L’Urssaf s’explique sur les dysfonctionnements, 4 janvier 2020

une communication de La Ligue des Auteurs Professionnels, 4 janvier 2001

Suite aux récentes protestations des auteurs et autrices, l’Acoss/Urssaf communique enfin pour expliquer ce qui se passe dans la transition actuelle. Samantha Bailly, vice-présidente de la Ligue et de La Charte a passé une longue heure de discussion avec le directeur de la transition Agessa/MDA/Urssaf, qui lui a expliqué les raisons informatiques ou techniques des nombreux bugs rencontrés.

Qu’avons-nous appris ?

• L’appel de cotisations sera bien décalé, mais seulement au 31 janvier 2020, ce qui n’est pas la date demandée par les 18 organisations professionnelles ayant exigé le report de la deadline compte tenu des difficultés techniques.

Le système d’identification des artistes-auteurs est extrêmement complexe : le recoupement des informations n’étant pas effectué entre l’Agessa/MDA et l’Urssaf, des milliers d’artistes-auteurs ont été écartés de la base en raison d’un recoupement imparfait entre les informations contenues dans le fichier de la sécurité sociale et celles du fichier de l’INSEE. On demande à ces derniers de contacter eux-mêmes l’Urssaf s’ils n’ont pas été identifiés.

Il est donc parfaitement anormal que des auteurs déclarant en Traitements et salaires et précomptés aient reçus un échéancier de cotisations. Si cela vous arrive, on vous indique de contacter l’Urssaf pour rectifier la situation.

• La bonne nouvelle technique : auteurs et autrices en Traitements et salaires et précomptés feront leur déclaration en avril via le portail artistes-auteurs, déclaration qui devrait être pré-remplie directement avec la liste des diffuseurs ayant reversés leurs cotisations. Ce serait donc enfin la fin de l’infernale déclaration Agessa/MDA à remplir soi-même.

• À terme, l’espace artistes-auteurs doit être équipé d’un système permettant à chacun de moduler de lui-même ses cotisations.

Pour les artistes-auteurs ayant déjà une activité avec un numéro SIRET + une activité créative, il y a manifestement un gros bug, toujours irrésolu à ce jour.

• Nous en avons profité pour demander à quelle date serait reversée la compensation de la CSG, puisqu’aucune information n’a été communiquée pour le moment sur le versement.

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Table ronde consacrée au statut des auteurs, Salon du livre de Paris, par Nicolas Gary, 16 mars 2019

Le métier d’auteur, une “profession” qui dérange ?

La notion de métier, dans le cas des auteurs, éprouve quelques difficultés à entrer dans les esprits. Certainement parce qu’elle est également liée à l’idée de professionnalisation — encore peu en vogue. Le Centre national du livre accueillait une table ronde sur ce sujet, éminemment d’actualité.

Auteur, un métier ?

Étaient présents pour une table ronde à Livre Paris Denis Bajram (vice président de la Ligue des auteurs professionnels – au micro), Pascal Ory (Président du CPE), Louis Delas (membre du bureau du SNE) et Nicolas George (ministère de la Culture). Pour la première fois, la question de la « profession » des auteurs et autrices était posée entre plusieurs organisations représentatives du secteur.
En introduction, nous l’évoquions, Samantha Bailly a fait une intervention remarquée sur les problèmes d’égalité qui concernent les autrices (36 % d’autrices affiliées à l’AGESSA, 28 % d’écart médian dans les revenus entre les hommes et les femmes selon l’Observatoire à l’égalité), insistant sur le fait « qu’une création reflétant une véritable diversité sociale, et pas uniquement les voix d’un certain milieu, cela passe par un métier reconnu et protégé ».

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Communication de Nicolas Ancion
Photographie d’illustration : ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

RETOUR SUR LES 1° ASSISES DE LA LITTÉRATURE JEUNESSE

écrit par Samantha Bailly, présidente de La Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse

On peut consulter le programme complet de l’événement sur le site ActuaLitté

Le stand de La Charte, par Anouk Ricard - Salon du Livre et de la Presse Jeunesse (SLPJ) - Montreuil

« Hier (2 octobre) avaient lieu les premières Assises de la littérature jeunesse, à la BNF, organisées par le Syndicat national de l’édition jeunesse.
Première chose : bien sûr, tout le monde se réjouit qu’existe un premier événement interprofessionnel de cette ampleur autour de la littérature jeunesse, sans aucun doute. C’est un pas immense vers la reconnaissance de cette littérature, encore bien souvent mal considérée. Un lieu où l’on peut se rencontrer, échanger. La table ronde à laquelle je participais s’intitulait « La relation auteur-éditeur : création et prise de risque ». Je soupirais d’avance. Dichotomie de l’auteur créatif et de l’éditeur qui prend le risque. Et le risque de l’auteur ?
J’y suis allée et suis intervenue non pas pour parler de moi ou raconter une histoire. Une belle histoire, j’en ai une : Samantha Bailly, 28 ans, vit de sa plume depuis 6 ans, premier roman publié tôt, des ouvrages ayant trouvé leur public, un scénario de film… enfin, ça, c’est pour la version publique, celle que l’auteur balbutie avec émotion, si heureux et chanceux d’être publié, ayant peur de commettre une fausse note dans la mélodie du bonheur que l’on aime fredonner sur scène — l’art de la représentation. Cela a été un chemin, avant de trouver l’équilibre, de déchiffrer cet univers. Aujourd’hui, je collabore avec des éditeurs ayant compris et écouté mes problématiques : je les en remercie chaleureusement, car malgré les difficultés rencontrées, je crois à ce tandem auteur-éditeur.
Sur ma chaîne YouTube, je m’évertue chaque jour à montrer l’envers du décor, dans les moments de pur bonheur, dans le travail, les collaborations fructueuses, les déplacements, les questionnements, les déceptions, la créativité, la réalité de ce qu’est l’édition aujourd’hui : une industrie culturelle.
Durant ces Assises, chaque maillon de la chaîne du livre a pu exposer sa fonction, son rôle, parfois ses problématiques. Je suis pour l’empathie, la compréhension mutuelle, le pas vers l’autre. Les éditeurs clament leur fragilité. Les libraires également. Nous les entendons, en sachant que derrière éditeur, libraire, il y a bien des réalités différentes. Mais dès que l’on évoque la prise de risque et la fragilité de l’auteur, la réaction qui revient est une forme de crispation « ne dis pas cela, nous sommes dans le même bateau ». Lire la suite…