Lettre d’information | 11 mars 2026 Nous sommes heureux de vous annoncer que les chiffres de vente quotidiens sont désormais disponibles sur la plateforme Filéas. Vous pouvez dès à présent vous connecter à votre espace pour les consulter. Comme évoqué précédemment, ces données correspondent aux ventes réelles, « les sorties de caisse », collectées directement auprès des points de vente partenaires de Filéas. Elles viennent en complément des données de ventes hebdomadaires et extrapolées issues du paneliste GfK. Le réseau Filéas est constitué de 700 points de vente, il a vocation à s’élargir progressivement grâce à la participation volontaire de nouveaux libraires. La liste des librairies partenaires peut être consultée depuis la plateforme. Information importante quant à l’interprétation des chiffres : Les chiffres hebdomadaires GfK et les chiffres quotidiens Filéas reposent sur des sources de collecte et des méthodes de calcul différentes. Ils ne s’additionnent pas et ne sont pas comparables l’un à l’autre. Ils proposent des éclairages complémentaires sur les ventes de vos livres : une estimation statistique au niveau national pour l’offre hebdomadaire (GfK) et un chiffre des ventes réelles réalisées par le réseau de libraires Filéas pour l’offre quotidienne. Les chiffres de vente quotidiens sont accessibles depuis l’interface que vous utilisez habituellement. Vous pouvez passer d’une vue à l’autre simplement et adapter vos préférences d’affichage selon vos besoins. ![]() Si souhaitez en savoir plus sur les données mises à disposition, n’hésitez pas à consulter notre page dédiée aux données, ou notre FAQ. Notre équipe reste également à votre disposition pour vous accompagner et répondre à vos questions. Se connecter à Filéas prochains webinaires le mercredi 25 mars de 11h à 11h45 ou le jeudi 2 avril de 11h à 11h45. Contactez l’équipe Filéas FILÉAS 115 Boulevard Saint-Germain 75006 Paris © Copyright Filéas 2026 |
Poésie vécue, minutes heureuses, de François P. Cherrier
Être en poésie, c’est pour moi être habité par une lucidité hors du commun. Une lucidité due à un surcroît de sensibilité et d’imagination.
N’est-ce pas la poésie qui fissure ce qui est et ouvre des possibles nous permettant de voir enfin le monde tel qu’il est ? Maria Zambrano dit : « Si le poète a gagné quelque chose à travers les siècles, c’est cette lucidité, cette conscience éveillée, toujours plus éveillée et lucide, comme en témoignent les poètes modernes, comme le prouve leur père à tous, Baudelaire. «
Chaque fois que le besoin m’en vient et que je prends la plume, me revient la même question : parviendrais-je à leur dire ? Yves Bonnefoy dit : « Il me semble que pour expérimenter l’impossible, il faut recommencer sans fin, comme Sisyphe avec son rocher, ce mouvement d’espérance que je nomme la poésie. » Ce ne sont pas des préoccupations esthétiques, ce ne sont pas seulement des mots qui fondent un poème, comme le dit Mallarmé, c’est pour moi le besoin de partage. Dans ce monde en proie au devenir, où tout nous conditionne, où pour le poète, la réalité est élusive, changeante, douteuse, où tout l’étonne, lui pose question, l’interpelle, ne serait-il pas le voyant dont la sensibilité exacerbée le contraint à partager le surcroît d’émotions qui l’assaillent ? Ce partage avec autrui, n’est-il pas pour lui une exigence, une nécessité impérieuse ? Je pense qu’il y a ceux qui font une œuvre pour être appréciés et ceux qui font des travaux, par urgence, pour pouvoir communier avec autrui, comme on transforme sa main en la mettant dans une autre, selon la formule de Paul Éluard. Pour partager, il n’est besoin que d’entrer en résonance, en empathie avec l’auteur.
Lire la suite…Le Purgatoire des Invisibles, de Serguei Dounovetz
Le Purgatoire des Invisibles, série Niki Java, polar, éditeur Moby Dick, 20 mars 2026
Vendredi 20 mars 2026, retour du Printemps et de NIKI JAVA ! dans une nouvelle Série qui porte son blaze, publiée chez MOBY DICK éditeur.
Niki Java, personnage récurant créé en 1996, journaliste anticonformiste, addict au Perroquet (pastis-menthe), sa première enquête est éditée en 1998 au Fleuve Noir sous le titre prémonitoire : « La vie est une marie-salope », clin d’œil à « La vie est dégueulasse » de Léo Malet. À l’époque, la 4ème de couverture présentait le gaillard ainsi : Mon nom est Java, Niki Java ; j’aime les filles en papier et les Perroquets sans trop de flotte. Je suis journaliste de faits divers dans un baveux un peu réac, à la rubrique « Chiens écrasés ». Quand le canard m’a envoyé enquêter sur le vol du corps d’une speakerine blonde à la morgue municipale, j’ai entrepris la tournée des troquets pour faire parler les cadavres…
30 années sont passés, après une dizaine d’enquêtes publiées, mon héros reprend du service. Mieux, le voici qui revient par la fenêtre dans : « Le purgatoire des invisibles », 1er opus de cette nouvelle Série. Mais le préposé aux faits divers du début a pris du galon, le voici rédac-chef de « Lavez-vous les mains », un site d’opinion où il officie en tant que journaliste d’investigation. Cette nouvelle enquête démarre sur le décès de Geronimo, ami d’enfance de Niki, un gangster rangé des voitures. Cassius, fils de l’ancien malfrat, profite du désarroi de l’enquêteur pour lui présenter un contrat que ce dernier ne peut décliner : Tourner un film Z au profit de l’industrie du crime. Acculé, Niki va tout mettre en œuvre pour faire capoter ce projet abject, sans lâcher son enquête en cours, une sombre affaire de paternité sur fond de succession mafieuse. C’est alors qu’il découvre avec stupeur des ramifications entre son enquête et sa vie privée, l’obligeant à se confronter à son passé. Le monde est sale et Niki Java décide de faire le ménage, sans oublier ce qui se cache sous le tapis de sa mémoire.
Un an de haïku, de Françoise Renaud
Un an de haïku, poésie, collection Petites Proses, KDP, mars 2026
Une expérience s’est proposée au premier jour de l’an 2025. Elle est venue de Philippe, un ami d’écriture que j’avais connu comme libraire et membre du comité de rédaction d’une revue graphique et littéraire (La Piscine, 2016-2022). Il est venu vers moi aux dernières heures de 2024 avec ce projet d’écrire un poème par jour pendant l’année au bord de commencer.
On serait cinq ou six. Non, on ne se connaissait pas.
On s’inspirerait du haïku. On s’adapterait.
Oui, toute une année.
Le livre est composé d’un texte qui parle de l’expérience elle-même, puis des 365 haïku de l’autrice répartis en 12 mois.
Chaque mois s’ouvre avec une création photo-graphique réalisée à partir d’images prises dans son lieu de vie en lien étroit avec la saison et en temporalité avec le poème.


Genèse du nombre et didactique des mathématiques, de Henri Lehalle
Genèse du nombre et didactique des mathématiques, essai (articles de recherche), éditions P.U.F. pour la revue Enfance, octobre-décembre 2025.
Numéro thématique de la revue Enfance, coordonné par Charles Tijus et Henri Lehalle.
Connaissez-vous le test de la Grand-mère ? Si vous dites que les bébés ne connaissent rien au nombre tandis que les enfants des écoles s’y exercent avec bonheur, vous avez échoué au test de la Grand-mère parce que n’importe quelle Grand-mère pourrait en dire autant. Alors, à quoi bon être psychologue ? À l’inverse, si vous annoncez que les bébés sont des experts en calcul alors que les écoliers ne comprennent rien à rien, vous passez le test de la Grand-mère – car une Grand-mère ne dirait jamais une incongruité pareille – et vos travaux seront remarqués et largement cités. Bien des années ont passé depuis les premières recherches sur le nombre chez les bébés, mais le paradoxe subsiste… avec l’affirmation de compétences numériques précoces chez les bébés et le constat des difficultés en calcul manifestées par les enfants plus âgés. La résolution de ce paradoxe ne peut se trouver que dans une approche développementale des concepts numériques et des apprentissages. C’est le but de ce numéro thématique.
EXTRAIT de l’article « Les dyscalculies développementales (DD) sont développementales »
(…)
2.1. Les fondements du nombre chez les bébés
Depuis une cinquantaine d’années, les recherches auprès des bébés ont beaucoup occupé les psychologues du développement (Lécuyer, 2020 ; Durand et Schneider, 2024). C’est le cas en particulier des connaissances protonumériques (Bideaud, ce numéro ; Sann & Molina, ce numéro). En résumé, les bébés manifestent deux types de compétences en rapport avec le nombre. Tout d’abord, ils réagissent à la perception de différences de numérosité. C’est là une compétence primitive, effective également chez certains animaux. Elle est métaphoriquement quantitative car approximative et donc assimilable à ce que l’on observe en psychophysique selon la loi de Weber. L’autre compétence est construite. Elle consiste à repérer et à individualiser les objets en se fondant sur leurs caractéristiques perçues et aussi sur leur localisation. On observe alors une pseudo-quantification, comme dans les expériences princeps de Wynn (1992) où le bébé s’attendait probablement à percevoir 1 et 1 objets (pas « deux ») dans le fameux paradigme où deux objets sont cachés derrière un écran et que l’un des deux est subrepticement enlevé avant que l’on relève l’écran.
Lire la suite…Tuer le Loup et la Belle au bois dormant, d’Amélie Louis
Tuer le Loup et la Belle au bois dormant, nouvelles, éditions Complicités, mars 2026
Amélie Louis revisite les figures légendaires de l’enfance et les propulse dans notre quotidien avec humour, fantaisie et une pointe de satire sociale.
Ce livre est une exploration jubilatoire de nos mythes fondateurs. Entre un loup qui refuse de partir du salon, une policière bien décidée à en finir avec Barbe Bleue, un chat manipulateur et des nains hantés par les péchés capitaux, il joue avec les codes pour mieux révéler ce qu’ils disent de nous.
EXTRAITS
Tuer le Loup et la Belle au bois dormant
[…] Fracas dans la salle de bains, je m’y précipite. Une masse de fourrure gris-noir se déplie dans la baignoire. Le fauve saute sur le carrelage, s’ébroue en dispersant un relent âcre et sauvage. Il se dirige vers le salon sans même m’accorder un regard. Je le suis, le temps d’apercevoir Louis XI qui s’enfuit, hagard.
– Non ! Pas sur le fauteuil de ma grand-mère, vous allez mettre des poils partout.
La bête me jette un œil dédaigneux et affale son postérieur sur ledit fauteuil.
– Donc, tu me sollicites et je devrais plier ? Mais pour qui te prends-tu, ma pauvre illuminée ?
– Vous me tutoyez ? Nous n’avons pas gardé les moutons ensemble. Et je ne vous ai pas appelé. J’ai dit Loup comme j’aurais dit…
– Loup ! Tu m’as bien demandé, à haute voix de plus, avec cette inflexion qui atteste au surplus, de ta fascination pour le canis lupus.
– Sachez, votre seigneurie, qu’il m’arrive parfois de penser si fort que je parle à voix haute sans même y prendre garde. J’ai dit Loup comme j’aurais dit…
– Loup ! Car LE héros je suis. J’ai traversé les siècles, les contes et les légendes, les fables et les romans. Ton dieu lui-même n’est pas si planétaire que moi.
Debout face à lui, je le toise bras croisés, tentant de faire oublier par mon aplomb que je porte un pyjama rose en flanelle de polyester qui bouloche.
– Pardonnez-moi, votre magnificence, mais vous griffez mon parquet et votre prééminence biblique – j’étais là avant Jésus-Christ – ne m’impressionne pas, je suis athée.
– Regardez-moi cet air qui se veut supérieur. Et tu te crois subtile ? Mais l’auteur n’est personne, seules ses créatures vivent (soupir) quelque temps pour peu qu’il ait un rien de talent, ce qui te concernant, demeure à démontrer. […]
Sous l’œil de Faustin, d’André Gardies
Sous l’œil de Faustin, roman, éditions Infimes, mars 2026
avec un avant-propos de l’auteur
Lorsqu’un matin, des piquets de grève l’empêchent d’accéder à son bureau, l’univers de Faustin bascule.
Cet homme ordonné et méthodique qui vient subitement de perdre sa femme, se laisse alors entraîner dans un farniente et une errance à travers la ville. À mesure qu’il se replie sur lui-même et se détache du monde ordinaire, on découvre le trouble vertigineux d’un personnage de plus en plus inquiétant.
EXTRAIT – chapitre 1
Huit jours maintenant qu’ils ont éventré la rue.
Une énorme balafre, profonde, près de deux mètres puisque, parfois, des ouvriers on ne devine que leur casque orange, si large qu’elle mord le trottoir, le réduisant à un ruban mal pavé où l’on ne peut se croiser, et que, sur ce qu’il reste de chaussée, les véhicules circulent en alternance. Longue aussi, depuis la place de la gare jusqu’au carrefour du 11 novembre. Une crevasse béante comme ces tranchées où se terraient les poilus de la guerre de 14-18.
Périlleux d’avancer sur ce qui reste d’espace pour les piétons sinon à se coller au plus près des maisons, tout en veillant au piège des quelques perrons en débordement et des rares décrottoirs, plus traitres encore. Sans compter le vacarme des pelleteuses et des marteaux-piqueurs ajouté aux klaxons des embouteillages. Un faux pas est si vite arrivé.
M’aidant parfois de mon parapluie comme d’une canne, je progresse, redoutant de me trouver nez à nez avec un passant, toujours prudent, dans mon costume sombre, de circonstance depuis le drame, et qui, ajouté à ma démarche mesurée, me donne, dit-on, un air guindé, distant presque. Mais ce n’est qu’une apparence bien sûr, car je ne suis pas comme ça ; j’aime les gens, tout le monde vous le dira, du moins quand je ne les sens pas hostiles à mon égard ou simplement prétentieux.
Une hantise, ce trajet quotidien jusqu’au bureau. Tout juste si j’ose jeter un œil au fond de cette excavation. Elle me fait peur en même temps qu’elle m’attire. Hier seulement j’ai eu le courage. Profitant des quelques mètres que protégeait une barrière sommaire, un ruban bicolore tendu de piquet en piquet. Je me suis approché, j’ai avancé le cou et j’ai vu le tuyau en fonte qui émergeait de sa gangue de glaise humide et grise, comme ces carcasses que les paléontologues parfois mettent à jour, et le long duquel courait, encore à demi encroutée de terre, une tresse emmêlée de gaines et de câbles. Une légère odeur de gaz, de pourriture presque, montait de ces entrailles.
Lire la suite…Paul Éluard, Liberté j’écris ton nom | une conférence de Christian Malaplate | 21 mars à Montpellier
DANS LE CADRE DU PRINTEMPS DES POÈTES 2026
Gazette Café, Petit Théâtre (6 rue Levat à Montpellier)
samedi 21 Mars 2026 de 14 h 30 à 17 h 30



La poésie de Paul Éluard est une poésie de conquête et non d’évasion, poésie active, agissante, jaillie d’une expérience personnelle et d’une participation incessante au monde. Avec Éluard la poésie est devenue plus belle que nul n’aurait su la rêver. Ainsi infiniment sensible et traversée de malheur, la poésie d’Éluard demeure un chant pur du bonheur ; immédiate, spontanée, intime comme la respiration même du poète, elle parle pourtant le langage le plus fraternel, le plus universel, simple, faite des mots de tous les jours elle contient toutes les merveilles les plus rares, et les plus familières ; elle est bien cette flamme qui embrase dans son unité, belle généreuse, ardente, humaine, les éléments, les choses, les rêves et les êtres.
Entrée libre et scène ouverte aux poètes qui souhaitent dire leurs textes
contact 0681076141 / christian.malaplate@wanadoo.fr
Nible. L’oubli en deuil de son écorce, de Luminitza C. Tigirlas
Nible. L’oubli en deuil de son écorce, poésie, éditions du Cygne, Paris, France, mars 2026
Dessin de couverture : Doïna Vieru, artiste-peintre
L’oubli et son impossible plongent tour à tour dans le temps pour ressortir avec les mots du souffle qui décante les corps subtils de lumière et des ténèbres, reperdus et retrouvés, au plus près de l’instant, de l’intime, de la sensualité, des mystères et de leur exil. Le dire s’enroule avec une mémoire spoliée de ses lieux, mémoire trouée, censurée, mémoire s’éveillant en sursauts. Le jour où la poète fut saisie par la proximité d’un lieu libre avec le ciel, les corolles d’amandiers se défaisaient de leurs songes.
À La Roche-sur-le-Buis, les Drômois appellent La Nible une roche et son lien dans l’infini, ce titre émane d’elle comme un don de liberté.
Composition en trois mouvements :
Sur l’autre versant de la soif ; Densifiant les sillons de paroles ; La présence d’un pain invisible.
Chez l’éditeur
Page-auteur de Luminitza C. Tigirlas
EXTRAIT (p 11)
L’aigrette du sorgho m’envoie des signes
gestes larges me font comparaître
devant l’air
et la petite graine insurgée en panicules
Sur l’île où l’océan m’a harponnée,
d’un reste de voix
j’expose mes témoins aux lâchetés en cours
devant l’air
Aux parois d’embruns l’étau m’oppresse
la vapeur fume le poison de nos déchets
Suspendue aux lèvres sans paroles,
en poussière d’eau mon être frémit :
L’air vient à manquer aux enfants
le silence de la faim les creuse
ils s’époumonent sans voix,
les ordures fouillent leurs mains
le tri inverse le décompte
Ma mort sans regard est dans les yeux
de ces trieurs toujours baissés,
nos immondices n’ont pas de ciel
Lecture performance d’Anne-Marie Jeanjean | Printemps des Poètes | 9 mars à 18 h, à la Boissière (34)
Une évocation de YU Xuanji, poète du 8ème siècle sous la dynastie des T’ang
Anne Marie Jeanjean lira des extraits du livre qu’elle a co-traduit avec le calligraphe Shanshan SUN.
La lecture sera accompagnée d’une chorégraphie et gestuelle élaborées par la danseuse et comédienne Manouchka POINCIGNON; professeure de Taï Chi Chuan.
LUNDI 9 MARS – 18 h – Salle Laure Moulin – 34150 LA BOISSIERE
Pour la première fois en Occident, est publiée l’œuvre complète de YU Xuanji. Quelques petits formats en hommage à YU Xuanji réalisés par Anne-Marie Jeanjean à partir de caractères archaïques chinois seront exposés pour la durée de la lecture, ainsi qu’une soie peinte par Robert Bush, peintre californien.

prochains webinaires 









