Un hiver en enfer, de Jo Witek

couverture de Un hiver en enfer, de Jo Witek1Un hiver en enfer, thriller, Actes Sud junior, septembre 2014

Edward a grandi avec une mère fragile psychologiquement et très distante. A la mort accidentelle de son père, il se retrouve seul avec elle. Un enfer… Lequel des deux est le plus fou ?

« Entre Joyce Carol Oates et Lionel Shriver, Jo Witek dissèque avec un talent fou les liens maternels et leurs débordements. Mené sur un rythme d’enfer, ce thriller est une fracassante symphonie paranoïaque syncopée de retournements. Perturbants et prenant. » Le Figaro magazine. Marie Rogatien

Ma boîte à petits bonheurs, de Jo Witek

couverture de Ma boîte à petits bonheurs, de Jo Witek Ma boîte à petits bonheurs, album, La Martinière jeunesse, illustrations Christine Roussey, septembre 2014

On retrouve la petite fille du ‘Ventre de ma maman’ ou ‘Dans mon petit cœur’. Cette fois, sa grand-mère lui offre une belle boîte en porcelaine. Que va-t-elle ranger dans cette jolie boîte ? Peut-être ses émotions de tous les jours, ses petites joies de jeux, de sieste en famille, de randonnée avec grand-père…
Un album pour savourer les petits bonheurs en famille. Dès 3 ans.

Lydie Salvayre : "J'ai ce ridicule, j'aime les histoires"

Bravo à Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014 

1ère de couverture, Pas pleurer

Un magnifique roman sur la guerre d’Espagne hanté par la figure de l’écrivain Georges Bernanos et la voix de sa propre mère.
Françoise Renaud l’avait interviewée en avril 2010 pour notre magazine.

« J’ai ce ridicule, j’aime les histoires »

Comment définir votre langue à qui ne vous a jamais lue ?
Jusqu’à BW, j’avais à cœur d’écrire dans une langue qui embrasserait à la fois le populaire et le précieux, le grossier et le sublime, le comique et le tragique (c’est je crois ce qu’on appelle le baroque). J’avais à cœur de faire que se rencontrent, se cognent, s’agglutinent ou interfèrent plusieurs registres de discours, façon pour moi de faire un sort aux hiérarchies langagières qui mettent au sommet la langue des lettrés et en bas la langue populaire.
Avec BW – mon dernier livre –, pour des raisons qui seraient longues à expliquer ici, j’ai renoncé à ce baroque qui m’était, qui m’est toujours si cher, pour une langue plus classique.

Comment s’annonce chaque livre ? Comme un frémissement à la surface d’une eau calme ou comme un torrent de lave ?
Chaque livre a une histoire singulière, naît d’une urgence différente. Chacun entretient des liens plus ou moins étroits avec les événements de ma vie. Mais ce que je peux dire aujourd’hui, c’est que, de tous les livres que j’ai écrits, celui qui s’est imposé à moi avec le plus de force, celui auquel j’ai été en quelque sorte contrainte, celui qui m’a littéralement envahie sans que je puisse ni veuille lui résister, c’est BW.

BW, votre dernier livre. Ficelé à votre vie personnelle ?
J’ai longtemps cru que prendre mes distances avec l’intime était pourvoyeur de fictions, accélérateur d’imaginaire, générateur d’histoires. Car j’ai ce ridicule : j’aime les histoires. Or avec BW je me suis approchée au plus près de l’intime. J’en ai fait ma matière. Et j’en ai conçu un extrême plaisir d’écrire. Si bien qu’aujourd’hui, je ne sais plus quoi penser.

Votre approche sur le terrain de l’âme humaine influence vos sujets. Est-ce à cause du besoin de dire, de la violence de la souffrance, de l’importance de l’histoire familiale ?
L’histoire de ma famille est violente (mes deux parents ont abandonné leur pays, leur langue, leurs biens en quittant l’Espagne franquiste en 1939 pour vivre en France dans un grand dénuement). Les histoires familiales que j’entends dans le Centre où je travaille comme psychiatre sont violentes, parfois même très violentes. La banlieue où se trouve ce centre est violente. Écrire pour moi est violent. J’ai relevé pour vous quelques citations qui toutes viennent dire ce lien de la littérature à la violence.
Mallarmé : Il n’est d’autre bombe qu’un livre.
Debord : L’art d’écrire est un art de la guerre.
Nietzsche : Écris avec du sang et tu apprendras que le sang est esprit.
Dostoïevski : Il faut écrire le fouet à la main.
Michaux : Écrire: tuer, quoi.
Enfin, Kafka : La littérature est une hache qui brise en nous la mer gelée.

L’écriture, lieu de liberté, de résistance ?
L’écriture : pour briser en moi, en nous, la mer gelée.
Si elle n’est pas ça, pour moi, elle n’est rien.

Est-ce que laisser trace vous occupe en tant que femme écrivant ?
Je n’y pense jamais. Sans doute parce qu’y penser c’est penser à ma mort. Et pour l’instant, je n’en veux rien savoir. À tort, sans doute.

Isabelle Marsala (montage 2)

Lydie Salvayre est née de parents espagnols réfugiés en France en 1939. Jusqu’aux années 50, ces derniers ne vivent que dans l’espoir d’un retour au pays. Ils habitent une Espagne mélancolique appareillée par le hasard dans un village du Sud de la France. Lydie Salvayre vit entre deux histoires, entre deux langues, entre deux styles. Très vite, elle est saisie par « le vice » de la lecture. Elle y apprend le bien-dire des livres, mais garde un goût joyeux pour le mal-dire pratiqué bruyamment à la maison et dans la rue. Elle remporte à seize ans le premier prix d’un concours de twist qu’elle considère comme son premier prix littéraire. Plus tard, elle fait des études de Lettres. Puis se tourne vers la médecine et la psychiatrie. Elle dit que son expérience de psychiatre en hôpital psychiatrique fut inoubliable et qu’elle changea radicalement sa vie. Aujourd’hui, elle mène de front son travail de psychiatre auprès des enfants et son travail d’écrivain.

Le tract des auteurs

Papiers volants

Le Syndicat des écrivains de langue française, en accord avec d’autres associations d’auteurs du Conseil permanent des écrivains a décidé d’appeler à une mobilisation générale.
Les dossiers à traiter sont évoqués dans ce tract. Les auteurs sont invités à le distribuer lors des salons et festivals aux auteurs qui n’en auraient pas connaissance et à tous les intervenants de la culture.

AUTEURS : LA FORMATION EN QUESTION

Table ronde des auteurs d'ASA

Table ronde de Autour des Auteurs – Comédie 2013

Journée de formation organisée par LR2L à Perpignan le 16 juin 2014. Intervention de Marie-Laure de Noray-Dardenne

Les métiers du livre et la formation

La formation et les auteurs… C’est un peu le bât qui blesse.
Je vais jouer à contre-emploi, comme on le dirait d’un acteur, en structurant mon petit topo comme un économiste ou un marketingueur le ferait : autour de l’Offre et de la Demande. La demande avant l’Offre.

La demande, donc :
On va parler de besoin plutôt que de demande ; ce sera moins frustrant… parce que les demandes des auteurs ne sont écoutées que quand ceux-ci peuvent montrer patte blanche (on le verra plus loin).
Quels sont nos besoins ?
Vastes, bien sûr. Par définition, l’auteur n’est formaté ni par des études spécifiques, ni par des caractéristiques intrinsèques communes. C’est un « secteur » où les profils et les parcours sont étonnamment divers et cela contribue à la richesse de la littérature.
Ce qui nous lie ? La passion, la pulsion, le goût d’écrire et la volonté de partager ce que l’on produit avec notre imagination, notre savoir-faire et nos petites mains.
Partant de là, les besoins en formation pour coller à la société telle qu’elle est aujourd’hui sont très vastes.
Quelques exemples :
L’auteur, « à la base » informaticien, ne sait pas forcément assez bien lire en public ou même s’exprimer en public à moins qu’il en ait le don.
Le prof de français, en activité ou retraité, ne sait pas forcément utiliser les outils du web pour écrire un blog. Comme on l’a vu ce matin avec Serge Bonnery, ce sont des productions « à côté » du livre, ou peut-être côte à côte, qui comptent aujourd’hui.
La socio-anthropologue, l’ancien maçon, ou l’infirmier ne comprend pas spontanément les droits et les démarches administratives intéressantes à mener pour lui.
Les exemples peuvent s’enfiler en un très long collier. Un collier qui pique.

On a fini la matinée par une belle séance sur la Charte des manifestations littéraires. On n’y a pas parlé des auteurs d’ailleurs. Bon. Et bien, pour participer à un événement littéraire un peu évolué – pas un salon de base avec brochettes d’auteurs en séries sur tables en série, souvent en rectangle comme ça on se tourne le dos –, donc à une manifestation « enrichie », l’auteur est amené à lire un extrait de son œuvre, ou bien à parler de ses lieux d’écriture, de son environnement (très à la mode, ça !).

Lire en public ? Ce n’est pas inné. D’ailleurs, aux lectures que Autour des Auteurs et LR2L ont organisées pendant la Comédie du livre, deux des auteurs ont demandé à ce qu’une tierce personne lise leurs extraits. Ils ne le pouvaient pas. Question de pudeur, mais aussi de formation. Lire la suite…

Du progrès pour les auteurs : l'interface SmartFr

par Joëlle Wintrebert

On vous en avait parlé, c’est désormais effectif et un sacré progrès pour tous les auteurs du Languedoc-Roussillon qui, faute de statut ou de numéro de Siret peinent souvent à concrétiser leurs projets avec une bibliothèque ou dans le milieu scolaire, pour ne citer que ces exemples.
Les auteurs pourront désormais choisir l’interface SmartFr pour leurs interventions avec ces collectivités.

La structure coopérative SmartFr a justement été créée pour libérer le travail créatif des contraintes administratives qui pèsent parfois un peu trop lourd sur les artistes. Elle mutualise des ressources pour sécuriser les projets (service juridique, accompagnement de l’auteur, paiement à 7 jours… ce qui est un exploit, les instances qui nous invitent réglant la plupart du temps avec des délais de deux mois).
Elle apporte des solutions quand les activités de l’auteur relèvent de statuts différents. Par exemple une lecture (droits d’auteur) et un atelier d’écriture (salariat).

SmartFr permettra donc aux auteurs d’avoir un contrat de travail en bonne et due forme avec les collectivités qui ne veulent pas engager de démarches administratives.
Évidemment, les services de la coopérative ont un coût, qui paraît fort raisonnable compte tenu des garanties apportées.
8,5 % sont prélevés sur le budget HT de chaque activité. Ce prélèvement se décompose ainsi :
— 6,5 % pour les services mutualisés
— 2 % pour le fonds de garantie mutualisé
Ce fonds de garantie permet l’avance de trésorerie nécessaire pour le paiement à 7 jours, et il couvre le risque d’impayés.

Nous devons cette excellente avancée pour les auteurs à l’intercession efficace de LR2L. Un bon résumé vous en a été fait via le site de l’association, relayé par la dernière Estafette du Midi. Lire ici. On vous y donne le lien vers une brochure d’information, ainsi que les coordonnées d’une personne ressource :
SmartFr bureau de Montpellier
Hélène Dehais, conseillère SmartFr
31 rue de l’Aiguillerie – 34000 Montpellier
Tel. 04 67 84 58 89
montpellier@smartfr.fr