Expo Doïna Vieru, maison galerie Borromée, Montpellier | du 20 avril au 2 mai 2026

avec des textes de nos poètes Michaël Glück et Luminitza C. Tigirlas

Genèse de l’exposition 

Quito, Équateur, 2012, Doïna Vieru intitule son exposition : EU, « Je » en Roumain, sa langue maternelle. Un siècle plus tôt, Maïakovski donne pour titre, à son premier recueil de poésie, Moi-même (1912). En 1913, le poète futuriste russe écrit une tragédie intitulée Vladimir Maïakovski. De tels créateurs ne se cachent pas, ne se dissimulent pas derrière leurs œuvres. Doïna Vieru, comme Maïakovski, s’expose pleinement, effrontément. L’artiste impose à nos regards son élan de vie joyeux et grave. Son abstraction libre est un acte vivifiant dont nous pouvons nous soutenir. La culture demeure un des remparts à la barbarie, aux enfermements sanitairement exigés ou pas.  Qu’importent les raisons, un enfermement vient heurter la fragile liberté de chacun, l’illusoire liberté individuelle.

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Nible. L’oubli en deuil de son écorce, de Luminitza C. Tigirlas

Nible. L’oubli en deuil de son écorce, poésie, éditions du Cygne, Paris, France, mars 2026
Dessin de couverture : Doïna Vieru, artiste-peintre

L’oubli et son impossible plongent tour à tour dans le temps pour ressortir avec les mots du souffle qui décante les corps subtils de lumière et des ténèbres, reperdus et retrouvés, au plus près de l’instant, de l’intime, de la sensualité, des mystères et de leur exil. Le dire s’enroule avec une mémoire spoliée de ses lieux, mémoire trouée, censurée, mémoire s’éveillant en sursauts. Le jour où la poète fut saisie par la proximité d’un lieu libre avec le ciel, les corolles d’amandiers se défaisaient de leurs songes.

À La Roche-sur-le-Buis, les Drômois appellent La Nible une roche et son lien dans l’infini, ce titre émane d’elle comme un don de liberté.

Composition en trois mouvements :
Sur l’autre versant de la soif ; Densifiant les sillons de paroles ; La présence d’un pain invisible.

Chez l’éditeur
Page-auteur de Luminitza C. Tigirlas
 

EXTRAIT (p 11)


L’aigrette du sorgho m’envoie des signes
gestes larges me font comparaître
devant l’air
et la petite graine insurgée en panicules
Sur l’île où l’océan m’a harponnée,
d’un reste de voix
j’expose mes témoins aux lâchetés en cours
devant l’air
Aux parois d’embruns l’étau m’oppresse
la vapeur fume le poison de nos déchets
Suspendue aux lèvres sans paroles,
en poussière d’eau mon être frémit :
L’air vient à manquer aux enfants
le silence de la faim les creuse
ils s’époumonent sans voix,
les ordures fouillent leurs mains
le tri inverse le décompte
Ma mort sans regard est dans les yeux
de ces trieurs toujours baissés,
nos immondices n’ont pas de ciel

Gherasim Luca : ZÉros en Lucaphonie, de Luminitza C. Tigirlas

Gherasim Luca : ZÉros en Lucaphonie, essai littéraire, éditions du Cygne, septembre 2024
Illustrations : Doïna Vieru, artiste-peintre

 

LUCAPHONIE est le nom que je donne à un univers poétique qui fascine comme le chant du serpent et dont on ne sort pas le même, car avec Gherasim Luca on se laisse aspirés dans le tourbillon langagier qu’il dirige en maître, tourbillon qui forme-déforme tout une glèbe phonétique vocalement et graphiquement. C’est le terrain d’un jeu-ravinement de vie et de mort avec le langage que le poète mène seul à seul, dans des corps à corps sensuels jusqu’à l’animalité du cri et souvent dans la fureur de l’ironie. C’est le Trou de sa dette de nom, de père et de perte. À dix-sept ans Salman Locker de Bucarest s’autoproclama Gherasim Luca (1913-1994). Une lignée de suppléance s’invente au cours des années pour le poète, orphelin du (Z)Eros qui fait Un avec le Trou d’obus où fut déchiqueté son père. L’aboutissement auquel tend le poème proféré L’Autre Mister Smith, poème qui m’interpelle tout particulièrement, serait celui d’arracher le nom (de) Gherasim Luca au vrai-Gherasim Luca dans le combat entre les deux entités…

lien vers les éditions du Cygne

‘Auteurs, autrices en lecture’, Comédie du livre | Auditorium du Musée Fabre, Montpellier, 19 mai 2024

AUTEURS, AUTRICES EN LECTURE
Comédie du Livre – 19 mai 2024
CHOC DES IMAGINAIRES

dimanche 19 mai de 11 h à 12 h 30
Auditorium du musée Fabre, Montpellier

Comme chaque année à l’occasion de la Comédie du livre, Autour des Auteurs et Occitanie Livre & Lecture ont le plaisir d’organiser la représentation Auteurs, autrices en lecture. Elle sera donnée le dimanche 19 mai de 11 h à 12 h 30 à l’auditorium du Musée Fabre. La Comédie du Livre faisant part belle aux littératures de l’imaginaire, six auteurs, dont trois Adaïstes vont proposer des lectures extraites d’une de leurs œuvres autour du thème « Choc des Imaginaires ».

– Chantal Armagnac : La Femme-lune
– Jérémy Behm : Cora, la légende du lac
Philippe Castelneau : Motel Valparaiso
– Amélie Louis : Tuer le loup
– Pascale Thomas : Une odeur de chant d’oiseau
Luminitza C. Tigirlas : Le dernier cerceau ardent

Ils seront accompagnés du Handpaniste Laurent Sastre. Nous espérons vous y retrouver nombreux.

Sylvie Léonard est coordinatrice de l’événement pour ADA.

    

 

Le dernier cerceau ardent, de Luminitza C. Tigirlas

Le dernier cerceau ardent, poésie, éditions du Cygne, Paris, septembre 2023
dessin de couverture de Doïna Vieru

 

Ce neuvième livre de Luminitza C. Tigirlas est composé de 4 suites de poèmes en vers et en prose. Leur souffle est rythmé par les réverbérations d’une langue intime déchiquetée entre deux alphabets, entre deux rives : « Avant que la glace ne dentelle la voix de Pyreta-rivière, l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi, l’ensemence de poèmes émiettés en feux-follets. Leur respiration fait fondre la frontière. »
La poète traverse une mémoire vibratile, sa voix hèle un brin de matricaire dans les fanges temporelles — approchez mains nues, ne tirez pas !

 

 

EXTRAIT

À l’aiguillage d’une ligne de feu
— ligne d’alphabet —
ma main rate le tournant
vers l’armoise
L’horizon des mots se courbe,
son pourtour ardent
est mon cerceau de survivance
Le fauve humain se hérisse devant
la honte rouge ploie mon dos :
j’atteins le saut —
en mille éclats il m’engage
L’ouvrage de mes jours s’exfolie
il répond par une dernière ligne
— langue à trous —
Par-delà, Dieu reprend l’aiguillage :
il est aussi transfuge dans la béance

 

INCONSCIENT & RÉVERBÉRATIONS POÉTIQUES – Séminaire de Luminitza C. Tigirlas, Gazette Café, Montpellier, 15 avril 2023

Dialogue de Luminitza C. Tigirlas, poète et psychanalyste à Montpellier, avec Lili Frikh, poète, à partir de ses livres.

 

Entrée libre

Inscription préalable auprès de Luminitza Claudepierre Tigirlas : luminitza.tigirlas@gmail.com

 

Séminaire INCONSCIENT & RÉVERBERATIONS POETIQUES – Luminitza C. Tigirlas reçoit le poète Stéphen Bertrand – Montpellier, 10 déc 2022

Trouver son propre langage dans une langue : le « savoir-faire » de l’écrivain.

Dialogue de Luminitza C. Tigirlas, poète et psychanalyste à Montpellier, avec Stéphen Bertrand, poète, à partir de ses livres.

Petit-Théâtre du Gazette-Café
en partenariat avec La Fondation Européenne pour la Psychanalyse (FEP)

Création&Psychanalyse: réverbérations | séminaire, 8 octobre 2022 | Gazette café Montpellier

INCONSCIENT & RÉVERBÉRATIONS POÉTIQUES

Luminitza C. Tigirlas, poète et psychanalyste, reçoit la poète Anne-Marie Jeanjean au Petit-Théâtre du Gazette-Café pour discuter à partir de ses livres autour du « savoir-faire » de l’écrivain dans la langue.

 

Création&Psychanalyse : réverbérations – un séminaire proposé par Luminitza C. Tigirlas, Gazette café, 16 avril 2022

Luminitza C. Tigirlas reçoit la poète Sylvie Durbec au Petit-Théâtre du Gazette-Café pour discuter à partir de ​ses livres Ça, qui me poursuit, Fughe, Territoire de la folie et d’interroger plus particulièrement le rapport à la mort des écrivains Jacob Lenz, Adalbert Stifter, Robert Walser, Georg Trakl​, etc​.