Genèse du nombre et didactique des mathématiques, de Henri Lehalle

Genèse du nombre et didactique des mathématiques, essai (article de recherche), éditions P.U.F. pour la revue Enfance, octobre-décembre 2025.
Numéro thématique de la revue Enfance, coordonné par Charles Tijus et Henri Lehalle.

Connaissez-vous le test de la Grand-mère ? Si vous dites que les bébés ne connaissent rien au nombre tandis que les enfants des écoles s’y exercent avec bonheur, vous avez échoué au test de la Grand-mère parce que n’importe quelle Grand-mère pourrait en dire autant. Alors, à quoi bon être psychologue ? À l’inverse, si vous annoncez que les bébés sont des experts en calcul alors que les écoliers ne comprennent rien à rien, vous passez le test de la Grand-mère – car une Grand-mère ne dirait jamais une incongruité pareille – et vos travaux seront remarqués et largement cités. Bien des années ont passé depuis les premières recherches sur le nombre chez bébés, mais le paradoxe subsiste… avec l’affirmation de compétences numériques précoces chez les bébés et le constat des difficultés en calcul manifestées par les enfants plus âgés. La résolution de ce paradoxe ne peut se trouver que dans une approche développementale des concepts numériques et des apprentissages. C’est le but de ce numéro thématique.

Tuer le Loup et la Belle au bois dormant, d’Amélie Louis

Tuer le Loup et la Belle au bois dormant, nouvelles, éditions Complicités, mars 2026

Amélie Louis revisite les figures légendaires de l’enfance et les propulse dans notre quotidien avec humour, fantaisie et une pointe de satire sociale.

Ce livre est une exploration jubilatoire de nos mythes fondateurs. Entre un loup qui refuse de partir du salon, une policière bien décidée à en finir avec Barbe Bleue, un chat manipulateur et des nains hantés par les péchés capitaux, il joue avec les codes pour mieux révéler ce qu’ils disent de nous.

EXTRAITS

Tuer le Loup et la Belle au bois dormant

[…] Fracas dans la salle de bains, je m’y précipite. Une masse de fourrure gris-noir se déplie dans la baignoire. Le fauve saute sur le carrelage, s’ébroue en dispersant un relent âcre et sauvage. Il se dirige vers le salon sans même m’accorder un regard. Je le suis, le temps d’apercevoir Louis XI qui s’enfuit, hagard.
– Non ! Pas sur le fauteuil de ma grand-mère, vous allez mettre des poils partout.
La bête me jette un œil dédaigneux et affale son postérieur sur ledit fauteuil.
– Donc, tu me sollicites et je devrais plier ? Mais pour qui te prends-tu, ma pauvre illuminée ?
– Vous me tutoyez ? Nous n’avons pas gardé les moutons ensemble. Et je ne vous ai pas appelé. J’ai dit Loup comme j’aurais dit…
– Loup ! Tu m’as bien demandé, à haute voix de plus, avec cette inflexion qui atteste au surplus, de ta fascination pour le canis lupus.
– Sachez, votre seigneurie, qu’il m’arrive parfois de penser si fort que je parle à voix haute sans même y prendre garde. J’ai dit Loup comme j’aurais dit…
– Loup ! Car LE héros je suis. J’ai traversé les siècles, les contes et les légendes, les fables et les romans. Ton dieu lui-même n’est pas si planétaire que moi.
Debout face à lui, je le toise bras croisés, tentant de faire oublier par mon aplomb que je porte un pyjama rose en flanelle de polyester qui bouloche.
– Pardonnez-moi, votre magnificence, mais vous griffez mon parquet et votre prééminence biblique – j’étais là avant Jésus-Christ – ne m’impressionne pas, je suis athée.
– Regardez-moi cet air qui se veut supérieur. Et tu te crois subtile ? Mais l’auteur n’est personne, seules ses créatures vivent (soupir) quelque temps pour peu qu’il ait un rien de talent, ce qui te concernant, demeure à démontrer. […]

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Sous l’œil de Faustin, d’André Gardies

Sous l’œil de Faustin, roman, éditions Infimes, mars 2026
avec un avant-propos de l’auteur

Lorsqu’un matin, des piquets de grève l’empêchent d’accéder à son bureau, l’univers de Faustin bascule.
Cet homme ordonné et méthodique qui vient subitement de perdre sa femme, se laisse alors entraîner dans un farniente et une errance à travers la ville. À mesure qu’il se replie sur lui-même et se détache du monde ordinaire, on découvre le trouble vertigineux d’un personnage de plus en plus inquiétant.

EXTRAIT – chapitre 1

Huit jours maintenant qu’ils ont éventré la rue.   

Une énorme balafre, profonde, près de deux mètres puisque, parfois, des ouvriers on ne devine que leur casque orange, si large qu’elle mord le trottoir, le réduisant à un ruban mal pavé où l’on ne peut se croiser, et que, sur ce qu’il reste de chaussée, les véhicules circulent en alternance. Longue aussi, depuis la place de la gare jusqu’au carrefour du 11 novembre. Une crevasse béante comme ces tranchées où se terraient les poilus de la guerre de 14-18.  

Périlleux d’avancer sur ce qui reste d’espace pour les piétons sinon à se coller au plus près des maisons, tout en veillant au piège des quelques perrons en débordement et des rares décrottoirs, plus traitres encore. Sans compter le vacarme des pelleteuses et des marteaux-piqueurs ajouté aux klaxons des embouteillages. Un faux pas est si vite arrivé. 

M’aidant parfois de mon parapluie comme d’une canne, je progresse, redoutant de me trouver nez à nez avec un passant, toujours prudent, dans mon costume sombre, de circonstance  depuis le drame, et qui, ajouté à ma démarche mesurée, me donne, dit-on,  un air guindé, distant presque. Mais ce n’est qu’une apparence bien sûr, car je ne suis pas comme ça ; j’aime les gens, tout le monde vous le dira,  du moins quand je ne les sens pas hostiles à mon égard ou simplement prétentieux. 

Une hantise, ce trajet quotidien jusqu’au bureau. Tout juste si j’ose jeter un œil au fond de cette excavation. Elle me fait peur en même temps qu’elle m’attire. Hier seulement j’ai eu le courage. Profitant des quelques mètres que protégeait une barrière sommaire, un ruban bicolore  tendu de piquet en piquet. Je me suis approché, j’ai avancé le cou et j’ai vu le tuyau en fonte qui émergeait de sa  gangue de glaise humide et grise, comme ces carcasses que les paléontologues parfois mettent à jour, et le long duquel courait, encore à demi encroutée de terre, une tresse emmêlée de gaines et de câbles.  Une légère odeur de gaz,  de pourriture presque, montait de ces entrailles.  

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Paul Éluard, Liberté j’écris ton nom | une conférence de Christian Malaplate | 21 mars à Montpellier

DANS LE CADRE DU PRINTEMPS DES POÈTES 2026

Gazette Café, Petit Théâtre (6 rue Levat à Montpellier)
samedi 21 Mars 2026 de 14 h 30 à 17 h 30

La  poésie de Paul Éluard est une poésie de conquête et non d’évasion, poésie active, agissante, jaillie d’une expérience personnelle et d’une participation incessante au monde. Avec Éluard la poésie est devenue plus belle que nul n’aurait su la rêver. Ainsi infiniment sensible et traversée de malheur, la poésie d’Éluard demeure un chant pur du bonheur ; immédiate, spontanée, intime comme la respiration même du poète, elle parle pourtant le langage le plus fraternel, le plus universel, simple, faite des mots de tous les jours elle contient toutes les merveilles les plus rares, et les plus familières ; elle est bien cette flamme qui embrase dans son unité, belle généreuse, ardente, humaine, les éléments, les choses, les rêves et les êtres.

Entrée libre et scène ouverte aux poètes qui souhaitent dire leurs textes

contact 0681076141 / christian.malaplate@wanadoo.fr

Nible. L’oubli en deuil de son écorce, de Luminitza C. Tigirlas

Nible. L’oubli en deuil de son écorce, poésie, éditions du Cygne, Paris, France, mars 2026
Dessin de couverture : Doïna Vieru, artiste-peintre

L’oubli et son impossible plongent tour à tour dans le temps pour ressortir avec les mots du souffle qui décante les corps subtils de lumière et des ténèbres, reperdus et retrouvés, au plus près de l’instant, de l’intime, de la sensualité, des mystères et de leur exil. Le dire s’enroule avec une mémoire spoliée de ses lieux, mémoire trouée, censurée, mémoire s’éveillant en sursauts. Le jour où la poète fut saisie par la proximité d’un lieu libre avec le ciel, les corolles d’amandiers se défaisaient de leurs songes.

À La Roche-sur-le-Buis, les Drômois appellent La Nible une roche et son lien dans l’infini, ce titre émane d’elle comme un don de liberté.

Composition en trois mouvements :
Sur l’autre versant de la soif ; Densifiant les sillons de paroles ; La présence d’un pain invisible.

Chez l’éditeur
Page-auteur de Luminitza C. Tigirlas
 

EXTRAIT (p 11)


L’aigrette du sorgho m’envoie des signes
gestes larges me font comparaître
devant l’air
et la petite graine insurgée en panicules
Sur l’île où l’océan m’a harponnée,
d’un reste de voix
j’expose mes témoins aux lâchetés en cours
devant l’air
Aux parois d’embruns l’étau m’oppresse
la vapeur fume le poison de nos déchets
Suspendue aux lèvres sans paroles,
en poussière d’eau mon être frémit :
L’air vient à manquer aux enfants
le silence de la faim les creuse
ils s’époumonent sans voix,
les ordures fouillent leurs mains
le tri inverse le décompte
Ma mort sans regard est dans les yeux
de ces trieurs toujours baissés,
nos immondices n’ont pas de ciel

Lecture performance d’Anne-Marie Jeanjean | Printemps des Poètes | 9 mars à 18 h, à la Boissière (34)

Une évocation de YU Xuanji, poète du 8ème siècle sous la dynastie des T’ang


Anne Marie Jeanjean lira des extraits du livre qu’elle a co-traduit avec le calligraphe Shanshan SUN. 
La lecture sera accompagnée d’une chorégraphie et gestuelle élaborées par la danseuse et comédienne Manouchka POINCIGNON; professeure de Taï Chi Chuan.

LUNDI 9 MARS – 18 h – Salle Laure Moulin – 34150 LA BOISSIERE

Pour la première fois en Occident, est publiée l’œuvre complète de YU Xuanji. Quelques petits formats en hommage à YU Xuanji réalisés par Anne-Marie Jeanjean à partir de caractères archaïques chinois seront exposés pour la durée de la lecture, ainsi qu’une soie peinte par Robert Bush, peintre californien.

Être en Poésie (10), de François Szabó

Les Mouettes, Simone Derocque

Surtout ne pas avoir peur de la réitération : à la forge, un seul coup ne suffit pas, la forme s’obtient avec la persévérance. C’est vers le but que s’obtient le poème, que sa destination prend sens… Ainsi, patience et longueur de temps valent mieux.

Ensuite la langue poétique est langue étrange-étrangère qui ne s’apprivoise qu’en y consacrant les sens à l’affût et une immense patience. C’est du domaine du merveilleux et de tous les possibles. C’est une permanence et une constance, c’est le propos dédié à la vie comme sublime don.

Le poème se déploie à l’envergure même de l’oiseau et cela ne s’entend, ne se conçoit que dans la ferveur tendre des cieux. Ce moment inouï est tellement marquant que le songe qui en découle ne peut jamais s’oublier : Aimer c’est aussi se remémorer !

Lorsque la suite des jours joue sa mélodie, tout paraît évident et c’est sans doute cela l’extase : entre fragilité et force sublime.

La facturation électronique pour les artistes-auteurs.ices | 22 février 2026

Si vous avez un numéro de Siret, et que vous éditez des factures pour vos activités d’auteur ou d’autrice, qu’il s’agisse de percevoir des droits d’auteur ou des revenus février accessoires, la réforme de la facturation électronique vous concerne. Elle sera obligatoire à partir du 1er septembre 2026 pour toutes les entreprises et microentreprises.

Lire l’article Comment s’applique la réforme de la facturation électronique pour les artistes-auteur·ices ? sur le site du CAAP – Comité Pluridisciplinaire des Artistes-Auteurs et des Artistes-Autrices

Cette réforme est voulue par l’État pour contrôler les arrangements avec le ciel en matière de déclaration de TVA.
Si vous pensez être exclus de la réforme parce que vous faites des déclarations en franchise de TVA (comme vous y êtes autorisés quand votre chiffre d’affaires reste inférieur à 50 000 euros), vous vous trompez. La facturation électronique sera obligatoire, quels que soient vos revenus et votre statut.
Même si vous n’avez édité qu’une seule facture ou si vous n’en avez reçu qu’une seule, vous aurez l’obligation de passer par une plateforme de dématérialisation agréée.

Si vous passez déjà par Chorus Pro pour vos prestations en milieu scolaire ou à destination d’autres collectivités territoriales ou gouvernementales, vous n’avez pas de souci à vous faire, vous éditez déjà vos factures sous la forme requise.

Si vous vous demandez quelle plateforme agréée choisir, il en existe de gratuites. Frédéric Maupomé, qui a présenté le nouveau système lors du p’tit déj des auteurs de l’Agence Unique Occitanie Culture à Montpellier, vendredi dernier, nous conseillait celle qu’il utilise lui-même Indy Essentiel, et dont il est content.

Une précision : vous pouvez être en franchise en base pour vos déclarations en BNC artistes-auteurs jusqu’à 50 000 euros pour vos ventes d’œuvres et revenus en droits d’auteur, **à quoi s’ajoute un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 35 000 euros pour vos revenus accessoires**.

Vous trouverez tous les éléments pour comprendre sur le Guide de l’artiste-auteur.

une communication de Joëlle Wintrebert

La formation des artistes auteurs

Beaucoup d’auteurs et d’autrices ne profitent pas des formations que leur ouvre leur statut d’artiste auteur pour peu que leur revenu en droits d’auteur et revenus accessoires aux droits d’auteur ait égalé au moins 7 212 euros brut au cours des trois dernières années de la demande en formation (soit environ 2 400 euros par an).

Plus d’information sur le site de l’AFDAS.

  • En particulier pour savoir, si l’artiste auteur est éligible, comment justifier ces revenus.
  • Et ici pour des renseignements sur les barèmes, plafond de prise en charge, participation aux frais de transport, hébergement et repas si votre lieu de stage est éloigné de votre lieu de résidence. Quels financements ?

Les artistes auteurs peuvent aussi prétendre à formation via leur Compte personnel de Formation.
À noter qu’il existe un temps de carence entre les formations, qui dépend de la durée de la formation.

Ils peuvent bénéficier d’une formation non gérée par l’AFDAS, pour peu que leur centre de formation ait reçu la certification Qualiopi.
Ainsi, la SGDL propose elle aussi des formations, entre lesquelles existe également un temps de carence (six mois de carence pour un stage de 1 à 3 jours, 1 an de carence pour un stage de 4 ou 5 jours, 18 mois si le stage a duré 6 à 8 jours, et deux ans au-dessus). Voir Les Formations de la SGDL

une communication de Joëlle Wintrebert, 22 février 2025