Les auteurs du Languedoc-Roussillon : retour à l'accueil

Magazine

Conception graphique et webmaster : Pascal Steichen - Rivages Graphiques

Ours

Comité de rédaction : Raymond Alcovère, Anne Bourrel et Françoise Renaud
Comité de lecture :
Valéry Meynadier, Jean Reinert
Rédactrice en chef  :
Françoise Renaud
Directrice de publication : Janine Teisson

D'une marge à l'autre

La question du bonheur, de Romain Giordan

Sept et une huître, d'Aurélie Piau

Le soir je repense à mon père, incinéré avec un Perfecto dont les boutons n’ont pas fondu, et au rire de ma mère, dans la voiture, en revenant du crématorium, quand elle a entendu le bruit que faisait papa, en tintant au fond de son sac à main. Mon père est mort dans un accident de voiture, il était pianiste. À sept ans, ma mère m’a mise au piano. À neuf, je me suis volontairement sectionnée deux doigts de la main gauche. Quand je pense à mon père, je me retrouve à mettre ma main partout, embrasser, donner des rendez-vous, tout sauf la pénétration, et j’ai l’impression que cette interdiction de dernière minute me permet de rentrer à la maison la tête haute. Le soir, ma mère regarde un téléfilm, elle oublie que la question du bonheur n’est pas la même pour tout le monde. Dans le salon, je lisse la toile cirée avec ma main. Sa permanente, je n’y pense plus. En attendant qu’elle devienne morte, je laisse pourrir la nourriture dans le frigo. J’ai d’autres choses à penser qu’à un peu de moisissure sur une pomme.

Illustration : Sept et une huître d'Aurélie Piau - aurelie-piau.blogspot.fr



L'invention, de Michaël Glück

Améthyste d'Anne Slacikde la naissance à la mort
nous avons bouche pleine
bouche pleine mater
bouche pleine ma terre
nous sommes repus

nous avons les mots
contre cet excès
contre le vacarme
de la manducation

bouche pleine mater
bouche pleine ma terre

nous avons les cris
contre ces absentes
mater ma terre ma langue

nous parlons pour n'avoir
pas à crier

nous sommes repus et
nous parlons contre la faim
pour apprendre à vivre
avec les absentes
mater ma terre ma langue

nous prenons la plume ou la pelle
pour enfouir les cris
sous les mots

nous avons inventé le silence
nous en tournons les pages

Illustration : Améthyste d'Anne Slacik, 2007 (pigments, huile,
charbon sur toile de lin, 130 x 80 cm) - site web de l'artiste




La fatigue du loup, de Jacques Bruyère

Patrick Loste, toile librePoil gris, truffe noire, yeux dorés, joueuse, la petite louve est craquante. Croque-Loup est perplexe. La petite louve  est grassouillette à souhait. On en mangerait.
Le moment est venu, en vérité.
L’éleveur connaît bien le sentiment qui l’envahit. Un déchirement. Ces bêtes qu’il sélectionne, soigne, nourrit, il finit par s’y attacher. Pourtant, le contrat est impérieux. Les membres de la confrérie de la Fatigue du Loup lui ont passé commande il y a un an. Comme lui, ils sont amateurs de viande lupine. Il faut dépecer la bête, rincer longuement les chairs à l’eau vive, puis sans attendre, mettre à griller sur une broche en forme de croix, fichée dans le sol, que les rôtisseurs inclinent vers un épais tapis de braises, au fur et à mesure de la cuisson. La cérémonie, gueuleton compris, dure douze heures. Il s’y boit du vin noir, seul accompagnement admis par les gastronomes sectaires.
Croque-Loup serre la petite louve dans ses bras. Il a commis l’erreur fatale de lui donner un nom. Elle s’appelle Loba. Loba ! Loba ! Tout à l’heure, à la porte de l’enclos, elle est arrivée en gambadant et lui a fait  fête.
Il est temps de la préparer. Les Frères Fatigants ne vont pas tarder. Ils embarqueront Loba, puis la livreront au Saigneur qui officiera. La peau de la louve sera ensuite tannée et conservée dans leur temple, un ancien garage relooké par un décorateur rural. Adorable Loba !
Croque-Loup se décide, il va aller perdre Loba dans la forêt. Il lui donne sa chance.

Illustration : Patrick Loste, toile libre, 2012 (170 x 173 cm) - patrick-loste.com



Sac à peau, sac à bas, sac à là-bas, de Marc de Gouvenain

De lointains là-bas, photographie de l'auteur

À un anneau solide de mon sac à dos, j'ai noué un ruban rouge. Et, tandis que dans la carlingue de l'appareil qui me transporte je murmure mes litanies propitiatoires, dans la soute un marmonnement, une vibration issue de ce ruban protège les bagages, les valises, les cartons ficelés, les malles, les importations, les exportations et, conséquemment, l'appareil qui contient le tout : cette gigantesque crevette à la carapace pas si solide que ça mais encore plus fragile à l'intérieur.
Le ruban rouge qui orne discrètement mon sac à dos, je l'acquis au pèlerinage de Dashin-kali, où je m'étais rendu pour remercier la divinité de m'avoir sauvé de quelques avalanches, inondations et difficultés diverses. J'achetai les fleurs, la coupelle d'huile, le ruban, m'agenouillai et joignis les mains et dis : "Merci, Kali, de m'avoir permis de revenir sain et sauf des contrées difficiles. Le rocher qui déboulait droit sur mon ami Shandra, je sais que c'est toi qui l'écartas des cinquante centimètres nécessaires. Kali, je te le demande à l'impératif mais c'est humblement, très très humblement que je t'adresse ces mots : Protège-moi ainsi longtemps encore, et ceux qui viennent avec moi, mais n'utilise pas tous tes boucliers : laisse-moi vivre aussi, éprouver la peur et le risque, l'incertitude et le doute, la déréliction et l'aigreur de l'homme qui se sent abandonné, sauve-moi ainsi s'il le faut sur le fil du rasoir, mais après que je me serai remué et évertué à m'en sortir. Merci". Le soir même, Kali, pour signifier son accord, déchaîna un tremblement de terre de relative importance. Le ruban avait acquis son droit de demeurer noué.
Pour emplir ensuite mon sac à dos idéal, foin des lampes frontales, duvets, sparadrap, caleçons et pull-overs ! L'indispensable, on le trouve aujourd'hui partout de par le monde. Ce qu'il me faut, c'est de l'inutile ! Ce que j'ai donc rangé, bourré, fourré, dans la poche principale, c'est cette énorme peau de poney d'Islande, si fournie qu'on croirait celle d'un ours brun, volumineuse et lourde et que je ramenai effectivement de ce qui fut mon premier grand voyage en solitaire. Brouillards, montagnes, vents déchaînés de Sibérie mongole, du Kamtchatka, de Patagonie, des Alpes en janvier ou du Tibet en novembre, elle m'a toujours tenu chaud à l’âme quand j'avais froid.
Et quand un voyageur solitaire somnole ainsi dans une couche douillette et confortable, les rêves aisément le hantent. D'où ce joli bas de femme que je joins à mon sac. Un très fin bas nylon beige, ramassé un jour de ma jeunesse au bord d'une route interminable. La campagne était tiède, les voitures indifférentes, je n'avais rien mangé depuis longtemps. Je m'écartai du bas-côté, titubai dans un champ fauché, ivre de sommeil. Le bas était là, abandonné — me figurai-je — lors de quelques ébats, serpent sinueux sur la terre, je m'évanouis pour une bonne heure en le serrant contre mon corps.
Et c'est ainsi que depuis je me promène de par le monde, voyageur à pelisse orné de gris-gris et de fanfreluches. Rêveur infatigable et marcheur aux idées coquines, chargé du poids d'un inutile mais bien agréable bagage : mon sac à peau, sac à bas, sac à lointains là-bas.

Illustration : De lointains là-bas, photographie de l'auteur



 

TRADUCTION

Somme de mon père / Summe meines Vaters, de Magali Junique

Traduit en allemand par Florence Ludi, relecture par Ina Klopfer

Installation sans titre, de Sandra RamosZeitungen rascheln unter den Füßen. Der Boden ist bedeckt damit und das Bett auch. Er liegt und hält die Seiten vor sich ausgebreitet. Kleine, diskrete Schritte, dünnes Klopfen an der Tür. Beim Reinkommen ins Schlafzimmer gibt es keine Freudenausbrüche noch Spontanität. Das Laken zeichnet und versteckt seinen Körper. Zwei ausgestreckte Arme zeugen allein von seiner Anwesenheit hinter der Zeitung. Die Kleinen stehen schon Schlange, im Pyjama und mit Pantoffeln an den Füßen. Eine klettert aufs Bett, dann die andere, sie kniet sich neben ihn und küsst rasch die hingehaltene Wange.
Gut’ Nacht!
Gut’ Nacht!
Gut’ Nacht!
Er hat drei Mal seine Wange hingehalten und vertieft sich schon wieder in seine Lektüre. Nicht einmal das Gesicht gedreht hat er, bloß die Wange hingehalten. So endet das Zeremoniell, eine klettert vom Bett runter, dann die andere und macht Platz für die nächste… Jede bekommt denselben, abgemachten Platz. Nicht mehr, nicht weniger. Befreit drehen sie ihm nun den Rücken zu. Kurz wetteifert der geblümte Stoff eines Pyjamas mit der weißen, von schwarzen Zeichen übersäten Doppelseite der Zeitung, die auf der Tagesdecke liegt. Rosa Stoff, fade Blumen, spielende Katzenbabys, Schaumbälle verlassen das Zimmer. Er hat die Zeitung nicht ganz losgelassen, ja nicht die Seite verlieren…
Noch was? Macht die Tür zu!
Texte original

Bild : Installation ohne Titel, von Sandra Ramos, 1997



CHEZ MON LIBRAIRE, CE N'EST PAS PLUS CHER !

Languedoc-Roussillon livre et lecture nous propose une planche dessinée et un texte en prose issus du projet d'exposition « Chez mon libraire, ce n'est pas plus cher » lancé à l'occasion des trente ans de la loi Lang, toujours accompagnés de portraits photographiques de Sylvie Goussopoulos. L'exposition poursuit son voyage à travers le territoire régional.

Librairie Album, Montpellier

Librairie Album, Montpellier - Laurent Rusque et son équipe © Sylvie Goussopoulos

Comment ça se passe

planche de Fabcaro

Fabcaro


Librairie BD et Cie, Narbonne

Librairie BD et Cie, Narbonne – Laurent Estrella © Sylvie Goussopoulos

Une île

Je l’avais rencontré dans un train, il disait qu’il tenait une boutique.
— Et vous y vendez quoi ?
— Oh, rien que du vieux papier !
Il avait levé la main comme pour désigner la mer ou le désert, étendues dont l’ampleur excède le visible et dont les replis abritent à coup sûr des récifs fréquentés d’oiseaux rares. Les vitres autour de nous proposaient un paysage brouillé battu de pluie, déjà soumis à l'obscurité — notre destination approchait. Je l’avais imaginé silencieux au milieu de ses rayonnages garnis jusqu’à la goule tel capitaine de navire attentif au moindre soupir de charpente. À mesure de sa vie il en avait composé l’arrangement, triant chinant dans le souci de compléter ses collections, il avait tant manipulé de livres qu’il en portait l’odeur sur lui. Ses clients aimaient ça, ils aimaient son île au milieu de la ville.
Il avait murmuré qu’il en passait de moins en moins, des clients. Sa voix, fragile. Rapidement la foule du quai nous avait séparés.

Françoise Renaud

Prochains rendez-vous :

  • Du 5 au 27 février à Lunel : Médiathèque intercommunale pays de Lunel et librairie AB. Vernissage le 5 février à la médiathèque, en présence de l’auteur de BD, Fred Neidhart.
  • Du 12 au 30 mars à Saint-Gilles : Médiathèque Émile Cazelles, vernissage le 17 mars à la médiathèque en présence d’un auteur.
  • Du 1er au 25 avril à Florac : Bibliothèque municipale de Florac. Vernissage de l’exposition le 12 avril à la bibliothèque, en présence de l’auteur Janine Teisson.

La tournée de l'exposition (lr2l.fr)

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Champ de culture

CHRONIQUE LIVRE

Anima de Wajdi Mouawad, par Anne Bourrel

Alors que viennent à peine de sortir les livres de la rentrée de janvier 2013, que vous reste-t-il des lectures des romans de la rentrée littéraire précédente ? Le titre qui me vient immédiatement à l’esprit, c’est Anima du romancier et dramaturge d’origine libanaise Wajdi Mouawad.

photo Sophie Jodoin

Un homme rentre chez lui et découvre sa femme atrocement assassinée. Washhch Debch se lance à la poursuite du meurtrier, un certain Welson Wolf Rooney, un indien Mohawk au casier judiciaire chargé. L’intrigue s’apparente à une aventure policière, mais elle dépasse largement les limites du genre. Chez Mouawad, le monde est observé à travers les yeux de ceux qui, familiers et inquiétants, vivent autour de nous : les animaux. C’est le chat de la maison qui « prend la parole » et décrit la scène inaugurale. Nous ne sommes pas pour autant dans un conte pour fillettes, ni dans l’univers coquet des Dialogues de Bêtes de Colette. Le livre fondateur de l’auteur, c’est La Métamorphose de Kafka. Après le chat, vient un moineau, après le moineau, un chien, puis des pigeons, un boa constrictor, un scarabée… et toutes sortes d’autres bêtes qui parlent à leur manière, dans un style qui à chaque fois leur est propre. Le poisson rouge n’use pas de virgules, alors que le moustique en abuse. Ça miaule, ça vrombit, ça siffle et piaffe, hulule, aboie, griffe, mord, déchire. Chaque animal – de même que l’Homo sapiens sapiens – est désigné, chapitre après chapitre par son nom scientifique latin. Se mêlent l’anglais, l’arabe, des langues indiennes et des tournures québécoises (l’auteur a passé plusieurs années à Montréal) qui font de la langue de Wajdi Mouawad, une polyphonie au plus près de notre modernité.

L’homme, pourtant, n’est plus au centre de la mécanique du monde, c’est son « anima », la part sauvage qui est en lui, qui le pousse toujours plus loin au cœur de l’âme indienne à travers le Canada et les États-Unis. Alors que s’est amenuisée la frontière entre humain et animal, Washhch Debch s’enfonce dans l’horreur, la violence et la mort. Son nom sonne comme une onomatopée, un cri, une langue inconnue, ancienne ou indéchiffrable… un cri de bête ? Les pieds et les mains dans le sang, à la douleur de son deuil s’ajoute la douleur du souvenir et du massacre de Sabra et Chatila auquel, enfant, il avait réchappé. La narration évolue, se transforme et les deux dernières parties du roman, plus courtes que les deux premières, ont une construction sensiblement différente.

Ce gros roman de près de quatre cent pages, à l’étrange et tragique beauté, tisse sa toile autour d’un seul mot : anima ! Bestioles et animaux, totems et avatars, mais aussi selon l’acception ancienne, souffle, haleine, âme, principe vital.

 

Anima (couv)« Je reste là à regarder l’homme se dissoudre de nouveau à l’intérieur du brouillard. Nous, les chiens, percevons les émanations colorées que les corps des vivants produisent lorsqu’ils sont en proie à une violente émotion. Souvent, les humains s’auréolent du vert de la peur ou du jaune du chagrin et quelquefois encore de teintes plus rares : le safran du bonheur ou le turquoise des extases. Celui-là, épuisé, englouti par l’opacité opaline du chemin, exhale, depuis le centre de son dos, le noir de jais, couleur de la dérive et des naufrages, apanage des natures incapables de se départir de leur mémoire et de leur passé.»

Illustration © Sophie Jodoin


 

CHRONIQUE LIVRE

Le petit dico du Pays d'Oc de Joanda, par Joan-Pau Creissac

Glossaire du français parlé en Pays d'Oc

petit dico du Pays d'Oc (couv)Le petit dico du Pays d’Oc de Joanda est une clé originale pour ouvrir une des portes de la langue et de la culture d’Oc. D’une façon plaisante mais qui ne dédaigne pas la précision des définitions et de la phonétique (pour chaque mot donné dans sa graphie française, on a la graphie classique de la langue, dite occitane, ainsi que la phonétique suivant les conventions internationales), il permet une promenade imagée à la découverte de ce qui est à la fois proche et caché. Il nous dévoile un autre monde dans l’ombre du français officiel. Comme cette eau souterraine que l’on ne voit pas mais qui jaillit parfois dans toute sa vigueur et son impétuosité.
C’est le mérite de Joanda, chroniqueur sur Radio France Bleu et à la Gazette de Montpellier, de nous faire découvrir ou redécouvrir toute la richesse de notre langue et de ses expressions populaires, mais aussi les faux amis comme dire adieu pour dire bonjour ou dîner pour déjeuner et souper pour dîner… Pour les nouveaux montpelliérains ils apprendront pourquoi on appelle Montpellier le « Clapas » mais aussi les termes de la bouvine, l’abrivada ou la ferrada, ou encore ce qu’est vraiment un pastis ou une chichoumée.

Ce livre est publié aux éditions « El Trabucaire » de Perpignan qui fait un travail remarquable en publiant dans les trois langues de la région.

Éditions Trabucaire 2012 - www.trabucaire.com


 

CHRONIQUE LIVRE

Rencontres étoilées d'Albert Labbouz, par Jean Azarel

Rencontres étoilées (couv)L’intermittent du spectacle et parfait anonyme ordinaire Albert Labbouz, raconte cinq décennies de rencontres, parfois très brèves, avec de vraies stars du cinéma et de la chanson et avec d’autres étoiles plus filantes, donc oubliées. Au hasard d’une longue liste, les célèbres Salvador Dali, Jacques Higelin, Patrick Dewaere, Béatrice Dalle, Bob Dylan, NTM, Jane Birkin, mais aussi Renaud, Alain Delon, Iggy Pop, Jean Carmet, CharlElie Couture (à qui on doit la couverture) ou Richard Bohringer, balisent le parcours d’une vie d’espoirs souvent déçus mais qui ne cesse de croire au miracle de la reconnaissance. Comme un Maurice Pialat (une des rencontres du livre) savait « voler » à ses acteurs des bribes de « vérité », Albert Labbouz capte à petites touches les amours, les emmerdes, les petits et grands maux de vedettes humaines qui font écho en mode doux amer à ceux de l’auteur.
Le livre alterne avec maîtrise, dans un style délicieusement inégal, les respirations altérées, voire poignantes, des pages consacrées à Isabelle Adjani et surtout Philippe Léotard, avec le souffle plus serein que suscitent les entrevues avec Leonard Cohen ou Daniel Gélin.
Au passage, en bon enfant de la génération révoltée des 70’s, notre perdant magnifique sabre quelques faiseurs imbuvables comme Didier Barbelivien, qui fait (évidence) piètre figure comparé à un Jimmy Page (fondateur de Led Zeppelin cqfd) croisé à Londres.

Rencontres étoilées renvoie à cette "insoutenable légèreté de l'être" qui accompagne le désespoir avec un brin d'élégance salutaire.

Éditions Grrr Art


 

CHRONIQUE CINÉMA

Adaptations… de Raymond Alcovère

affiches "Le Festin de Babette", "The Dead", "Le Port de l'Angoisse", "Un amour de Swann"

L’adaptation de grandes œuvres littéraires au cinéma est parfois chaotique, plus d’une fois les réalisateurs se sont sentis écrasés par l’aura des livres, Proust en est le meilleur exemple. Les réussites ne viennent pas toujours de là où on les attend. Gabriel Axel est au sommet de sa carrière avec Le Festin de Babette, tiré de la nouvelle Le Dîner de Babette de Karen Blixen. Curieusement, le cinéaste est resté fidèle, scrupuleusement fidèle au texte. Tout y est, le découpage est sensiblement le même. Il est vrai que l’histoire, basée sur l’opposition entre l’Europe du nord, protestante et austère, et celle du sud, catholique et baroque, est remarquablement construite. On notera qu’une nouvelle de cinquante pages donne un film de une heure quarante. Et l’émotion, la sensibilité du texte, sont idéalement rendues, les comédiens sont inspirés, Stéphane Audran en tête. John Huston, avec The Dead* a réussi aussi un chef-d’œuvre — ce sera son dernier film — en adaptant la nouvelle du même titre tirée du recueil Gens de Dublin de James Joyce : la dernière scène en particulier est époustouflante, et fait figure de testament pour le metteur en scène, jouée, qui plus est, par sa fille, Angelica Huston. Là, le texte est transcendé par le cinéma.
Karen Blixen a été gâtée par le cinéma, puisque son roman (autobiographique) le plus connu : La Ferme africaine, a donné lieu au somptueux Out of Africa de Sydney Pollack, adaptation plus libre mais très maîtrisée, servie là aussi par d’excellents acteurs, Meryl Streep, Robert Redford et Klaus Maria Brandauer.
En recevant son prix Nobel de littérature en 1962, Ernest Hemingway déclara qu’il regrettait qu’on ne l’ait pas donné plutôt à Karen Blixen. Lui aussi a eu de la chance avec le cinéma : son ami Howard Hawks, dit-on, voulant le convaincre lors d’une partie de pêche de venir à Hollywood, lui demanda : « Quel est ton plus mauvais livre ? ».  « Cette chose informe qui s’appelle : To Have and Have Not, répondit l’écrivain ». Et le grand Hawks en fit un chef d’œuvre, Le Port de l’Angoisse, qui donna lieu à la rencontre entre Lauren Bacall et Humphrey Bogart, émotion palpable sur l’écran. Et William Faulkner participa au scénario…

* Le titre choisi pour la version française du film fut : Gens de Dublin

 

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Bout de chemin

Le choix du théâtre, entretien avec Sabine Chevallier, Éditions espaces 34

par Françoise Renaud

Sabine Chevallier

Fonder une maison d’édition, une belle aventure, non ?
Le livre a toujours fait partie de mes intérêts et passions. Voilà ce qui a enclenché la création d'Espaces 34 il y a une vingtaine d’années. Au fil du temps j’ai resserré le domaine des publications sur ce qui m’anime, la littérature dramatique.

Votre lien reste en effet particulier avec le théâtre ?
C'est un domaine très innovant en terme d’écriture depuis 25 ans. J’ai commencé avec deux collections : théâtre contemporain français et théâtre du XVIIIe. Deux à trois ouvrages par an. Aujourd’hui, je publie jusqu’à une douzaine. Ce choix permet à une « petite » structure de trouver sa place et d’être reconnue dans le domaine. J’ai ainsi pu développer des réseaux d’échange avec des théâtres, des compagnies, des comédiens, des metteurs en scène.

Et l’objet livre ?
On l’a pensé pour qu’il soit maniable sur scène et puisse « vivre » longtemps. Côté couverture, un visuel à la fois sobre et attrayant. J’attache aussi beaucoup d’importance au travail de la maquette intérieure pour qu’elle rende compte au mieux de l’intention de l’auteur, tout en respectant notre charte graphique : retrait, grisé, italiques, corps différents... Le ressenti du lecteur doit s’approcher au plus près de la pensée de l’auteur.

Les Invisibles (couv)En mai 2009, vous avez créé une collection jeunesse.
Oui, pour les enfants à partir de 6 ans. Format réduit, papier plus chaud, mise en page aérée avec un texte un peu en retrait pour rendre la lecture plus facile. Prix très accessible : entre 6 et 8,50 euros sans déroger à la qualité.

Vous présentez aussi une collection de théâtre contemporain étranger.
Nous collaborons avec la maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale, qui fait traduire depuis 20 ans des textes de diverses origines. Un comité régional de lecture nous permet de discuter et d’affiner les choix.

Comment définiriez-vous votre ligne éditoriale ?
Sur 3 à 400 manuscrits par an, je n’en retiens qu’une dizaine. Ces pièces doivent avoir leur autonomie et leur intérêt en terme de lecture, indépendamment du projet scénique s’il existe, ce qui est loin d’être toujours le cas. L’idée est de construire un catalogue en phase avec le monde qui nous entoure et ce qui s’écrit aujourd’hui, tout en nous inscrivant dans la durée.

Parlez nous de votre relation aux auteurs.
J’ai toujours un frisson à ouvrir un manuscrit arrivé par la poste ! Très vite je sais s’il m’intéresse ou non. Si un texte m’accroche par sa langue ou son univers, je contacte l’auteur pour lire d’autres textes, éventuellement le rencontrer. Mais je ne peux pas répondre rapidement, j'ai besoin de temps. Quant aux auteurs que je suis régulièrement, nous travaillons côté à côte. Je suis l’intermédiaire qui défendra leur univers face aux autres, donc une part de ma personne s’engage auprès d’eux. J’apporte, je l’espère, un regard bienveillant et sans concession, subjectif aussi bien sûr, sur leur travail et leurs doutes.

Citez-nous quelques-uns de vos ouvrages.
Les gens légers de Jean Cagnard, texte sensible et poétique sur la déportation. Septembres de Philippe Malone, une fresque poétique sur la déshumanisation. Au bord de Claudine Galea qui a obtenu le grand prix de littérature dramatique en 2011, écrit à partir d’une photo de Guantanamo, mêlant l’intime et le politique.

Avez-vous en tête un texte qui a compté pour vous ?
L’homme sans qualités, de Robert Musil. Sans doute à cause de l’écriture, de ses conversations extraordinaires, de ses beaux personnages féminins. De son aspect inachevé.

Sabine Chevallier

Illustration : Couverture d'un ouvrage à paraître en février 2013

 

 

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Ici et là

Et si le monde était un atelier d'écriture ?, de Valéry Meynadier

Photographie de Marc Dantan

Traduire, tout le temps, on ne fait que ça : nos propres intuitions, nos propres perceptions, puis le silence, les paroles des autres. Et ce livre déjà traduit, nous le traduisons encore suivant notre état d’âme, suivant ce que l’on a vécu dans la journée.
Le mot Atelier  vient de « astelle » qui veut dire : éclat de bois, copeau de bois. Autrement dit fragment dans une vastitude, mot sur une feuille blanche et ça commence comme ça, stylo en mains.
Le mot Art dans son étymologie veut dire : faire, simplement faire. Faire du soi, avec soi, artisan de soi et de son passé et de son temps à venir, parmi d’autres, tous présents pour la même chose : écrire au présent. Signer le présent, être là et partir vers ; qu’importe vers quoi, mais tracer une ligne deux lignes, dix, vers quelqu’un, quelque part, dans l’advenir, sentir le rythme sous ses doigts, l’influx nerveux d’une histoire qui n’est pas la nôtre mais celle du monde si possible. On n’écrit pas « pour » mais « vers ».

Dans mes ateliers, j’induis toujours la même direction, la même trajectoire : l’écriture.
« Le premier poème qui existe, c’est la langue elle-même » (Schlegel).
Je demande aux écrivants d’être au service de l’écriture et non plus l’écriture au service de leurs récits.
« La poésie ne consiste pas à lâcher la bonde aux émotions, mais à échapper à l’émotion. » (T-S Eliot)
Je leur demande donc d’en découdre avec la syntaxe, la ponctuation, le sens, qu’est-ce que l’écriture ; il s’agit de faire des expériences au sens fort du terme, expérimenter, disséquer comme dans un laboratoire le système de signes appelé : Langage.

Valéry Meynadier donne actuellement des ateliers au lycée Gaston Darboux et à l'institut Grüger de Nîmes ainsi qu'à l'hôpital de la Colombière à Montpellier. On peut retenir son travail à la maison d'arrêt de Mende de 2004 à 2008 et à celle de Nîmes de 2006 à 2007.

Illustration : Photographie de Marc Dantan, série Littoral 34


 

PORTRAIT D'AUTEUR

Francis Zamponi

Conversation conduite par Raymond Alcovère

FUMAMBULE propose un portrait d'auteur en collaboration avec le JT du OFF de Montpellier, celui de Francis Zamponi. Cet entretien d’une vingtaine de minutes est conduit par Raymond Alcovère. Réalisation : Jean-Pascal Girou.


 

Francis Zamponi est écrivain, journaliste et formateur en journaliste. Auteur d'essais et de romans noirs, son domaine de prédilection est l'Algérie entre les années 40 et l'Indépendance. Principaux titres d’ouvrages : Mon colonel, Le boucher de Guelma, et 69, année politique.



 

ÉCHO DE LECTEUR

L'enfant à la grenade, de Jean-Luc Rocher

Diane Arbus, L'enfant à la grenade

Je ne pouvais pas ne pas réagir à la photo de L’enfant à la grenade de Diane Arbus publiée dans le numéro précédent. Cet enfant aurait pu être moi.
Au même âge je lui ressemblais. Filiforme, rachitique, yeux creux et interrogateurs.
Une grenade, je me souviens d'en avoir trouvé une moi aussi. C'était à Pen Bron, près d’un des nombreux blockhaus enfouis sous les dunes qui entourent le sanatorium. Je fouillais le sable à la recherche de coquillages et je ne savais rien du danger. À priori, celle-ci était inoffensive puisque l’allumeur — le système de mise à feu — était enlevé. Lorsque j'étais arrivé avec ma trouvaille près de la sœur Etienne chargée de la surveillance, elle s'était figée, comme tétanisée. Elle m'avait demandé de déposer lentement la grenade sur le sol, puis elle avait rassemblé les enfants dont elle avait la charge et nous avions quitté les lieux en bon ordre.

La grenade que tient l'enfant sur la photo semble en état de fonctionner. Sa main droite ouverte et vide, en forme de pince. On dirait que l'artiste a saisi ce moment de vie qui précède de peu celui de la mort.
En arrière-plan, on aperçoit des adultes qui ne se doutent de rien.

Photographie : Diane Arbus, L'enfant à la grenade, 1962


Nous vous invitons, vous, lecteurs de Funambule, à faire écho sous une forme littéraire aux textes ou images qui vous touchent. Envoyer à :
contact@autour-des-auteurs.net


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Paysages

Exigence et passion, photographies de Jors

photo Jors

photo Jors

jors

Mystère et étrangeté dans ces compositions où la lumière tient une place prépondérante, où la brume révèle plus qu'elle ne dissimule. Parcs, routes de campagne, bord de mer, territoires urbains, Jors invite à réinterpréter le spectacle de la réalité, à découvrir ce fin voile de la poésie qui recouvre notre quotidien, par exemple à regarder un arbre dans un paysage jusqu'à ce que cet arbre ne ressemble plus à aucun autre, jusqu'à ce qu'il ait sa propre vérité. Il ne traite pas d'un sujet, la photo est elle-même le sujet.
L'image impose son format, la prise de vue n'est qu'une étape, c'est dans son atelier que naît la photographie définitive.
Cet artiste autodidacte est exigeant et passionné, féru de technique. Il fabrique son métier, sans cesse le réinvente. Quelle que soit la matière qu'il aborde – graphisme, photographie, peinture –, il la pratique sans compromis.

photo Jors

photo Jors

JORS «Réalisme paradoxal», du 25 janvier au 4 mai 2013, VOZ'Galerie, Boulogne www.vozgalerie.com

Œuvres :
À la croisée, 2004 (100 x 70 cm
Naine jaune, 2007 (100 x 100 cm)
Nature morte de vanité - Mur, 2003 (50 x 70 cm)
Border Line #2, 2005 (60 x 60 cm)
L’Orangerie, 2007 (100 x 70 cm)

 




Ces choses qu'on pressent, peintures de Claire Degans

ClaireDegans

Quand on demande à Claire Degans ce qu'elle aime faire dans la vie, elle répond : "Aller dans la nature, marcher, m'immerger, contempler." D'après elle, la pensée va avec la marche et le corps respire, se dilate, tous sens au dehors. Et quand on regarde ses tableaux, on voit combien elle est sensible à la lumière. Elle dit qu'elle se moque des modes et des critiques. Ce qu'elle veut, c'est représenter la lumière.

DegansElle évoque ses vacances d'enfant en Cévennes, la proximité de la rivière, l'odeur et le bruit de l'eau. Elle parle d'une unité avec le monde perdue en grandissant, d'une nostalgie à cause de cette chose perdue.
Ses paysages : courbes organiques des montagnes et massifs végétaux contrastant avec la ligne d'horizon et l'horizontale de l'eau. Dans certaines œuvres, le support en bois, très lisse, permet une grande finesse dans le rendu. Le papier de soie marouflé en couches successives propose une matière particulière, entre veiné et marbré, à laquelle s'associent des gouttes de peinture lentement séchées. Et c'est la ligne de l'eau qui organise le chaos, suspendue entre passé et avenir, porteuse d'une attente. Cabanes et personnages minuscules (on pense à la poésie taoïste) donnent l'idée d'un foyer et de la place toute relative de l'homme dans la nature.
Au-delà des patines qui ressemblent à des brumes, le spectateur accède au cœur du vrai. Le temps ne compte plus. Toujours quelque chose d'impalpable, quelque chose niché derrière qu'on pressent.

Claire Degans nous relie au désir de vivre et à la beauté. Montagne, eau, horizon, lumière. Et puis la cendre, entre air et immatériel, cette chose fragile après laquelle on attend.

www.clairedegans.com

ClaireDegans

photo Jors

Œuvres :
Au repos, 2012 (papier marouflé, acrylique sur bois, 20 x 20 cm)
Berges incandescentes, 2012 (acrylique sur toile, 100 x 100 cm)
L'heure dorée, 2012 (acrylique sur toile, 91 x 64 cm)
Les bords du ciel, 2012 (papier marouflé, acrylique sur bois, 16 x 24 cm)
La maison aux nuages, 2012 (papier marouflé, acrylique sur bois, 16 x 24 cm)
Arcadie, 2012, (papier marouflé, acrylique sur toile encadrée, 30 x 40 cm)

 

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Parutions - novembre 2012 à février 2013

novembre

Simone SALGAS
couv Salgas
La Diva-Gueuse, Mater-Ego,
théâtre, éditions les Verbieuses
Va-et-vient entre l'univers précieux de madame de la Fayette et le quotidien sans grand relief d'une madame Tout le Monde.
Actualité, politique, mœurs sont passées en revue et brocardés par une plume acérée. Insolente, mordante, ainsi virevolte la Diva-Gueuse.

couv Salgas

Mégshop,
théâtre, éditions les Verbieuses
Critique de la société de consommation par le biais de l'humour et de la cocasserie. Dans un grand magasin, personnages savoureux... tout en décalage et en contrepied.

couv Salgas

Mater-Ego,
théâtre, éditions les Verbieuses
Pour l’anniversaire de leur mère, frère et sœur doivent se retrouver pour le déjeuner. Le fils chéri tarde à arriver… Amour-désamour mère-fille, rivalité frère-sœur.

décembre 

Michaël GLUCK
couv Glück

octobre rouge
, poésie, gravures de Martine Lafon,
éditions post-rodo
Textes écrits dans les paysages frontaliers avec l'Italie dans l'automne des sumacs...

couv Glück

19/19
, poésie, in n°19 de la revue "Propos de Campagne"
Suite de 19 courts textes-poèmes en réponse à l'invitation de Michel Foissier pour célébrer la dix-neuvième année de la revue "Propos de Campagne" en son n°19. Variations sur le nombre 19. 

couv Glück
plus tard, encore
, poésie, éditeur pré#carré/hervé bougel
Suite de poèmes dans la lignée des pré#carrés précédemment publiés : Goutte d'encre sous la langue (décembre 2009) et quelques poèmes plus tard (juin 2012). Poèmes sur le poème et la nécessité.

couv LafondMarie-Hélène LAFOND
L'éléphant d'artifice, album jeunesse, collection : Petites Pousses, éditions Belcastel, illustrations Stéphane Mathieu
Bambou est un tout petit éléphant moqué et rejeté par son troupeau. Heureusement qu'il y a Poum le singe et Zuwena la girafe ses meilleurs amis. Sans oublier Ifrit, le djinn, qui décide de l'aider en lui offrant un don merveilleux.

couv PijacHervé PIJAC
Habiter en Cévennes au Moyen Age, préface, conception et réalisation d'Hervé Pijac, textes d'Isabelle Darnas, photos de Denis André, NPL éditeur en coédition avec ASFP éditions
Troisième et dernier tome de l'Encyclopédie médiévale en Cévennes qui aborde le patrimoine vernaculaire des hautes vallées des Gardons. L'ouvrage s'attache à redécouvrir l’architecture et l’utilisation de l’habitat aussi bien que le bâti utilitaire de l'époque.

Pierre PITIOT
Famille en bord de mer, souvenirs d'enfance et de jeunesse, éditions Domens
« À coup sûr, nombre de ses lecteurs se reconnaîtront dans ces mémoires d'outre-plage et communieront dans leur tendre et plaisante célébration. »
A. Laurens, ex-directeur du journal Le Monde, préfacier

couv SzabóFrançois SZABÓ
Poemas Punk (version espagnole de Punk Poems par Angeles Bustamante Gonzalez), poésie, Obsidiana Press
Version en espagnol du recueil original « Punk Poems » dans une traduction de Angeles Bustamante Gonzalez. Il s'en dégage une fraîcheur et un rythme prenants, avec un singulier message d'espoir ainsi qu'une lente initiation personnelle.

janvier

couv MantioneFlorian MANTIONE
Savoureuses tranches de vie professionnelle, nouvelles, éditions Athéna-Paris
9 histoires vécues dont la ressemblance avec des scènes personnellement vécues n’est pas fortuite. Bienvenue dans le monde de l’entreprise où les ressources ne sont pas toujours humaines.

février

couv BiberfeldLaurence BIBERFELD
Les enfants de Lilith, roman policier, éditions Au-delà du raisonnable
À Hoendanse, comme partout, les Tsiganes mettent police et justice sur les dents. Pourquoi la veuve Bayrisch, toute-puissante entrepreneuse de la Région, a-t-elle voulu leur installation Cité des Tortues ? Sara bi Limoresqo, leur légendaire ancêtre, a connu la veuve soixante ans plus tôt, en Silésie. Tandis que la Commissaire et le Juge pédalent dans la semoule, un duel secret et sans merci s'engage entre les deux vieilles femmes, entre deux conceptions inconciliables de la vie.

Michaël GLÜCK
couv GlückRouges, poésie, éditeur La Passe du vent
… et la lune brûle et hurle
marche sous mes yeux marche
de gauche à droite avance d'un mot
sur l'autre avance sur
l'azur
par les sentiers traverse…

couv Glück


Tout, dans l’univers, existe pour aboutir à une photographie
,
in Les Carnets d'Eucharis : hommage à Susan Sontag
Comme un dialogue imaginaire entre Ingeborg Bachmann et
Susan Sontag
.

couv GomezJean-François GOMEZ
Hautes terres, poèmes d’exils et d'initiations, poésie, collection témoignage poétique, éditions L'Harmattan
Nous sommes habités par un poème nous dit l’auteur amoureux de la poésie andalouse. Pénétrant en chacun de nous par effraction, cette voix nous pousse vers un « autre récit » nous rappelant notre condition d’exilé. Pour devenir pleinement homme, il nous faut retrouver le poids des mots et leur singulière présence.  

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