Être en Poésie, de François Szabó

un article de François Szabó paru dans L’Étrave n°281, mai juin 2024
publication bimestrielle de Poètes Sans Frontières (revue papier)

 

Être poète implique à la fois une certaine discipline et une offrande au monde. Exigence de tous les instants, ici la médiocrité n’a pas sa place. On n’est pas poète à moitié ni par intermittence. C’est un métier de vivre, tel que l’énonce Cesare Pavese, c’est une profonde immersion dans la responsabilité qui ne peut être qu’assumée. C’est aimer sans compter, c’est donner sans reprendre, c’est un acte de foi, c’est une exigence sublime.

La Poésie est également le domaine de tous les possibles, car l’élan créateur est le lien de toute floraison et fructification, la poésie est un printemps toujours réitéré.
C’est ardemment affirmer la tendresse comme origine de toute humanité accomplie, de toute manière d’œuvrer au monde.
Si pour Eeva-Liisa Manner, le monde est le poème de mes sens, la solitude est le creuset de l’œuvre poétique :

À quel point la solitude peut se propager de moi, les buissons périssent, les arbres s’enfuient et les martres, les martres.
La froidure de la nuit s’éloigne lentement toujours plus comme la frange d’un glacier et recouvre les petits corps. Les arbres au-dehors soutiennent la vacuité, la solitude comme une pierre passe d’arbre en arbre Infinitude et neige.

Et comme tout philosophe affirmer La Sagesse de l’Amour.
C’est aussi le sens orphique de l’amour qui sauve les âmes de l’errance. Et tel Czesław Miłosz tout mettre en œuvre. Si tel Pierre Reverdy, le poète écrit pour se réaliser, il est redevable à ses prédécesseurs et à l’écoute de ses contemporains. Heureusement il reste des vocations et cela est plutôt réjouissant.

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Lettre à mon ami Shan, de François Szabo

Lettre à mon ami Shan, poésie épistolaire, collection Plume d’ivoire n°43, Cap de l’Étang éditions, février 2024

 

 

Lettre à mon ami Shan est une œuvre épistolaire poétique qui retrace l’amitié de deux poètes, François Szabó et Shanshan Sun, au croisement des chemins, au carrefour entre la Chine et le Languedoc.
C’est aussi la certitude et l’évidence de ce qui fonde l’amitié, le partage des civilisations et de la poésie. De ce qui est irréductible et permanent, chaque jour réitéré.
C’est une condensation poétique des plus grandes significations humaines et civilisationnelles, c’est un texte de référence célébrant de manière érudite et esthétique ce parcours affectif des origines.
C’est également la fidèle évocation de Carole si longtemps occultée et maintenant désormais affirmée

 

Accordez-moi cette danse, de François Szabó

Accordez-moi cette danse, poésie, Cap de l’Étang Éditions, septembre 2023
Couverture de Patrice Palacio et photographies couleur

Le recueil de poésie Accordez-moi cette danse de François Szabó délivre, encore une fois, comme si cela serait nécessaire de le préciser, après plus de cinquante cinq titres différents publiés, le message plein et soutenu de création poétique. Cette danse des mots, cette suite chorégraphiée, cette ferveur intacte démontre bien quel chemin parcouru à travers une œuvre généreuse et attentive aux respirations tendres et pleines d’attachants sentiments. Et une évidence, le phrasé a changé, accompagnant une suite moins longue avec plus de cellules rythmiques.

 

Préface

La rencontre avec l’œuvre de Patrice Palacio, son travail sur les blancs d’abord, son Alice aussi bien sûr, et plus récemment ses séries Danse, à la mine, à l’encre mais surtout à ce qui fait sa spécificité : à la corde. C’est un processus de création proche de la danse et la beauté du geste. Comment ne pas être séduit par cette beauté du geste justement, par l’absolu d’un jet proche de celui en littérature d’un coup de dé.

Je venais d’avoir la joie de voir paraître le recueil Poésie Chirale, chez Cap de l’Étang éditions, qui laissait une place belle à l’iconographie autour de la danse et de la Carole en particulier. Dans cet esprit d’aventure et de ferveur, je m’enquiers auprès de Patrice Palacio pour ce projet de livre autour duquel sa série Danse serait le sujet. Tout à fait persuadé, comme Carole, que la Danse est le plus démocratique des arts. Ainsi dans notre ville, comment ne pas songer à Montpellier Danse et ne pas agir en ce sens ?

Accordez-moi cette Danse est le premier pas d’une nouvelle aventure humaine.

Photographie ©

François Szabó lit le poète catalan Antoni Tàpies-Barba, Maison de la Poésie à Montpellier, 3 mai 2023

François Szabó lira « L’écrivain », un texte d’Antoni Tàpies-Barba, poète catalan

mercredi 3 mai 2023 à 18h

En attendant 10 jours en mai/la Comédie du Livre – Maison de la Poésie Jean Joubert 

traduction en français de François Szabó

François Szabó lit le poète macédonien Eftim Kletnikov, Maison de la Poésie à Montpellier, 26 avril 2023

Lecture en français par François Szabó du recueil

Sous les paupières de Dieu de Eftim Kletnikov (traduit du macédonien)

 

mercredi 26 avril 2023 à 18h

En attendant 10 jours en mai/la Comédie du Livre – Maison de la Poésie Jean Joubert 

Maison de la Poésie Jean Joubert
78 avenue du Pirée 34000 Montpellier

 

La Traduction un jeu sérieux, un article de François Szabó

une contribution à « Les Poètes traduisent les Poètes » (Langues, frontières, poésie / Textes)
une thématique proposée par la Maison de la Poésie Jean Joubert Montpellier

 

Joca seria pourrait-on dire de la traduction comme de la poésie. La vraie transgression est la fidélité, mais quelle est-elle ? Est-ce sens, forme, rythme, musique ? Sachant que d’une langue à une autre, il n’y a souvent pas d’équivalence ni parfois des sonorités qui ne sont pas en commun. Alors il s’agit de transmettre, non pas des émotions, mais du sens propre à nous faire réfléchir et des images voire une vraie cinématique si le poème à traduire est conçu ainsi. C’est aussi vivre avec le poème, pour citer approximativement Christian Bobin : « Pour lire un roman il faut deux ou trois heures, pour un poème toute une vie ». C’est peut-être un peu excessif, mais pas vraiment faux.

Il me semble trois règles utiles voire indispensables :

  • Pratiquer ardemment et patiemment le poète et maturer les lectures
  • Au mieux rêver dans les langues d’écritures
  • Savoir faire des choix.

Traduire engage entièrement le traducteur. Il a une dette envers l’auteur comme un devoir vis-à-vis du lecteur. Il doit pouvoir renoncer ou repousser l’échéance de la fixation du poème traduit.
Un exemple édifiant des variantes possibles en traduction : le poème La Loreley de Henri Heine, publié par les éditions La Pionnière, en mars 2020, regroupe plus de quarante versions françaises du poème ! Elles ne s’éliminent pas les unes les autres : elles sont complémentaires.
Une question importante : l’édition plurilingue s’avère fort précieuse, au moins le poème en version originale et sa traduction : ne jamais sous ‘estimer le potentiel lecteur.

Savoir que rien n’est figé et que rien n’est perdu quand l’exigence est là.

 

Rencontre avec François Szabó | Gazette Café, Montpellier | 18 février 2023

François Szabó invité par la délégation occitane de la Société des Poètes Français

autour de son recueil Poésie Chirale, Cap de l’Étang Éditions, 2022

 

samedi 18 février 2023 de 14h30 à 17h30

Petit théâtre du Gazette Café, 6 rue Levat Montpellier

Poète, auteur de plus cinquante recueils écrits en français, américain, catalan, castillan, russe et italien – membre : de la Société des Poètes Français, Poètes sans Frontières, Maison de la poésie Jean Joubert… Le recueil de poèmes Poésie Chirale de François Szabó est un ensemble cohérent et délicat, d’une exigeante vision et d’une fertile imagination, c’est aussi une somme poétique, un parcours onirique, une voie merveilleuse dans le concert des œuvres de la planète et la résultante d’une passion ininterrompue pour les arts du verbe et de la représentation. Ce qui ne cesse de bruire est la permanence de la tendresse, ressac infini de la passion et horizon sans nulle fin.

(entrée libre)

Infos : Christian Malaplate 0681076141

Dictionnaire Poétique de l’Urbex, de François Szabo

Dictionnaire Poétique de l’Urbex, photographies et poésie, Cap de l’Étang Éditions, décembre 2022
Photographies de Fabien Lebourgeois

 

Le livre Dictionnaire Poétique de l’Urbex de Fabien Lebourgeois et de François Szabó  est une réponse à la morosité, l’émerveillement peut ainsi jaillir de lieux non dédiés à la fréquentation telles que ces photographies nous le prouvent. Et la poésie est là non pour commenter mais pour vivre avec ce qui vibre en nous unique et inaliénable.  Il suffit alors d’en feuilleter allègrement les pages pour vivre des moments  rares dans l’espace et le temps.

 

Poésie Chirale, de François Szabó

Poésie Chirale, Cap de l’Étang Éditions, octobre 2022
couverture Bruno Salgues / ilustrations issues de la revue « Le Ballet au XIXe siècle », éditions de la Nouvelle revue française, numéro spécial de décembre, Paris, 1921

Ce recueil Poésie Chirale est dédié à Carole mais il n’aurait pas été écrit sans l’apport d’enfance de mes parents, de mon père chimiste et de ma mère artiste.
Ici, le poète persiste et signe, cette étrangeté de la poésie est cet ailleurs qui semble si familier et pourtant unique. Toute réitération est une tentative d’existence. Tout propos est d’une affirmation vitale : rien, rien n’est perdu.

Avant-propos

« La chiralité est une réalité pour moi, permanence des origines, une des notions et faits propres à la nature. Cela interroge l’origine, tout comme la gémellité, mais aussi les naissances triples et la différence de la gauche et de la droite. C’est également un champ d’exploration infini de création de molécules chirales pouvant avoir des applications infinies. C’est cette familiarité et ces ressemblances associées à la nuance de la latéralité qui permet de concevoir et de voir le monde différemment. Cela touche l’ensemble de la nature, de la vie, de l’existence, de la sexualité.
C’est également la vision permanente de l’empreinte de Chirotherium qui m’a hanté et continue de me fasciner depuis la plus tendre enfance. C’est une signature ressemblante, mais unique, c’est une affirmation : quel est notre semblable mais qui ne serait pas nous, séparé par cette chiralité ?… » (François Szabó)

 

Pages arrachées à un livre de survie, de François Szabó

Pages arrachées à un livre de survie, poésie, livre électronique, Obsidiana Press, août 2022

 

Ce petit recueil sous forme électronique libre se veut adressé aux enfants devenus grands pour leur donner vigueur et confiance en eux, poésie de partage et de tendresse à vision féérique. Gratitude de leur présence, en se disant qu’adopter un enfant, c’est lui faire le plus beau des cadeaux.

    accès libre ici

 

 

EXTRAIT

À Véga, Tania, Dimitri, Lili et Rafael

QUI DONC
AURAIT DIT
QUE J’AURAI
CINQ ÉTOILES ?

2

QUI DONC
AURAIT FRAPPÉ
LA FORGE
DES CIEUX ?

3

AVEC QUELLE
LUMIÈRE
IRRADIER
D’ÉTOILES ?

4

AVEC QUELLE
SYLLABE
ENTAMER
LE CHANT ?

5

OÙ DONC
RETROUVER
L’ARDEUR ?

6

ET AINSI
DISPOSÉS
EN SCAPULAIRE

7

CES
CINQ ASTRES
À L’ÉMERVEILLEMENT
DU MONDE

8

ET LA
CONSCIENCE
DU DÉPASSEMENT
DE SOI

9

JOUR
APRÈS JOUR
AUBE
TOUJOURS
RÉITÉRÉE