Être en Poésie (12), de François Szabó

Être en Poésie, c’est être perpétuellement à l’affût, à l’écoute, à la captation de tout événement immense ou minime. Être à la fois vigilant mais offert, avec la nuance et la tendresse qui rendent apte à saisir le miroitement de la vie.

Puisque les mots peuvent être nos alliés, dire et évoquer sont les moyens de se tracer une voix existentielle. On va plus loin en formulant, on va à l’essentiel en définissant, on va où le bonheur nous mène si l’on peut exprimer nos sentiments et notre perception.

Ainsi libéré des attaches paralysantes, le poème œuvre à notre indépendance, constamment, sans relâche, ardemment.

Rien de tel que le poème pour nous affranchir des affres du quotidien.

Nommer n’est rien de moins que de recréer son monde, haute valeur inestimable de la fiction qui en devient réalité formelle et définitive.

La lecture est cette valeur fondamentale qui permet le partage, l’admiration, le contentement, l’adhésion, l’interrogation. Ne pas lire ce serait oublier de voir, ce serait l’extrême cécité, ce serait le retour fracassant des ténèbres, ce serait un monde sans limites humaines : aussi, tout commence par la lecture, cette base fondamentale dont tout dépend.

Alors, ne tardons pas, lisons ! Et toutes les personnes engagées dans le domaine du livre demeurent ainsi nos plus proches amis, par le livre reliés.

Photographie de l’auteur : Fontaine à Montpellier

Être en Poésie (11) de François Szabó

Le Poème en lui-même se suffit. C’est cette graine et tout son potentiel, en terreau favorable, un peu d’eau permet de révéler son avenir, sa promesse, ce qui advient dépasse les espérances. Offrir les mots ce n’est pas seulement entretenir, c’est également réparer, cicatriser, c’est donner par le rêve une existence forte et sensible.

La Poésie est sentinelle de vie, là où elle est improbable. C’est le lichen attaquant la pierre muette et apparemment insensible, c’est la force de l’expression qui libère l’être de sa gangue paralysante.

Le Poème émet de la lumière en pleines ténèbres, c’est ce qui jaillit aussi bien que l’eau d’une anfractuosité. La Poésie est le domaine du possible dans ce qui est couramment jugé impossible.

Rien de plus conséquent finalement que la Poésie, comme acte d’amour insurpassable.

Illustration : Buddha d’Odilon Redon

Être en Poésie (10), de François Szabó

Les Mouettes, Simone Derocque

Surtout ne pas avoir peur de la réitération : à la forge, un seul coup ne suffit pas, la forme s’obtient avec la persévérance. C’est vers le but que s’obtient le poème, que sa destination prend sens… Ainsi, patience et longueur de temps valent mieux.

Ensuite la langue poétique est langue étrange-étrangère qui ne s’apprivoise qu’en y consacrant les sens à l’affût et une immense patience. C’est du domaine du merveilleux et de tous les possibles. C’est une permanence et une constance, c’est le propos dédié à la vie comme sublime don.

Le poème se déploie à l’envergure même de l’oiseau et cela ne s’entend, ne se conçoit que dans la ferveur tendre des cieux. Ce moment inouï est tellement marquant que le songe qui en découle ne peut jamais s’oublier : Aimer c’est aussi se remémorer !

Lorsque la suite des jours joue sa mélodie, tout paraît évident et c’est sans doute cela l’extase : entre fragilité et force sublime.

Être en Poésie (9), de François Szabó

Comme tout a un début et une fin, le premier mot est la promesse d’une suite. Inaltérée, cette suite offre un discours peu à peu audible malgré toute extravagance, malgré toute ponctualité.

Vivre est cheminer vers l’absolu, quête secrète et sacrée, l’offrande est cette détermination infinie, cette ouverture au monde, cet élan prompt et vigoureux qui réalise l’être dans sa totalité. Vivre ivre de poésie telle que bain somptueux du succès engrangé au long du temps pour retrouver toujours la ferveur du dit.

Demeure alors le lieu et le temps marqués au fer de l’identité, du propre et du personnel, de l’amour et de la plénitude.

Œuvrer à cela c’est résister à l’immobilisme, à l’indifférence et à l’oubli. Dire et nommer font existence et réalité réunies. Ne jamais céder à la facilité : il n’y a que le dire d’amour qui subsiste à jamais.

Ainsi opérant la formulation unique réalisatrice du désir, le poème ne fait pas qu’ouvrir la brèche, c’est la création même d’une définition ferme et précise de la réalité au mitan du monde.

Idylles de Montpellier, de François Szabó

Idylles de Montpellier, poésie, Cap de l’étang éditions, janvier 2026

Idylles de Montpellier est le temps particulier du sens amoureux qui évoque en même temps la splendeur et l’étonnement, la permanence et le développement à l’infini des ressources intimes de cette ville magnifique et quelque peu énigmatique. Ici se conjuguent beauté et origine, rencontre définitive qui scelle son pouvoir tel un charme.

PRÉFACE

            Là est le lieu où s’annonce la vie, la ville arpentée qui recèle la beauté cachée, offerte au persévérant, miroir de l’âme et de l’esprit : conjugaison sublime !

            Au détour d’une place, d’un hôtel particulier, une histoire singulière s’associe.

            Pierre et jardin ici c’est Montpellier, creuset de tous les possibles, des métissages culturels et ici telle une résurgence l’eau féconde surgit : C’est tout à la fois un rire, une culture, une beauté, un accent, un partage, une tendresse, une délicatesse, une vision et la tolérante acceptation de l’autre.

            Se côtoient passé et avenir, entre mer et montagne, les âges de la vie, les cosmopolites visiteurs, étudiants, enseignants, chercheurs… Et tant d’artistes !

            Ville qui ne cesse de se réinventer, ferveur jamais démentie, volontaire et imaginative, tolérante et accueillante tout ici facilite l’approche. Cependant, tout n’est pas livré immédiatement, c’est avec patience et douceur que se reçoit le don comme somptueuse offrande. Le nier ne serait pas délicatesse. Vérité sans tendresse n’est pas vertu.

François Szabó

Être en Poésie (7), de François Szabó

Résurgences 6, Monique Ariello Laugier

Quel est donc le rôle de la langue en poésie ? Si ce n’est l’évidence même qui subjugue ? La poésie est langue à la fois étrangère et familière, pure objectivité et réalité magique, Œuvre de tempérance et d’action, sens intrinsèque inaliénable, vérité de combat, de résistance qui s’ouvre et se déploie infiniment tel est le testament du poète dans l’intransigeance de sublimer vie et à propos de l’être.

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Être en Poésie (5), de François Szabó

Passiflore avec feuilles et colonne dans l’œuvre d’art (The New York Public Library) – sur Unplash

Être en Poésie c’est la quintessence de l’existence, c’est être au-delà du concept, c’est formuler la cible de toute espérance, c’est œuvrer à l’Humanité, c’est acte de réconciliation au monde, c’est l’effervescence de l’imagination, c’est la valeur du dit et de l’évoqué.

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Être en Poésie (4), par François Szabó

Être en Poésie, c’est aussi rester curieux, ne jamais cesser d’apprendre, savoir s’émerveiller de ce qui se doit. C’est décliner la vie et la littérature dans sa diversité et ses nuances, c’est beaucoup de finesse et d’empathie, c’est une tendresse totale, offerte au monde.

Pratiquer la Poésie c’est aussi d’abord lire constamment, ne pas craindre l’altérité, trouver la réalité parfois cachée, c’est aussi un idéal affirmé.

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