URSSAF/SIRET/BNC : le point par La Charte

On rappellera que La Charte a résolument pris partie pour que toute animation, non seulement en milieu scolaire, mais aussi dans le cadre de rencontres ou de festivals, soit rémunérée sur facture, et donc oblige l’auteur à produire un numéro de Siret.
Comme rappelé récemment, ce n’est pas encore sûr. Beaucoup d’auteurs qui n’interviennent pas en milieu scolaire se satisfaisaient très bien d’être payés en traitements et salaires, avec prélèvement du précompte par le diffuseur. La SGDL assurait encore récemment que ça ne devrait pas poser de problème, et il semble que le ministère de la Culture lui donnerait raison.
Quoi qu’il en soit, je vous passe le post ci-dessous parce que beaucoup d’auteurs n’arrivent toujours pas à créer de compte Urssaf, et d’autant plus quand ils ont déjà un Siret de micro-entreprise. La Charte explique comment procéder dans ce cas (ajouter le code APE à votre numéro de Siret actuel, vous déclarez ensuite sur deux lignes distinctes).
Bon courage, quoi qu’il en soit.

Joëlle Wintrebert

 

COMMUNICATION DE LA CHARTE, 16 avril 2021

Le premier trimestre 2021 aura été l’occasion de quelques échanges avec l’Urssaf du Limousin et le ministère de la Culture sur les sujets sociaux et fiscaux. Échanges sur les cas concrets que vous nous faites remonter ainsi que sur toutes les problématiques que nous soulevons. L’occasion est venue de faire un point avec vous sur ces dossiers.

RAPPEL : le statut social et fiscal des artistes-auteur·rices clarifié

L’État a publié en septembre une note d’information clarifiant la situation sociale et fiscale des artistes-auteur·rices, précisant du même coup les modes de paiement en fonction des activités artistiques réalisées.

L’objectif de cette mise au point est d’arrêter le bricolage et l’à-peu-près qui entourent depuis des décennies le statut social et fiscal des auteurs et autrices.

Le point sur le SIRET et le BNC

RAPPEL : pourquoi et comment obtenir un numéro de siret

Il est nécessaire d’avoir un numéro de siret pour émettre des factures et percevoir les revenus artistiques issus des rencontres et ateliers réalisés en salons du livre, établissements scolaires, médiathèques, etc. Lire la suite…

Report des cotisations URSSAF

une commmunication de la SGDL, 12 avril 2021

JOINDRE L’URSSAF à coup sûr ici

L’URSSAF vous offre la possibilité de reporter la date de paiement de vos cotisations dues au second trimestre 2021.
Comme pour l’échéance du 1er trimestre 2021, ce report ne donnera lieu à aucune pénalité ou majoration de retard. Cette mesure intervient afin de tenir compte de l’impact des mesures gouvernementales sur votre activité. La date de report de ce paiement sera communiqué ultérieurement par l’Urssaf.

Si vous le souhaitez, vous aurez néanmoins la possibilité de payer tout ou partie des cotisations dues au 2ème trimestre :

Soit en activant de nouveau le télépaiement à compter du 30 avril 2021 (bouton « payer maintenant ») dans votre espace personnel. Le prélèvement interviendra alors le lendemain de la réactivation de votre télépaiement ;
Soit en procédant au paiement :

  • par carte bancaire en vous connectant à votre espace en ligne (vous pourrez dans ce cas opter pour des paiements partiels échelonnés) ;
  • par virement bancaire auprès de l’Urssaf Limousin ;
  • par chèque établi à l’ordre de l’Urssaf Limousin – en précisant, au dos du chèque, votre numéro de compte (748…..), ainsi que l’échéance concernée (2e trimestre 2021) – à adresser à : Urssaf Limousin – Pôle artistes-auteurs – TSA 70 009 – 93517 Montreuil cedex

Vous pourrez retrouver l’ensemble des informations relatives à cette mesure sur sur le site de l’URSSAF.

Migre déraciné un temps, de Pierre Ech-Ardour

Migre déraciné un temps, poésie, éditions Levant, avril 2021
illustration de 1ère de couverture : Vague à l’âme. Lueur de vie, 2018, Étienne Schwarcz (peinture sur papier d’art 100 x 100 cm)

 

Le recueil contient cinquante-cinq poèmes écrits au jour le jour d’une période privée de liberté durant laquelle l’espoir n’a jamais cessé de motiver le calame, d’inscrire en la temporalité de l’expérience la nécessité de clamer son souffle et d’affranchir sa poésie.

Gisaient des ombres en le repli des libertés. M’interpellait le joug de déshumanisation.  Chaque mot sur le chemin de la langue discernait en le temps et un lieu le dépassement de mon enfermement. Sédentarisée courait en conscience l’inspiration jusqu’à m’ouvrir salvateurs des horizons, nouvelles des pistes d’errance.  Jour après jour, prégnante pointait en le souffle de mes mots, expressive l’écoute d’un monde en déviance. L’apparence diaphane masquait le visage. Imprévisibles les distances creusaient les écarts. Messagères des possibles et contraires sapèrent les influences espérance et confiance. (Note de l’auteur)

L’édition originale comporte 300 exemplaires dont 50 numérotés signés de l’auteur et du peintre.

Fonds de solidarité pour février

une communication d’Aurélie Breton, chargée de mission Artistes-auteurs, délégation aux politiques professionnelles et sociales des auteurs et auxpx: politiques de l’emploi, direction générale de la création artistique

Nous vous informons que le formulaire du fonds de solidarité au titre du mois de février 2021, pour les artistes-auteurs déclarant leurs revenus en traitement et salaires (TS), est désormais en ligne.
Il est accessible ici et la demande peut être déposée jusqu’au 30 avril 2021.

Pour rappel, les artistes-auteurs déclarant leurs revenus en BNC peuvent faire leur demande sur le site des Impôts  dans leur espace particulier, au titre du mois de février.

Attention, nous vous rappelons que le choix du chiffre d’affaires de référence pour le calcul de l’aide – c’est-à-dire soit le chiffre d’affaires du mois 2019, soit le chiffre d’affaires mensuel moyen de l’année 2019 – ne sera plus possible dans la prochaine version du formulaire qui sera déployée. Le chiffre d’affaires de référence 2019 à indiquer sur le formulaire du mois de mars devra reconduire l’option choisie au titre de l’aide pour le mois de février 2021.
Le mode de calcul choisi pour le revenu de référence de février (février 2019 ou la moyenne mensuelle sur l’année 2019) s’appliquera donc obligatoirement pour les mois à venir. Ce choix est donc déterminant et nous vous invitons à le faire avec précaution.

 

Arrêt de commercialisation des ouvrages : une procédure simple, rapide et efficace

une communication SGDL du 29 mars 2021

La SGDL et le Conseil Permanent des Écrivains ont signé, avec le Syndicat national de l’édition (SNE) et la société DILICOM, le vendredi 26 mars 2021, une convention formalisant la procédure assurant aux auteurs un moyen d’obtenir l’arrêt de commercialisation de leurs livres lorsqu’ils en ont récupéré les droits, conformément aux dispositions légales relatives à la résiliation de plein droit du contrat d’édition.
Ainsi si vous avez recouvré vos droits, mais que vous constatez que vos ouvrages sont toujours commercialisés, vous pourrez solliciter notre service juridique.
Ce dernier instruira les demandes, après s’être assuré de la régularité de la procédure de résiliation du contrat. Après vérifications auprès de l’éditeur, nos juristes demanderont à la société DILICOM de placer les ouvrages concernés en « arrêt de commercialisation pour motif juridique » dans son Fichier Exhaustif du Livre (FEL). Lire la suite…

Pollen, de Joëlle Wintrebert

Pollen, anticipation, collection Les Poches du Diable, éditions Au diable vauvert, mars 2021
Illustration de couverture : Olivier Fontvieille


Sur Pollen, une civilisation matriarcale, utopiste et pacifiste maîtrise la reproduction par manipulation génétique et gestation in vitro.
Pour éradiquer la violence, elle a fait naître un garçon pour deux filles et relégué ses guerriers sur un satellite. Mais toute société de contrôle porte en elle les germes de la rébellion…

 

EXTRAIT

Mon arbre, avait-elle murmuré plus tard, tout son être réunifié, caressant de ses lèvres le néoderme sous lequel coulait la vie. Quand il y avait trop de questions, la sève donnait des réponses.
La nuit était très avancée quand elle avait appelé Kindia. La marraine n’était pas couchée. Elle avait attendu, patiente, non des excuses mais la preuve que Sahrâ n’allait pas se détruire. Oui, les guides croyaient bien faire en obligeant les jumelles de Sandre à reprendre une vie normale. Toute sollicitation paraissait préférable à l’enfermement du chagrin.
Et Sahrâ marchait, les doigts crispés sur la main de Salem, entre les cuves où se développaient les triades, écœurée de s’apercevoir que le processus n’était pas si différent de celui des cuves à viande dont on leur avait appris le fonctionnement six mois plus tôt.
Autour d’elles, des filles poussaient des trilles d’oiseaux excités. Sahrâ remarqua que beaucoup de garçons s’étaient séparés de leurs sœurs et, rassemblés, chuchotaient en regardant le système vasculaire des endomètres où circulait un sang artificiel mû par des pompes électriques.
La forte voix de Grimsel expliquait les mécanismes du développement depuis la formation du blastoderme. Une lumière rétroprojetée éclairait les matrices tour à tour, appuyant ses propos. Derrière les muqueuses villeuses aux veines rouges, on discernait des formes de moins en moins petites. Sahrâ tressaillit en découvrant dans plusieurs cuves des triades presque matures et qui se tenaient enlacées.
Elle ne doutait pas d’avoir étreint elle aussi son frère et sa sœur dans la matrice. La nostalgie la frappa si fort qu’un vertige la prit. Elle dut se cramponner à Salem pour ne pas tomber. Grimsel les surveillait sans doute, conscient de ce qu’on l’avait obligé à exiger d’elles, ce jour-là. En un instant, il fut là, soutenant Sahrâ, disant qu’il les dispensait de la partie théorique du cours, qu’il les autorisait à regagner leur nid.

Simplification du statut fiscal des auteurs

une communication de Joëlle Wintrebert, 27 mars 2021

ActuaLitté

Il semblerait que l’on s’oriente vers une simplification du statut fiscal des auteurs.
Le ministère aurait confirmé que les auteurs pourront conserver la possibilité de déclarer l’intégralité de leurs revenus artistiques soit en BNC, soit en traitements et salaires.
Si cela s’avère, les auteurs qui n’en ont pas ne seront pas obligés d’avoir un numéro de Siret pour leurs revenus accessoires, contrairement à ce qu’indiquaient en décembre dernier plusieurs associations.

Cela correspondrait à la 4e mesure de l’aide prévue par Roselyne Bachelot, aide, rappelons-le, dont la tiédeur (en rupture avec le rapport Racine) n’a pas fait l’unanimité parmi les auteurs.

Mais ladite mesure vise simplement à la prise en compte de la diversité des revenus principaux et accessoires des auteurs, comme déjà validé dans le décret du 28 août 2020, relatif à ces mêmes revenus.

Illustration site ActuaLitté, 12/03/2021

Place nette au CNL : le ministère de la Culture balaye toute dissidence.

article du 24/03/2021 – Nicolas Garry, site ActuaLitté

Les nominations dévoilées, le Centre national du Livre dispose donc d’un nouveau conseil d’administration : deux arrivées, donc deux départs, que l’on n’osera pas corréler. Pourtant, cette nouvelle composition interroge, autant qu’elle laisse songeur. Quels seront les interlocuteurs de la présidente, Régine Hatchondo, et quelle ligne forment-ils, en écho au ministère de la Culture qui les a nommés ?

Lire l’article ici

 

ActuaLitté

Crédit photo : ActuaLItté, 24/03/2021

Bien après les jours et les saisons, d’Annick Dénoyel

Bien après les jours et les saisons, essai autobiographique, éditions DÉMO, janvier 2021

Mené comme une promenade sur des chemins tant physiques que psychiques, à la frontière de l’autobiographie et de l’essai, le texte se saisit de quelques souvenirs pour les mettre en lien et montrer, non démontrer, la formation d’une pensée, d’une identité.
Partant d’expériences simples comme regarder un paysage ou, de plus près, une nature morte, le récit remonte aux épreuves les plus intérieures, fondatrices et universelles : apprentissage de la lecture et de l’écriture, découverte de la folie et de l’amour…

Que ce soit en contrepoint ou à titre principal, l’art accompagne continument le sujet mettant en œuvre les forces constructives de la création tandis que la quête de sens, avec les forces morcelantes de l’analyse qu’elle nécessite, le déconstruit. Entre images et mots, une forme propre à contenir une pensée et par voie de conséquence une vie, s’élabore.
Il devient dès lors possible de faire retour au monde et marcher le long d’une voie de tramway pour rencontrer le réel sous la figure d’une fleur.

 

EXTRAIT

Qu’un enfant s’ennuie, et le voilà qui, tout en tripotant un objet, ce peut être n’importe quoi qui fasse support à sa réflexion, tente quelques mots puis, si tout se passe bien, si on ne l’interrompt pas, ébauche une petite histoire qui, au fur et à mesure de ses audaces, s’affermit, s’articule et se construit. Du désir prend forme. Il apprend à lire puis à dire dans son livre intérieur. Ça commence là, la lecture. En soi. Dès tout petit, mais on ne le sait pas. Bien sûr, officiellement, on dira que j’ai débuté l’apprentissage de la lecture et de l’écriture avec ma mère, à l’école maternelle, en moyenne section, selon la méthode globale toute fraîchement sortie des directives académiques. J’avais trouvé cela facile : à une chose correspondait un mot et il y avait beaucoup de choses, donc beaucoup de mots. Ces mots par ailleurs je les connaissais puisque je les utilisais souvent mais la nouveauté consistait en ce que je pouvais les voir. Chacun avait une mine bien particulière. Fait d’un petit ruban, court ou long, il courait à l’anglaise sur une ligne horizontale imaginaire, compact et cohésif, avec des points ou des accents qui le coiffaient joliment. Il affichait fièrement son nom au regard d’une image qui lui était associée. Il fallait juste que je me souvienne de ce à quoi il ressemblait ce que je n’avais aucun mal à faire. Mon prénom écrit, ma photo et moi en chair et en os, ça ne faisait qu’un. Du trois en un. Une trinité d’une logique imparable. Lire la suite…

Poèmes Passe-montagnes, de Jean Azarel

Poèmes Passe-montagnes, livre d’artiste (série limitée), réalisé en plomb mobile à l’aide de presses manuelles typographiques, éditions Les Monteils

 

Du Mont Lozère à Conques, des ruisseaux aux prairies d’altitude, au gré des éléments, le poète a écrit en liberté des pérégrinations poétiques illustrées par des gravures de Marc Granier.

 

Les bêtes à l’abri sont chocolatées d’un automne infini.
Parfois dans la lenteur d’ici qui respire entre deux phrases,
les regards se tournent vers le Mont
Il neige sur Finiels.

Les toits du Fel au loin étincellent. La route se tortille, creuse le schiste d’étreintes fiévreuses en chisteras volages. Vallées profondes émiettées de lumière. Sur les pentes, cerisiers blancs, aubépines et jonquilles coiffent la vigne d’un peine indécis.

 

 

Marc Granier est né en 1953 et vit dans les Cévennes gardoises à Roquedur où il a installé son atelier. Peintre et graveur, il expose dans de nombreuses galeries et fabrique des livres d’artistes avec des poètes quand les textes  “lui parlent”.

          

Errances ludiques, de Simone Salgas

Errances ludiques, pochette de 22 planches format 20×30, éditions Coffinières (Toulouse), mars 2021
Illustrations de Bénédicte Coffinières

Historiettes, contes, fabliaux ? Rien à voir avec le Divin marquis, mais tout cela à la fois : ici, l’imagination est au pouvoir. La “folle du logis” n’en fait qu’à sa tête. N’en fait qu’à leur tête, même, car elles s’y sont mis à deux : Bénédicte Coffinières pour les images, Simone Salgas pour les textes. Avec la complicité d’Hubert Beauchamp en metteur en scène pour habiller l’ensemble… Une errance ludique réjouissante et poétique.

 

Simone parle de Bénédicte : « elle pose devant moi un tas de photos. Elle les a prises à la Vieille-Nouvelle (…)
Elle explique : je les colorie
Directement, ce verbe “colorier” ramène à l’enfance, crayons étalés sur la table, espaces dessinés, rouge, vert, jaune, la rage quand la main maladroite dépasse la ligne…
Elle prend une photo, au hasard. Un arbre règne sur la surface : je colorie avec des feutres.
Elle a colorié la photo. Un poteau rose, quelques fleurs vertes. Le bel arbre disparaît.
Elle dit : je m’amuse, c’est un délice. Le coloriage détourne le regard. Ce sont des moments jubilatoires. (…) À chacun son chemin. Prenons le temps. Divaguons en poésie avec elle ! 

 

(les images de Bénédicte Coffinières ont été réalisées à Roquefort-des-Corbières sur des papiers lignés et jaunis appartenant à sa grand-mère.)

 

    

Entre le Zéro et le Un, de Gérard Zuchetto

Entre le Zéro et le Un, poésie occitane, collection Votz de Trobar n° 28, éditions Troba Vox, mars 2021

 « Dans ce second volume d’œuvres poétiques, Gerard Zuchetto explore les chemins de la vie et observe de l’intérieur les chemins de l’âme humaine. Les deux chemins s’y poussent, s’y bousculent, s’y fuient, s’y lient et s’entremêlent, selon l’élan des mots qui ont leur sagesse, reflétant l’anti-hasard duquel René Nelli chanta l’évidence discrète.
L’auteur s’engage dans les pas de Raimbaut d’Aurenga, se jouant de ces mots-mêmes qui se jouent de nous, avec la clarté dans ce qu’il y a de plus clos et mystère dans ce qu’il y a de plus clair, selon un gré poétique franc et limpide. Poèmes de maturité et de jeunesse tenace s’y enchaînent harmonieusement, pour le plus grand plaisir du lecteur. »
(Franc Bardou)

 

Entre le Zéro et le Un
je me suis perdu à te chercher
dans l’univers
de ma folie
et pour l’amour d’un tourbillon.