Le commissaire, le Maréchal et le père blanc, de Francis Zamponi

Le commissaire, le Maréchal et le père blanc, polar historique, éditions Albiana (Corse), mai 2026

Georges Simenon n’a jamais fait enquêter le commissaire Maigret durant la période de l’occupation allemande de la France. J’ai imaginé que Maigret avait été remplacé durant cette période par un autre policier qui n’est pas originaire de l’Allier mais de Corse.

En 1942, Orso Defendini, patron de la police judiciaire parisienne, est envoyé à Vichy où règne le Maréchal Pétain. René Bousquet, secrétaire général de la police, le charge de discrètement enquêter sur la mort violente d’un père blanc.

Le commissaire découvre la vie particulière de la capitale de l’État français dont les hôtels ont été convertis en ministères. Il va rencontrer brièvement le maréchal et se voir suggérer par ses subordonnés une piste prioritaire : le coupable de l’assassinat d’un prêtre ne peut être qu’un Juif ou un Franc-maçon.

Ni vichyste ni résistant Orso Defendini va, non sans difficultés, mener ses investigations comme il l’entend.

EXTRAIT

La traction avant noire impeccablement nettoyée était garée devant le commissariat. Tardivon attendait, les deux mains gantées sur le volant. Malgré les gouttes de pluie qui tambourinaient sur son chapeau, le commissaire était d’humeur légère à l’idée de cette virée hors de Vichy. Il en aurait presque oublié que le but de cette excursion était d’interroger un enfant perturbé par la mort de son aumônier. Il s’apprêtait à s’installer et son chauffeur avait lancé le moteur lorsque l’agent Farraud dévala les marches pour lui annoncer que l’inspecteur Louis Charvet était en ligne et voulait lui parler d’urgence.
Quelques minutes plus tard, le divisionnaire s’engouffrait dans la voiture et s’adressait à Tardivon d’une voix sèche.
« Changement de programme ! Notre sortie bucolique est remise. Puisqu’il pleut, emmène-moi vite au SPSS. Tu sais où c’est ?
– La police des sociétés secrètes ? Oui, ils occupent l’ancien siège du Grand Orient de France.
– C’est ça. Charvet, un gars que j’ai vaguement connu à Paris et qui a été recruté par le SPSS vient de m’annoncer qu’ils tiennent le coupable de la mort du père François.

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