Éthéré hypogée, de Pierre Ech-Ardour

Éthéré hypogée, recueil de poésie, éditions Levant, janvier 2026
Illustration de couverture : Nissrine Seffar (détails de l’œuvre Guernica Huella)

Tome III de la trilogie.
Ce recueil clôt dans la même séquence poétique l’étroite analogie des sujets présents dans les deux précédents de la trilogie. Le premier recueil dédié aux villes de Sète et de Céret traduit l’immatérielle errance entre deux lieux où s’expriment nocturnes en face à face l’utopie et les mots en principaux acteurs. Le deuxième résonne d’amours, de renaissances, de lumières qui saisissent le poète, venues d’ailleurs, le rendant dépendant d’une prégnante imprésence.

Placé face au défi de l’ultime traversée vers l’innommable, les poèmes du troisième recueil adhèrent aux thèmes évoqués, leur insufflant spirituelle et espérée une ascension de l’enfouissement vers l’éther. Nul n’aurait imaginé Céret lieu d’écriture des tout derniers poèmes.

TROIS POÈMES extraits du recueil

1

Des micacés joyaux en tes mèches, du khôl de tes yeux, 
de ton jardin bien clos sourd une source celée. 
Tes inoubliables saveurs sanctifient la reine Shabbat.

Quelques tournoiements
puis figure ton absence
Et pourtant
se révèle allusif
ton visage en le chant

En deçà de lui-même
un novice silence
erre
vers l’étincelle

Interroge la lecture
le schème de pauvreté

Feint de te sauver le temps
pour en la pénombre
des verbes
résister vainement
à l’éternelle absence

2

Pénètre mon sommeil par lambeaux de nuit 
le feu léger du voyage noir. 
Vers l’insaisissable haleine éclaire une mèche 
chacun de tes mots.

Des sept cieux mordorés
au souterrain méat,
déchire le silence
une nuit limpide
abreuvée de prières

Ondoie le ban d’étoiles
sur le tapis de rêves,
sangle nos reins
la caresse des vents,
moule à ta bouche
l’ivresse d’un baiser
sa saveur de miel

Par les effluves
d’insensée narcose,
dans un rogue vent,
se putréfie terreuse

3

Contre l’oubli de soi, dans une vie fragile, 
tourmente l’équilibre la fixité. 
S’anime abstraite la langue des clartés 
en l’éphémère marche du temps.

Sur d’immaculées empreintes
épannèle ton corps la roche et
creuse abandons et silences

Entre les strates d’encre de nuit
gît en tes mains de vie ma voix,
s’éclipse à jamais mon regard

Du plus inattendu passage voué
il t’impètre seule gardienne
de mon humble fonds poétique

Aux nœuds des vœux de l’esprit
migre au-delà du cœur des mots
la lumière de notre spirituel amour

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