Éthéré hypogée, de Pierre Ech-Ardour

Éthéré hypogée, recueil de poésie, éditions Levant, janvier 2026
Illustration de couverture : Nissrine Seffar (détails de l’œuvre Guernica Huella)

Tome III de la trilogie.
Ce recueil clôt dans la même séquence poétique l’étroite analogie des sujets présents dans les deux précédents de la trilogie. Le premier recueil dédié aux villes de Sète et de Céret traduit l’immatérielle errance entre deux lieux où s’expriment nocturnes en face à face l’utopie et les mots en principaux acteurs. Le deuxième résonne d’amours, de renaissances, de lumières qui saisissent le poète, venues d’ailleurs, le rendant dépendant d’une prégnante imprésence.

Placé face au défi de l’ultime traversée vers l’innommable, les poèmes du troisième recueil adhèrent aux thèmes évoqués, leur insufflant spirituelle et espérée une ascension de l’enfouissement vers l’éther. Nul n’aurait imaginé Céret lieu d’écriture des tout derniers poèmes.

TROIS POÈMES extraits du recueil

1

Des micacés joyaux en tes mèches, du khôl de tes yeux, 
de ton jardin bien clos sourd une source celée. 
Tes inoubliables saveurs sanctifient la reine Shabbat.

Quelques tournoiements
puis figure ton absence
Et pourtant
se révèle allusif
ton visage en le chant

En deçà de lui-même
un novice silence
erre
vers l’étincelle

Interroge la lecture
le schème de pauvreté

Feint de te sauver le temps
pour en la pénombre
des verbes
résister vainement
à l’éternelle absence

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Numineuse imprésence, de Pierre Ech-Ardour

Numineuse imprésence, recueil de poésie, éditions Levant, janvier 2025
avec le soutien de Sète Agglopôle Méditerranée.
Illustrations Hadassa Wollman (Tel Aviv – Israël)
 

Tome II de la trilogie. Dans sa séquentialité, comme en sa propre essence, chaque poème évoque l’amour de l’aimée, son absence, la poésie, la renaissance, la lumière et ses métaphores, la disparition et l’innommable. L’absence caractérise « l’imprésence ». Elle outrepasse les contours de son entendement et incarne l’inenvisageable engouement intime. Elle figure en outre la présence, l’invisibilité dédaléennes de la Lumière et du Mystère. Mots et voix se révèlent exigences pour se réconcilier au monde. L’écriture est l’ascèse qui incite le poète à vivre et à revisiter l’authenticité dévolue à ciseler l’insaisissable.

EXTRAIT

Sous les vestiges d’oblongues fissures où effleure un amour la peau des limites d’intimes espaces, tu habites soudain le palais du Cantique.

En ces temps refleurit
sur la ville de Lumière
la relique de ta voix

Voici le nom qui te
désigna fiancée par
bienveillant dessein
aux ruines rebâties
brusquées en la poussière
sans répit de remparts 

Jusqu’aux confins
de la terre et du ciel
retentit du pied de
tes sentiers à leur cime
une paix en tes murs
et tes indélébiles temples

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Vespérales élégies, de Pierre Ech Ardour

Vespérales élégies, recueil de poésie, Éditions Levant, janvier 2024
Illustrations : « Outremer et blanc – reliefs 1. 2 et 3 » de Chantal Giraud Cauchy.

 

Ce recueil poétique est le premier d’une trilogie sujette au soutien triennal pour ce projet de Sète Agglopôle Méditerranée envers les Éditions Levant. Il est illustré de trois œuvres spécialement composées pour le livre par Chantal Giraud Cauchy (Pigments outremer et blanc – 2021).

Le recueil trace les pérégrinations poétiques et cosmologiques de l’auteur entre Sète et Céret.
La voix des poèmes porte une entière adresse à la Vie, à la Liberté, à la Femme et à l’Amour.

 

 

 

FRAGMENTS

Au sel de vie profonde
S’incruste en délivrance
L’orphelin silence
 

À l’abri de tes billets
mûrit indélébile ton cœur,
danse à l’ombre de phonèmes
la sveltesse de ta fraîcheur
Sur mes pas m’incombe à
poursuivre inféconde l’attente,
désillusionne mes espoirs
noire brisante la lumière
Seul l’élixir de ta pierre
sous la nue séraphique
fleure la pluie d’amour
Sur ta robe de printemps
irradie en parhélie gracieux
le galbe de tes jardins,
m’enserre ta voix-frisson
exsangue de poèmes-mânes
Fuguent en ta chevelure
nomades gravées au lunaire halo
les lettres du chant lointain
Profère bleue ta bouche
par la faille du temps
gracile le fil de nos pas intriqués
à l’errance des mots-poussière

 

Ennoblit ton écriture
Égrener les nocturnes épis
Sur la chevelure du ciel
 

Aux lèvres de tes mots,
par la grâce d’éloquence,
édifie chaque syllabe
l’envol de ton souffle
Chaque nuit de justesse
laboure de volés silences,
s’éclipse du vain désert,
déchire l’ombre du vent
Sur la vespérale friche
coudoie l’écho les pierres,
choient d’obscures nues
Mais en l’antre de ta rosée,
greffe à mon tronc le feu
ton arbre de pensée,
m’emmure de fraîcheur
la crête de ta montagne,
me délivre des ailleurs
la volupté de ta maison
À l’abri du tréfonds de nuit
ruissellent d’étoiles tes yeux

 

 

Migre déraciné un temps, de Pierre Ech-Ardour

Migre déraciné un temps, poésie, éditions Levant, avril 2021
illustration de 1ère de couverture : Vague à l’âme. Lueur de vie, 2018, Étienne Schwarcz (peinture sur papier d’art 100 x 100 cm)

 

Le recueil contient cinquante-cinq poèmes écrits au jour le jour d’une période privée de liberté durant laquelle l’espoir n’a jamais cessé de motiver le calame, d’inscrire en la temporalité de l’expérience la nécessité de clamer son souffle et d’affranchir sa poésie.

Gisaient des ombres en le repli des libertés. M’interpellait le joug de déshumanisation.  Chaque mot sur le chemin de la langue discernait en le temps et un lieu le dépassement de mon enfermement. Sédentarisée courait en conscience l’inspiration jusqu’à m’ouvrir salvateurs des horizons, nouvelles des pistes d’errance.  Jour après jour, prégnante pointait en le souffle de mes mots, expressive l’écoute d’un monde en déviance. L’apparence diaphane masquait le visage. Imprévisibles les distances creusaient les écarts. Messagères des possibles et contraires sapèrent les influences espérance et confiance. (Note de l’auteur)

L’édition originale comporte 300 exemplaires dont 50 numérotés signés de l’auteur et du peintre.