Doubles, de Raymond Alcovère

Doubles, recueil de nouvelles, Les Tilleuls du Square / éditions Gros Textes, décembre 2022
Illustration de couverture : Jacki Maréchal

 

Je est un autre, a écrit Rimbaud. Certes ! Mais qui est-il ? Comment le découvrir, où chercher ? En laissant infuser le rêve…

Ces vingt nouvelles ouvrent des portes vers le mystère des doubles, de l’altérité, où surgissent des coïncidences, des correspondances, des éclaircies, un trouble… Le réel, l’Histoire, l’art en sont la trame, mais aussi une quête de la lumière, une possible transcendance…

 

 

 

EXTRAIT

Partir, en bateau, découvrir des aurores bleues, jaune pale, des matins calmes ou bouillonnants, les odeurs de rouille des ports abandonnés, me saouler dans des bars avec des filles faciles et puis partir toujours, pour pouvoir revenir, aimer à la folie la chaleur des nuits d’hiver dans les ports, et encore ce mouvement incessant des bateaux, trépidation, effluves, oublier, oublier le temps, juste une aurore nouvelle au bout du chemin avec l’horizon bleuté et la lumière mouillée du grand large. M’arrêter à Mindelo avec ses squares rectilignes et ses bateaux rouillés, abandonnés au milieu de la rade et les bars, boire du rhum jusqu’à ne plus rien voir, et penser que le monde m’appartient. Voilà ce que j’ai aimé, choisi. Tout plutôt qu’une vie régulière à terre où demain ressemble à aujourd’hui, où l’horizon est borné, les humains prévisibles, le mystère récurrent. En mer, il y a toujours un après, ce grand vent du large qui balaie tout, le sentiment cosmique de la vie. La terre ferme refroidit les hommes, les rend inaptes à vivre, la mer libère de tout, elle n’enferme rien, plus loin on peut toujours rêver une île inconnue, le déchaînement d’une tempête, une aurore boréale, une lumière étale, l’envol des fous de Bassan, un havre de paix. Les ports ne sont pas sur terre mais regardent dehors. Ils ne sont là que pour partir.

 

Si la guerre ne meurt, d’Alain Lasverne

Si la guerre ne meurt, poésie, anthologie Cordes tissées 38, éditions Inclinaison, octobre 2022

 

La guerre comme un avenir stationné pour le moment en Ukraine. Comme une attente d’événement. La guerre là-bas vit ici comme un accident de la route. Nous la contemplons derrière nos écrans. C’est l’avenir qui nous obsède. L’Ukraine comme proxy de nos avenir possiblement enterrés dans la guerre généralisée. Peur.

La guerre est un fantasme ici. Une réalité là-bas. Nous sentons sa puissance et sa gloire sombre.

Cet ouvrage s’insère dans l’anthologie au long cours Cordes tissées, dont il incarne le N°38.

 

 

EXTRAITS

Repose en paix

sais-tu où est le pays souverain
où est le pays souverain
qui connaît le pays souverain

pas moi je marche sans regarder derrière
pas moi je regarde les mouettes dessiner le ciel
pas moi je creuse mes pétales en espérant l’été

sais-tu pourquoi les hommes promettent le passé
sais-tu pourquoi tant d’hommes croient en la paix
sais-tu où est le carrefour qui mène à la paix

pas moi je ne sais qu’écrire entre les mots
pas moi j’invente des serments que je ne sais pas lire
pas moi j’ai tué la paix en moi

sais-tu si les bombes resteront au pays mort
sais-tu qui osera jeter les guerriers au pays mort
sais-tu s’ils inventent la guerre pour laisser le pays mort en paix

 

Message de lune

picore la lune
petit cœur de lune

quelque part du fer écrase des chairs
d’y penser j’invoque la lune

grimpe vers la lune
petit cœur de lune

tu ne sauras jamais danser sous le feu
image ne rime pas avec courage

entends-tu le fracas des mots dans le vide ?
supportes-tu la dernière étoile en carton ?

La chair du monde peu à peu pourrit
la brume à venir ne cachera pas l’odeur

tu sais le monde enfoui
bientôt grippé bientôt à l’arrêt

traverse la brume
lève tes ailes fragiles
au moment

ferme les yeux
caresse la lune

 

Entrelacs, de Pierre Ech Ardour

Entrelacs, poème à deux mains, co-autrice Iazel Vallorca, Jean-Claude Taïeb éditions, octobre 2022
première de couverture : « Deaming » (2021, 43×83) de Hadassa Wollman

 

« Un prestigieux jeu poétique à deux voix réussi. Deux auteurs qui par ricochets livrent leur parole. Chaque strophe écrite par l’un donne l’impulsion créatrice à l’autre. Ainsi surgit un entrelacs d’images et de pensées dont le sens se déploie à l’unisson. Tout le travail ludique consiste à ne jamais dévoiler au lecteur qui à écrit quoi. Chaque strophe déteint sémantiquement sur la suivante si bien que le critique littéraire, fin détective, ne pourra déceler quelle face du ruban de Moebius appartient à Iazel Vallorca ou à Pierre Ech Ardour. »

 

 

EXTRAIT

Depuis l’éphémère défigure l’ignorance
toute réalité. Du jeu des corrections,
irréel le vide est folâtre beauté.

L’éventail des possibles
dévoile à contre-ratures,
brise à l’ébauche du sens
les mots non advenus.

Hautes s’éteignent secrètes nos flammes.

Noir providentiel ouvre
claire-voie astrale,
blanche nacelle
où s’aimantent
les arpèges régentés
des cosmos.

 

Poésie Chirale, de François Szabó

Poésie Chirale, Cap de l’Étang Éditions, octobre 2022
couverture Bruno Salgues / ilustrations issues de la revue « Le Ballet au XIXe siècle », éditions de la Nouvelle revue française, numéro spécial de décembre, Paris, 1921

Ce recueil Poésie Chirale est dédié à Carole mais il n’aurait pas été écrit sans l’apport d’enfance de mes parents, de mon père chimiste et de ma mère artiste.
Ici, le poète persiste et signe, cette étrangeté de la poésie est cet ailleurs qui semble si familier et pourtant unique. Toute réitération est une tentative d’existence. Tout propos est d’une affirmation vitale : rien, rien n’est perdu.

Avant-propos

« La chiralité est une réalité pour moi, permanence des origines, une des notions et faits propres à la nature. Cela interroge l’origine, tout comme la gémellité, mais aussi les naissances triples et la différence de la gauche et de la droite. C’est également un champ d’exploration infini de création de molécules chirales pouvant avoir des applications infinies. C’est cette familiarité et ces ressemblances associées à la nuance de la latéralité qui permet de concevoir et de voir le monde différemment. Cela touche l’ensemble de la nature, de la vie, de l’existence, de la sexualité.
C’est également la vision permanente de l’empreinte de Chirotherium qui m’a hanté et continue de me fasciner depuis la plus tendre enfance. C’est une signature ressemblante, mais unique, c’est une affirmation : quel est notre semblable mais qui ne serait pas nous, séparé par cette chiralité ?… » (François Szabó)

 

Le long voyage de Souris, de Marie-Hélène Lafond

Le long voyage de Souris, album jeunesse, éditions Palanquée, septembre 2022
Illustrations : Charlotte Spagna

 

Lorsque sa maison s’écroule et qu’elle se retrouve seule au monde, Souris décide de partir reconstruire sa vie ailleurs. Commence alors pour elle un long périple, semé d’embûches et de craintes.
Trouvera-t-elle de l’aide pour réaliser ses rêves et ses espoirs ?

 

 

EXTRAIT

Elle regarde avec désespoir,
Là où se dressait de son ancienne vie.
Elle n’a plus rien, elle a tout perdu.

Souris farfouille dans les décombres.
Tout est cassé, broyé, déchiré.
Hormis un bouton, une épingle et un bout de ficelle.

Souris range précieusement ses trésors,
Ses maigres souvenirs d’avant.
Dans un petit baluchon fait d’un carré de tissus.

Souris s’en va au petit matin,
Le cœur gros, la gorge nouée,
Voir, si ailleurs, elle pourra refaire sa vie.

Quel héros, ce Léonard !, de Marie-Hélène Lafond

Quel héros, ce Léonard / Was fûr ein Held, dieser Leonard !, album jeunesse bilingue français-allemand, éditions Bernest, septembre 2022
Illustrations : Benoît Turbet

 

 

L’orage gronde dans la savane. Léonard le lion déteste la pluie et a peur du tonnerre.
En compagnie de ses amis, il part chercher un refuge. Mais voilà en chemin, un malheur survient.
Léonard saura-t-il se montrer à la hauteur ?

 

 

 

EXTRAIT

Le jour se lève sur la savane. Au loin le ciel se couvre d’un noir orage. Déjà les éclairs se succèdent. Le vent souffle en rafales, soulève des colonnes de poussière.
Comme à son habitude, Léonard, le lion, dort tranquillement sous l’acacia.
Ses lionceaux passent tout près de lui.
– Il y a de l’orage dans l’air, annonce le premier. J’adore les éclairs.
– Et moi le tonnerre.
– Même pas peur ! s’exclament-ils en chœur.
Léonard ouvre un œil, observe quelques instants le ciel.
– Bah ! À chaque fois c’est pareil. Le ciel est noir, mais il ne tombe même pas une goutte.
Léonard bâille, chasse quelques mouches bourdonnantes, repose sa tête sur ses pattes et se rendort.

Dans les yeux de Zazz’, d’Anne-Marie Jeanjean

Dans les yeux de zazz’, poésie – écriture visuelle, collection Levée d’ancre, éditions l’Harmattan, février 2022
Avant-propos de l’autrice / 4ème de couverture : Christian Cavaillé

 

 

«[…] poésie visuelle qui émeut les mots et les lettres, rend sensible le sens en jouant avec jubilation sur les similitudes et les différences […] Dans l’enfance du poème et de la graphie.
Un livre aussi poétiquement didactique qu’inventif. » C. Cavaillé

 

Pages arrachées à un livre de survie, de François Szabó

Pages arrachées à un livre de survie, poésie, livre électronique, Obsidiana Press, août 2022

 

Ce petit recueil sous forme électronique libre se veut adressé aux enfants devenus grands pour leur donner vigueur et confiance en eux, poésie de partage et de tendresse à vision féérique. Gratitude de leur présence, en se disant qu’adopter un enfant, c’est lui faire le plus beau des cadeaux.

    accès libre ici

 

 

EXTRAIT

À Véga, Tania, Dimitri, Lili et Rafael

QUI DONC
AURAIT DIT
QUE J’AURAI
CINQ ÉTOILES ?

2

QUI DONC
AURAIT FRAPPÉ
LA FORGE
DES CIEUX ?

3

AVEC QUELLE
LUMIÈRE
IRRADIER
D’ÉTOILES ?

4

AVEC QUELLE
SYLLABE
ENTAMER
LE CHANT ?

5

OÙ DONC
RETROUVER
L’ARDEUR ?

6

ET AINSI
DISPOSÉS
EN SCAPULAIRE

7

CES
CINQ ASTRES
À L’ÉMERVEILLEMENT
DU MONDE

8

ET LA
CONSCIENCE
DU DÉPASSEMENT
DE SOI

9

JOUR
APRÈS JOUR
AUBE
TOUJOURS
RÉITÉRÉE

Lyana – Un destin particulier, d’Hélène Marche

Lyana – Un destin particulier, roman, Le Lys Bleu Éditions, juillet 2022

Il s’agit d’une fiction inspirée de faits historiques et ponctuée de romance qui relate le parcours d’une jeune fille juive. Née en Algérie, Lyana a vécu la tragédie des pieds-noirs avant d’être rapatriée à Montpellier en 1962. Accueillie par une famille mormone, elle fréquentera plus tard le monde du showbiz. Au-delà de ses amours et de ses déboires, elle connaîtra des succès professionnels. Toutefois, un autre destin se dessine pour cette demoiselle qui aurait pu être une pop star des années 70, car sa bonne étoile guide toujours ses pas.

 

EXTRAIT

À la hâte, elle s’était changée et avait mis une robe à fines bretelles avant d’embrasser sa mère et de se précipiter dans les escaliers pour rejoindre Raphaël. Il l’attendait seul, sur le trottoir au coin de la rue. Ils décidèrent d’aller se promener vers les boulevards en centre-ville. Des manifestations étant prévues, nul ne prêterait attention à eux. Ils pourraient se tenir par la main librement. Les fois précédentes, croyant être tranquilles, ils s’étaient baladés en bord de mer. De justesse, ils avaient évité David, le grand-père de Lyana, qui fréquentait, de temps à autre, les bars du port. Au milieu de la foule, indifférents aux slogans scandés inlassablement, le jeune couple s’enlaçait et s’embrassait sans aucune retenue. Soudain, des tirs en rafale avaient retenti. Devant eux, des hommes et des femmes s’étaient effondrés. Instinctivement, Raphaël avait attiré Lyana sous les arcades et l’avait plaquée contre le mur, son corps servant de bouclier. Tremblants de peur, ils n’osaient bouger. Il fallait attendre l’arrêt de la fusillade. L’ennemi tirait dans les deux sens. Ils étaient apparemment encerclés, prisonniers comme des rats, en amont comme en aval. Ainsi collés l’un à l’autre, ils avaient tenté de se rapprocher d’une porte cochère pour se réfugier à l’intérieur mais elle était fermée. Malheureusement, en se déplaçant, ils s’étaient retrouvés à découvert. Sur le balcon en face, un tireur isolé les prit pour cible. Trop tard, la balle avait atteint mortellement Raphaël.

 

PRÉFACE (extrait) – Jacques Poueyo
« Plutôt que de présenter l’histoire de ce dernier roman écrit par Hélène Marche, riche en rebondissements, curiosités et belles descriptions, je préfère converser avec vous de l’auteur. Hélène est un écrivain, un vrai écrivain. Tous ses malheurs, ses frustrations et ses bonheurs, elle les dompte avec la plume. Elle a un besoin vital d’écrire jusqu’à devenir journaliste à sa retraite. Statut professionnel dont elle n’est pas peu fière. Elle a plusieurs cordes à son arc, du roman sentimental au roman fantastique, au roman plus profond, aux nouvelles empreintes d’humanité et aux contes animaliers […]
Discourons maintenant du roman. Il entremêle l’indépendance de l’Algérie, les heures sombres de l’histoire des deux pays, passions, amours, trahisons et même extrémisme religieux en l’occurrence l’islamisme. Comme dans chacune de ses œuvres, Hélène raconte à travers ses personnages complexes les failles de l’enfance. Le lecteur découvre dans chacun de ses personnages une profonde humanité…»

 

Histoires secrètes du vieux Montpellier, de Sylvie Léonard

Histoires secrètes du vieux Montpellier, beau livre, éditions Museo, juin 2022
illustrations : 100 photographies de l’autrice

 

 

Rois ou poètes, princesses ou grisettes,
ils ont tous vécu, lutté, aimé et souffert
dans les rues de Montpellier.
Destins cruels, amours sulfureuses,
aventures prodigieuses…
Une balade à travers le temps
sur les traces des histoires d’antan.

 

 

EXTRAIT (introduction)

Mars 2020. Confinement. Montpellier ville déserte.
Plus de pubs, plus d’étudiants, plus de cafés, plus de restaurants.
Dans ce grand théâtre de pierres vide, le silence.

Alors resurgissent dans les rues du Clapas*,
comme une fresque oubliée,
comme un palimpseste humidifié,
le galop des calèches, les amours du passé,
la rumeur des colères, les destins insensés,
les bruits du monde oubliés.
Toutes ces histoires extraordinaires,
rencontrées au hasard de mes lectures,
et qui bruissent encore entre les murs.
Trouver derrière les pierres les souvenirs d’antan.
Depuis longtemps, déjà, j’en cherchais les mystères.

Retrouver la vibration des passions.
Sans librairies, sans bibliothèques.
Commencer en me fiant à ma mémoire,
aux quelques livres de ma maison,
et aux murmures arachnéens de la toile.
Fouiller, creuser, faire des heures de recherches,
d’enquêtes et de contre-enquêtes
pour trouver ma voie dans ce dédale d’informations.
Au-delà de l’histoire officielle des guides touristiques.

Et puis, dans la torpeur des rues, dans la lumière des petites places,
dans le charme des calades, dans la fraîcheur des fontaines,
retrouver la trace de ces vies d’autrefois.
Mon plus grand plaisir était d’aller faire des photos,
par les matins ensoleillés d’automne,
avec, dans les rues, personne.

La voie est libre, de Jean Azarel

La voie est libre, roman, éditions Douro, collection La Diagonale de l’écrivain, juin 2022
coautrice : Hélène Dassavray

 

Ce livre de la parité ferroviaire parle des trains d’Hélène et des trains de Jean, d’une mère et d’un frère disparus, des dactylos rock et de Marianne Faithfull, des amours impossibles et des amours trop rapides, de la poésie qui roule et des transports noirs, de Blaise Cendrars et des fantômes de quelques sœurs et frères encore visibles au bout des quais…

Sur le ballast des pages, les mots étincellent et filent tels une locomotive ivre de vivre.

LA VOIE EST LIBRE. Bon voyage.

 

 

 

EXTRAIT

« Difficile de trouver plus paumée que la gare de Redneck. Oubliée de la plupart des indicateurs d’horaires. Indiquée par un seul panneau aux lettres délavées qu’il vaut mieux ne pas louper. Au bout du jeu de piste, du chiendent sur les voies. Des tags le long du ballast, que les graphistes ont dû dessiner dans toutes les positions possibles, un vrai kamasutra, ces gars sont des héros que le ministère de la culture devrait décorer de l’Ordre du Tag International.
Une cabine de WC, la même pour les hommes et pour les femmes, pas un cadeau pour les dames, distincte du hall d’attente, dont la porte crachote au vent. Le genre de lieu qui suinte la mélancolie et la bouffe en boite refroidie.
R. avait loué un wagon de seconde accroché à une loco cacochyme garée en fin de quai. En m’embrassant, il m’apprit qu’il ne passait plus que deux trains de marchandises par jour, un dans chaque sens. Il avait obtenu, sans que je comprenne bien dans quelles conditions, une autorisation de circuler. « Tu n’as pas fait de connerie au moins » lui dis-je, mais il haussa les épaules Comme je demandai où était le conducteur, il me répondit en grommelant qu’il n’y avait pas de conducteur, « Qu’est-ce que des mecs comme nous ont à foutre d’un conducteur pour mener leur vie, tu peux me le dire ? ».

Le Repaire, de Andrée Lafon

Le Repaire, roman, éditions L’Harmattan, juin 2022

Un homme dont la compagne vient de se tuer en voiture, sous le choc, a perdu l’usage de la parole. Pour adoucir cette épreuve, un couple ami l’invite à passer le mois d’août  dans sa maison des Cévennes, Le Repaire, prêt à lui offrir, outre sa sympathie, de nouveaux paysages, des visages de lieux riches d’histoire.

EXTRAIT

La mer ? Elle me fascine. Je la crois capable de tout. De noyer mes pensées ou de les bercer, selon les heures,. Je reste assez loin, je n’y entre pas, je ne la survole pas, je l’observe comme un être changeant, bizarre, inattendu. J’aime sa couleur indéfinissable et sa musique rythmée. J’aime qu’elle suive les saisons.
La mer est comme moi une confidente muette, pense Stéphane. Carole a dû se réfugier souvent auprès d’elle, guetter une réponse.

Le bruit et le roulis des vagues me manquent sur ces rochers. Ici je trouve une terre dure, sèche, impassible. Je n’entends même pas l’écho quand je pousse un cri.

Tout d’un coup, Stéphane entend son isolement. Il la voit devant la mer, il l’imagine au bord du gouffre.