Genèse du nombre et didactique des mathématiques, essai (articles de recherche), éditions P.U.F. pour la revue Enfance, octobre-décembre 2025.
Numéro thématique de la revue Enfance, coordonné par Charles Tijus et Henri Lehalle.
Connaissez-vous le test de la Grand-mère ? Si vous dites que les bébés ne connaissent rien au nombre tandis que les enfants des écoles s’y exercent avec bonheur, vous avez échoué au test de la Grand-mère parce que n’importe quelle Grand-mère pourrait en dire autant. Alors, à quoi bon être psychologue ? À l’inverse, si vous annoncez que les bébés sont des experts en calcul alors que les écoliers ne comprennent rien à rien, vous passez le test de la Grand-mère – car une Grand-mère ne dirait jamais une incongruité pareille – et vos travaux seront remarqués et largement cités. Bien des années ont passé depuis les premières recherches sur le nombre chez les bébés, mais le paradoxe subsiste… avec l’affirmation de compétences numériques précoces chez les bébés et le constat des difficultés en calcul manifestées par les enfants plus âgés. La résolution de ce paradoxe ne peut se trouver que dans une approche développementale des concepts numériques et des apprentissages. C’est le but de ce numéro thématique.
EXTRAIT de l’article « Les dyscalculies développementales (DD) sont développementales »
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2.1. Les fondements du nombre chez les bébés
Depuis une cinquantaine d’années, les recherches auprès des bébés ont beaucoup occupé les psychologues du développement (Lécuyer, 2020 ; Durand et Schneider, 2024). C’est le cas en particulier des connaissances protonumériques (Bideaud, ce numéro ; Sann & Molina, ce numéro). En résumé, les bébés manifestent deux types de compétences en rapport avec le nombre. Tout d’abord, ils réagissent à la perception de différences de numérosité. C’est là une compétence primitive, effective également chez certains animaux. Elle est métaphoriquement quantitative car approximative et donc assimilable à ce que l’on observe en psychophysique selon la loi de Weber. L’autre compétence est construite. Elle consiste à repérer et à individualiser les objets en se fondant sur leurs caractéristiques perçues et aussi sur leur localisation. On observe alors une pseudo-quantification, comme dans les expériences princeps de Wynn (1992) où le bébé s’attendait probablement à percevoir 1 et 1 objets (pas « deux ») dans le fameux paradigme où deux objets sont cachés derrière un écran et que l’un des deux est subrepticement enlevé avant que l’on relève l’écran.
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Les crises actuelles nous amènent à ne plus rien savoir, plus rien comprendre, plus rien espérer. Comment et quoi penser dans un climat aussi turbulent qu’anxiogène ? Comment ne pas sombrer dans la peur et la tristesse et réactiver l’envie de vivre ? Cet essai propose de remonter aux sources, auprès de Socrate, qui quatre siècles avant notre ère, dans une Athènes en plein désastre, invitait ses concitoyens au soin à travers le questionnement philosophique. D’une actualité saisissante, les remèdes que Socrate proposait à l’individu et au citoyen sont plus que jamais indispensables.


