Entre femmes, tome 3, de Paula Dumont

Entre femmes, tome 3,  250 œuvres lesbiennes résumées et commentées, dictionnaire de littérature lesbienne (1ère de couv : Odile Barrière), éditions L’Harmattan, octobre 2020

 

Dans ce troisième tome d’Entre Femmes, Paula Dumont ajoute 250 œuvres lesbiennes aux 550 qu’elle a résumées et commentées dans les deux premiers volumes de son dictionnaire de littérature lesbienne.
Le livre le plus ancien qui figure dans cet ouvrage a été publié en 1925, le plus récent en 2020. Paula Dumont a découvert des écrivaines de différentes nationalités, l’Allemande Carolin Emcke, la Chinoise Qiu Miaojin, la Nigérienne Chinelo Okparanta, la Suédoise Sarah Lovestam, la Norvégienne Anne Holt et l’Islandaise Lilja Sigurdardottir. On trouve aussi dans ce tome des notices concernant l’intégralité des œuvres de certaines autrices dont le lesbianisme est clairement revendiqué : Cy Jung, Julie Lezzie, Manon Loisvaine, Anne et Marine Rambach.
Convaincue qu’il est important de contribuer à la mémoire lesbienne, Paula Dumont aimerait que de nombreux livres mentionnés dans les trois tomes d’Entre Femmes figurent non seulement dans les bibliothèques des associations LGBT, mais encore dans les bibliothèques fréquentées par un large public.

 

EXTRAIT

ALTMAN Claire, Deux Femmes et un couffin, Ramsay, 2005.

RÉSUMÉ du LIVRE
Dans ce témoignage sous-titré Une Histoire d’adoptions homoparentales, Claire, la narratrice, vit avec sa compagne Sophie depuis des années. A trente-trois ans, ces femmes décident d’avoir des enfants. Alors que Sophie projette d’en adopter un, Claire aimerait être enceinte. Comme elles forment ce projet à la fin des années 1980, elles ont deux domiciles, l’adoption n’étant possible en France qu’à des couples hétérosexuels ou à des célibataires. Claire, fonctionnaire de l’Éducation nationale, a un logement de fonction où elle passe beaucoup de temps afin de rendre crédible son célibat et celui de Sophie. L’ouvrage est le récit bouleversant de leurs deux projets parallèles. En 1989, Sophie adopte en Amérique latine une fille de six mois qu’elles appellent Aurore. Quant à Claire, après de nombreuses rencontres avec des donneurs de sperme et de tout aussi nombreuses inséminations qui ne débouchent pas sur une grossesse, elle décide elle aussi d’adopter un bébé après avoir vu de près la misère des enfants d’Amérique latine. C’est ainsi qu’en 1991, elle adopte une fille de six mois qu’elles appellent Chloé.

COMMENTAIRE
Ce témoignage se dévore comme un roman. On sait qu’il est déjà très difficile d’adopter un enfant quand on fait partie d’un couple hétérosexuel. Or ici, on a affaire à deux lesbiennes qui doivent se faire passer pour célibataires afin de former une famille où elles accueillent deux orphelines. On comprend mieux la revendication du mariage homosexuel après avoir lu un tel récit. Claire et Sophie souhaitent qu’on voie en elles « deux femmes sortant, tour à tour, ou ensemble, avec une poussette où sourit un enfant heureux. Et non deux homosexuelles élevant ensemble un enfant adopté ». La nuance, qui est de taille, mérite d’être citée.
Claire Altman, née en 1954, est cadre de la fonction publique et membre de différentes associations à caractère humanitaire.