Lancement de l’enquête sur la situation économique et sociale des auteurs du livre affiliés à l’Agessa

le-philosophe-by-andre-marin-de-barrosL’environnement technologique, économique et culturel de la chaîne du livre connaît une profonde mutation depuis plusieurs années. Dans ce contexte mouvant, la situation se révèle particulièrement préoccupante pour les auteurs et beaucoup s’estiment d’ores et déjà précarisés, paupérisés, fragilisés. Dès lors, c’est l’existence même de l’activité de création qui risque d’être menacée.
Aux côtés des associations d’auteurs et en lien avec le ministère de la culture et de la communication, le Centre national du livre a donc confié à l’institut People Vox la réalisation d’une enquête, destinée à connaître les activités professionnelles et les revenus des auteurs du livre, de la manière la plus exhaustive possible, pour in fine mieux les accompagner et les soutenir.
La participation à cette enquête, via le questionnaire adressé à l’ensemble des auteurs du livre affiliés à l’AGESSA, est essentielle. L’implication de chacun et la précision des réponses seront, en effet, particulièrement précieuse : mieux nous connaîtrons les auteurs du livre, mieux nous pourrons mettre en œuvre des mesures d’accompagnement et de soutien idoines.
Les réponses reçues sont totalement anonymes et traitées en toute confidentialité par People Vox, à des fins purement statistiques.

Si vous avez reçu le questionnaire, vous pouvez y répondre soit par voie postale avant le 7 novembre 2015, soit en ligne avant le 11 novembre 2015, en vous connectant à l’adresse www.enquete-cnl-affilies.fr , muni du numéro d’accès personnalisé figurant en en-tête du questionnaire.
Les résultats de l’enquête seront publiés au cours du premier trimestre 2016.

Membres du Conseil Permanent des Écrivains :
ADAGP – ATLF – CHARTE DES AUTEURS JEUNESSE – COSE CALCRE – EAT – MAISON DE LA POESIE – PEN CLUB – SACD – SACEM – SAIF – SCAM – SELF – SGDL – SNAC – UNION DES POETES ET CIE – UNPI – UPP

Illustration : Le philosophe, d’André Marin de Barros

Préserver le droit d’auteur

Europe : protégez les auteurs, préservez le droit d’auteur !

Europe

Inquiets des projets actuels de réforme du droit d’auteur en Europe, des auteurs européens de livres ont rédigé une lettre ouverte aux instances européennes pour les appeler à préserver le droit d’auteur, garant de la liberté des créateurs et de la vitalité de la littérature européenne.
Tous les écrivains, essayistes, nouvellistes, poètes, auteurs jeunesse, traducteurs, auteurs de BD de tous les pays d’Europe sont invités à signer la lettre ouverte en ligne et toutes les organisations européennes d’auteurs du livre à se joindre à cette initiative pour la relayer.

Pour lire et signer la pétition, cliquer ci-dessous
LETTRE OUVERTE DES AUTEURS EUROPÉENS DU LIVRE

Le Conseil Permanent des Écrivains, qui en a pris l’initiative, signale que la lettre ouverte est traduite en plusieurs langues (vous les trouverez sur le site de la pétition) et demande de relayer aux organisations et auteurs européens.

Again, life is a gift, de François Szabó

Again, Life is a Gift !, poésie, avant-propos de Mandal Bijoy Beg, éditions HOLI (Home Of Letters India), septembre 2015

Couv_SZABO_ life is a gift

Dans ce recueil de150 poèmes en anglais, une citation de vers du poète russe Ossip Mandelstam peut éclairer le propos : Un corps me fut donné – pour quelles fins ? Chant de la vie que ces poèmes courts et vifs où le rythme interne bat à la cadence de celui du cœur. La musicalité non fortuite unifie l’ensemble et transmet un message de paix.

My poetry is my way of life, it’s fusion with the cosmos, it’s every glance of day, it’s the waiting of the surprise at each moment. It’s respiration, weak or strong respiration and then blood beat in my body…

 

Adoption du rapport Reda

un article de la SGDL, relayé par Joëlle Wintrebert

Chapelle Sixtine

Vendredi 17 juillet 2015

La SGDL est globalement rassurée mais reste vigilante suite à l’adoption par le Parlement européen du rapport de Julia Reda.

Le rapport de la commission juridique sur l’évaluation et la révision de la directive de 2001 sur le droit d’auteur a été adopté par le Parlement européen le 9 juillet 2015. Contrairement au texte initial présenté par le rapporteur Julia Reda, le texte adopté apparaît relativement équilibré entre nécessaires évolutions et respect des principes du droit d’auteur.
Les dispositions les plus inquiétantes pour l’avenir du droit d’auteur ont été écartées, en particulier le principe d’une généralisation des exceptions ou limitations au droit d’auteur sans rémunération pour les ayants droit.

Le communiqué du Parlement européen rappelle toutefois qu’il ne s’agit ici que d’une première étape et que « la Commission européenne devrait présenter une proposition d’ici fin 2015 afin de moderniser le droit d’auteur de l’Union Européenne pour l’adapter à l’ère numérique ».
La demande réitérée du Parlement de « revoir les exceptions en vigueur dans les législations sur le droit d’auteur » et « d’analyser la possibilité d’introduire une exception permettant aux bibliothèques de prêter des œuvres sous format numérique » reste toutefois préoccupante.
Le Parlement souhaite en revanche la mise en œuvre de « mesures visant à garantir une rémunération équitable et appropriée pour toutes les catégories de détenteurs de droits, notamment en ce qui concerne la distribution numérique de leurs œuvres, et visant à améliorer la position contractuelle des auteurs, interprètes ou exécutants par rapport aux autres titulaires de droits et intermédiaires », ce dont nous ne pouvons que nous réjouir.
L’inacceptable irresponsabilité des intermédiaires du net vis-à-vis de la diffusion de contenus illicites et l’absence d’harmonisation fiscale entre les grands opérateurs de la diffusion numérique devront également être portées au débat qui occupera tous les acteurs au second semestre 2015.

Le Forum de la SGDL du 22 octobre 2015, consacré à l’avenir du droit d’auteur en Europe, sera l’occasion de débattre de ces sujets déterminants pour l’avenir de la création et des auteurs et de réaffirmer clairement nos positions.

Le rapport Reda expliqué

Illustration : La Chapelle Sixtine
(Ses peintures sont tombées dans le domaine public depuis des décennies, toutefois ses photographies ont longtemps fait l’objet de droits exclusifs au profit d’une entreprise japonaise.)

La discrétion de Pierre-Albert Clément

Pierre CLEMENT à Champdomergue - FR3,2005

Pierre-Albert Clément est décédé à Alès, le 26 novembre dernier. Je l’ai appris hier seulement par son fils à travers un courrier électronique.

Je l’avais rencontré il y  une bonne quinzaine d’années. J’étais alors jeune écrivain et j’avais pu mesurer combien il lui plaisait d’accueillir celui qui débute et cherche ces marques dans ce monde particulier qu’est l’écriture. Un jour de dédicaces dans une librairie d’Alès, il m’avait invitée au restaurant et m’avait mise en contact avec une journaliste qui aimait les romans et leur consacrait des articles — elle aussi est partie il y a quelques années. Je n’oublierai jamais ce mouvement si amical de sa part, presque tendre, que je n’aurais sans doute pas obtenu de mon propre père, d’autant qu’il n’attendait rien en retour sinon un simple sourire.

Pierre-Albert, je connaissais peu, enfin tout de même suffisamment pour l’embrasser quand nous nous rencontrions dans un salon du livre et échanger des propos à propos de l’évolution numérique, de la disparition de certaines maisons d’édition et de nos projets d’écriture. Je le savais grand historien et amoureux du vieux Montpellier, également des Cévennes, des passions dont il ne faisait pas étalage. Il ne parlait pas davantage de son passé engagé, de sa famille. Chez lui, discrétion et grande gentillesse.
Une chose me troublait, son handicap, quand bien même il n’en faisait pas état et ne réclamait jamais l’aide de personne. Était-ce sa main, son avant-bras, son bras qui avait été touché et amputé ? Je n’ai la réponse qu’aujourd’hui : c’est en 1944 qu’il l’avait perdu et tout entier. Il était âgé de 20 ans. Et c’est vers lui que vont aujourd’hui toutes mes pensées, convaincue qu’il serait heureux de savoir qu’à présent je demeure en Cévennes, son pays tant aimé.

Françoise Renaud

Midi Libre lui a rendu hommage : Pierre-Albert Clément n’est plus, novembre 2014

Tintamarre à la ferme, de Marie-Hélène Lafond

1ère de couv, Tintamarre à la ferme, de Marie-Hélène LAFOND

 

 

 

 

 

Tintamarre à la ferme, album, illustrations de Marie-Pierre Tiffoin, coll. Jeunesse, Livr’s Editions, mai 2015

Dans la chaleur de l’après-midi, Horace le chat s’ennuie.
Il ne se passe jamais rien dans cette ferme. Chacun reste dans son coin, personne ne s’intéresse à son voisin. Mais que pourrait faire Horace pour changer la situation ? Soudain, il a une idée de génie…

L'ombre des femmes, de Philippe Garel

Un article de Jean Azarel

affiche L'ombre des femmes

Après s’être quelque peu perdu dans des films en couleur un rien maniérés, Philippe Garrel retourne aux sources et redevient avec L’ombre des femmes le magicien qu’il est depuis un demi-siècle. En 1971, je découvrais son premier long métrage underground culte, La cicatrice intérieure avec Pierre Clémenti et la muse-compagne qui bouleversa sa vie et son cinéma, la chanteuse Nico. Les membres de ce trio, par leur créativité, leur singularité, et osons le terme, leur romantisme, ont aussi bouleversé mon existence. Je n’ai jamais depuis cessé d’aimer ce grand frère intransigeant de Garrel, cinéaste de la pauvreté (il fut un temps où il tournait à la caméra à la manivelle avec les bouts de pellicule ramassés dans les poubelles), peintre et graveur génial des tourments sentimentaux extirpés des regards de ses modèles. Conteur d’histoires finalement simples comme la vie, même si la nature humaine les complique exagérément.
Dans L’ombre des femmes, celui dont on a dit qu’il avait « une caméra à la place du cœur », servi par un noir et blanc magistral, la musique minimaliste de Jean-Louis Aubert, et la concision du discours (durée 1h13), déroule fusion passionnelle, effritement du couple, trahison, amants de secours, remords puis pardon, petits arrangements entre amours, réconciliation finale, bien que le happy end laisse planer le doute. On retrouve en filigrane les obsessions habituelles de Garrel magnifiées par l’image : les vicissitudes de l’art, la nécessité du mensonge, les chambres d’hôtel minables et les intérieurs chiches, l’inéluctable de la perte, le masochisme du manque, l’inconstance humaine.
Les personnages principaux d’un triangle intemporel sont joués par Clotilde Courau qui campe une épouse amoureuse époustouflante de dignité et douleur longtemps contenue avant d’exploser. Elle donne la leçon, au sens noble du terme, à Stanislas Mehrar, le mari, veule et buté à souhait. Car l’ombre des femmes, de cette femme en particulier, cache une lumière trop forte pour l’homme qui la reçoit, d’autant plus forte qu’il est déjà aveugle de trop d’orgueil. En contrepoint, la jeune maîtresse jouée tout en pulpe et sensualité par Léna Paugam s’agite comme un fanal éclairant la nuit de l’antihéros mal en point. Ici, la chair est gaie pour un temps, passant de l’ombre à la lumière, mais vouée à tomber brutalement dans l’obscurité de la rupture. Avec L’ombre des femmes, plutôt encensé par la critique, Garrel construit obstinément à travers les décennies le puzzle d’une œuvre unique, détestée ou vénérée, en maître des émotions, pour un public qu’on peut souhaiter enfin moins maigre que d’habitude.

L'ombre des femmes

L’appel de Londres, de Philippe Castelneau

L’appel de Londres, récit, collection publie.rock,  éditions publie.net, juin 2015

1ère de couverture, L'appel de Londres, Philippe CASTELNEAUAu prétexte d’une visite de quelques jours, l’écrivain élabore un journal de ses déambulations londoniennes. Mais les villes que l’on arpente sont nappées de souvenirs, et l’écriture se mélange aux récits de l’enfance, de l’adolescence, au saut dans le vide de l’âge adulte.
Il sonde le temps et l’espace, invoque Dylan Thomas et Sid Vicious, croise Alan Moore et les Beatles, se souvient d’Oscar Wilde et des Smiths. La ville elle-même est une errance. Au fond, il se sert de la musique et de la culture pop comme d’une langue pour se raconter lui, en creux, avec pudeur et élégance, dans un voyage sincère, vivant.

Pour en savoir plus, éditions publie.net

Pascal Gabellone in memoriam

Un hommage rendu par François Szabó au poète

Pascal Gabellone, dessin de Jacques Basse

Pascal Gabellone nous a quittés en mai 2015, mais demeure la trace qu’il a laissé à ses proches ainsi qu’à ses collègues, ses élèves, ses lecteurs. Son art consommé de la tendresse et de la finesse de son appréhension du monde.
Une sensibilité artistique que l’on retrouve dans son œuvre poétique et critique : Que ce soit dans La Blessure du réel où l’artiste est à l’épreuve du monde, expérience charnelle et parfois tragique où l’art permet la cicatrisation et la spiritualité la sublimation, ou que ce soit dans L’Inhabité où l’on retrouve la douleur peu à peu éloignée où la distance et l’absence sont apprivoisées.
Il est notable que sa dernière publication à ce jour, essai en italien publié chez Anterem Fra Terra e Cielo marque la résidence du poète sur Terre puis au Ciel.
Ses compagnons littéraires de vie : Ungaretti par l’expérience vécue transmise, Paul Celan pour la catharsis et l’art en marche, Mallarmé pour l’abstraction restreinte, compagnie jamais défaillante qui lui permit d’œuvrer sur le poétique, quête et mode de vie adoptée au quotidien.
C’est avec Un regard sur les confins, sous-titre de Fra Terra e Cielo, que son attention s’est portée aussi sur les présences splendides de Blanchot et Leopardi, où l’écriture est un champ d’exploration et un chant salvateur.
L’ultime demeure, il l’a trouvée, après cet écart entre Terre et Ciel. Si loin et si proche dans la teneur sensible, topos de toutes les réconciliations et avec la sérénité dans la grâce.

 Illustration : Portrait de Pascal Gabellone, dessin de Jacques Basse

La première phrase est une question, de François Szabó

1ère de couverture, ouvrage de François SZABOLa primera frase es una pregunta / La première phrase est une question, éditions El Taller del Poeta (Espagne), 2015

Recueil bilingue espagnol / français traçant un itinéraire du doute et de l’expression comme acte créateur de littérature et de vie. Poème de l’ontologie presque en prose mais où la poésie est l’axe autour duquel toute l’existence est requise jusqu’à son dénuement.

Une voix de parole et d’extase, de François Szabó

couv_SZABO2Une voix de parole et d’extase, éditions Société des Poètes Français, 2015

Recueil poétique où le verbe anime et réveille la vie, où la quête existentielle est quotidienne entre sédimentation et souhait de sublimation. L’espace démesuré dans lequel nous nous mouvons peut-être source de nihilisme ou d’admiration. La vérité propre est entre les deux.