Deux poèmes écrits tout à l’heure, sans haine, croyez-le, mais avec une froide tristesse.
L’année dernière certains de mes poèmes sur la guerre ont été publiés dans la revue Bacchanales. Je croyais la guerre ailleurs….
Janine Teisson
Puisqu’ils aiment tant
La mort,
Donnons-la leur.
Amoureux de la mort
Serviteur de la mort
Instrument de la mort
Je vous hais
d’une haine qui vient
de la terre
lave froide
qui monte dans mes jambes
va jusqu’à mon cœur
incendie et glace
mon cerveau.
Je me retiens
d’avoir pitié de vous.
Pourquoi ?
Vous n’auriez pas pitié de moi
Vous n’avez pas eu pitié
De la vie toute fraiche
De l’éclat de rire brisé
De l’effroi de qui voit sa mort
Trop tôt
Trois fois trop tôt.
Vous n’avez pas eu pitié.
Ni d’eux ni de vous
Météorite de la haine
Noire dedans
Noire dehors
Nous devons vous détruire
Avant que vous touchiez
Notre terre.
Et voici un des poèmes édités dans Bacchanales.
Alger, Oslo, Homs
Elles aiment les chairs fermes,
Et qui rebondissent,
Les muscles serrés
Sous la peau élastique
Et douce
Presque enfantine
Les os nacrés
Les duvets impalpables
Les bouches gonflées
Les viscères intacts dans leur fine enveloppe.
Le sang clair et joyeux à en boire.
La transparente clarté des yeux neufs
Elles les aiment,
Les balles.
Photographie : Hommage aux victimes de Paris à Katmandou.











