lequel il travaille, Paul Fréval devra réaménager la vaste bibliothèque familiale et faire le tri dans les papiers et documents du défunt Marquis, le père de Blanche. De conversations en conversations il devient bientôt son confident avant d’en être l’amant en dépit de leur différence d’âge.
Mais l’implication de chacun dans cette relation amoureuse ne tarde pas à se déséquilibrer…

Une histoire où il est question d’une femme d’un certain âge qui, du fait de sa naissance et de son éducation, sera toute sa vie à contretemps, jusque dans ces dernières amours. Le tout sur fond d’éoliennes.

 

EXTRAIT – chapitre 1

Tout un luxe de cheminées, de lucarnes, de pans coupés, de toits coniques, ceux des tours d’angle, ceux des échauguettes, se découpe sur le ciel et miroite sous l’éclat des écailles d’ardoises. Un véritable château de contes de fées.
C’est ce que découvre l’homme qui a garé sa 2CV sur le bas-côté de la route, qui, les mains sur le volant, s’attarde un instant avant de s’extirper de son siège puis de traverser la chaussée. Il longe le haut mur d’enceinte qui court sur plus de deux cents mètres, tout en cherchant à regarder par-dessus. De temps à autre il s’arrête, se dresse sur la pointe des pieds, tend le cou, sautille sur place. Tout juste s’il aperçoit le faîte du toit que masquent les frondaisons des grands arbres.
Bientôt, là où le mur s’abaisse légèrement, il prend appui des deux mains, engage le bout de ses chaussures de marche entre deux anfractuosités et, d’un coup de rein, il se hisse. Ayant gagné une quarantaine de centimètres, il a enfin sous les yeux l’arrière du château planté au cœur d’un vaste parc. Lire la suite…

Le cabas de madame Rita, de Marie-Hélène Lafond, avril 2020

Le cabas de madame Rita, roman jeunesse, éditions Averbode, avril 2020

Madame Rita est une petite dame qui habite seule Rue des Rosiers. Lorsqu’elle sort, elle emmène toujours un immense cabas à carreaux. Il parait qu’elle lui parle… Aujourd’hui, c’est jour de marché. Olivia rejoint ses copains, Théodore, Dimitri et Quentin sur le mur des remparts. Les quatre compères ont en effet décidé de percer le mystère du cabas de Madame Rita !

 

EXTRAIT : Rendez-vous au marché

Essoufflée d’avoir couru, Olivia arrive enfin sur le haut des remparts. Quentin, Théodore et Dimitri sont déjà présents, assis sur le parapet, les jambes dans le vide. Ces trois-là sont les meilleurs copains d’Olivia. Les trois mousquetaires comme les appelle sa mère.
– Désolée, lance Olivia en reprenant son souffle. Elle est déjà arrivée ?
– Non pas encore, répondent en cœur les trois garçons.
Olivia se penche par-dessus le mur. Comme tous les samedis, c’est jour de marché sur la place du village en contrebas.
Les forains s’interpellent et se saluent. Leurs étals regorgent de produits du terroir (huile d’olive, gâteaux, charcuterie, fruits et légumes, miels, confitures…etc.). Tous plus odorants et colorés les uns que les autres. Un vrai plaisir pour les yeux et le nez !
Malik échauffe sa voix. Il harangue les premiers passants de sa voix de stentor « Du beau, du bon et du pas cher ! » Juste à côté, Gaston finit de monter sa pyramide d’oignons doux, tandis qu’à sa femme Marie suspend des chapelets d’ail tressé. Un peu plus loin, un poissonnier rafraîchit sardines, maquereaux et tranches de thon rouge en jetant de la glace pilée dessus.
Pour l’instant, les allées sont relativement vides. Tout à l’heure, les touristes, aisément reconnaissables, leurs tenues décontractées et leur visage rose bonbon, vont envahir le marché, si nombreux que le moindre déplacement ressemblera au parcours du combattant.
– Vous l’avez vu ? demande Olivia, en se penchant dangereusement par-dessus le muret.