Rentrée Littéraire en Occitanie, 18 et 19 septembre 2017

Le Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon livre et lecture ont proposé de découvrir les nouveautés des auteurs du territoire Occitanie les 18 et 19 septembre 2017.

Interviews dialogues, vidéos… à la Cave Poésie René Gouzenne à Toulouse.

Deux de nos adhérentes étaient présentes. Caroline Fabre-Rousseau pour son essai En coulisses (éditions Chèvre-feuille étoilée). Françoise Renaud pour son roman Retrouver le goût des fleurs (CLC éditions)

 

Pour en savoir plus : Vive la rentrée ! sur le site CRL Midi-Pyrénées

 

Photographies de Sylvie Léonard et Françoise Renaud : 1- Caroline Fabre Rousseau /  2- Françoise Renaud (auteures en compagnie de Jean-Antoine Loiseau) /  3- la Cave Poésie

Rencontre avec Sylvie Léonard, Médiathèque Émile Zola (Montpellier), 3 octobre 2017

autour de son roman

La terre, la chair et le sang

éditions Chèvre-feuille étoilée, 2017

 

mardi 3 octobre 2017

Médiathèque Émile Zola, Montpellier

18h30 Grand auditorium

À la fin du XIIe siècle, Montpellier est une cité prospère, ouverte sur le monde. La famille des Guilhem y règne depuis huit générations. Mais dans le port de Lattes arrive un jour une jeune princesse byzantine, la mère de Marie de Montpellier… À travers la vie d’une famille montpelliéraine, cette fresque historique raconte les événements dramatiques qui ont marqué l’histoire de la ville, et le destin romanesque de Marie de Montpellier. Une histoire lointaine qui entre en résonance avec celle d’aujourd’hui.

pour en savoir plus, visiter ce lien 

ou cliquer sur l’image

En Coulisses, de Caroline Fabre-Rousseau

En Coulisses, essai spectacle vivant, éditions Chèvre-feuille étoilée, septembre 2017

Genèse de la pièce Apparences et Dépendance, En Coulisses retrace le processus de création de la date de la commande (automne 2015) aux premières représentations (été 2016).

À partir du thème imposé « Vanités », chorégraphe, danseuses, musicien et auteure cheminent main dans la main, avancent, reculent, tracent dans l’espace des tableaux inattendus. Pour découvrir ce qui se passe avant le spectacle…

 

Brassens, Les jolies fleurs et les peaux de vache, de Bernard Lonjon

Brassens, Les jolies fleurs et les peaux de vache, de Bernard Lonjon, biographie, cahier photos, Éditions de l’Archipel, 20 septembre 2017

Qui était Brassens ?
Coureur de jupons ou fidèle absolu  ?
Tendre canaille ou amoureux transi ?
En fin connaisseur du beau sexe, il a chanté la femme à tous les âges de la vie, et dans tous ses états, qu’elle soit épouse modèle ou veuve éplorée, adolescente naïve ou fille publique et nous a dressé un bel inventaire de leurs vices et vertus.

Ce livre invite à rencontrer le troubadour sétois au « petit air frondeur » à travers ses amours déçues, ses conquêtes difficiles, à découvrir ses expériences féminines avec « les jolies fleurs et les peaux de vache » qui ont souvent inspiré son œuvre.

 

Le stage d’athlétisme poétique, d’Anne-Marie Jeanjean

Le stage d’athlétisme poétique, poésie, éditions L’HARMATTAN, collection Levée d’ancre, juin 2017 (préface de Michel Cassir)

Un stage étrange, une fête de la poésie qui finit bizarrement, tout cela pour guérir…
bien sûr, mais de quoi donc ?

 

Fragment : La consultation (1ère partie)

« Voyez-vous, à notre époque lyrisme, sensiblerie, pathos, beauté… ne prenez pas de risque inutile. Il suffit de choisir parmi les disponibilités acceptables par votre langue et votre société.
– Môsssssieur, j’écrirai ce qui m’plaît et je continuerai avec ma p’tit’ brocante familiale à faire joujou avec les coupables, les emprisonnés, les exclus les pas exclus et même les morts et j’ vendrai les vrais et les faux bib’lotscomm’ ça m’ chant’ et même avec l’horrible tribu du 19ème et même d’avant et de bien avant !
– Trrrès intéressant comme réaction huuummmmtrrrèsinréress… oui, le jeu est fondamental et avec un savant bricolage certains symptômes finiront par disparaître.
Ce stage va être une très enrichissante expérience pour vous…
Mon associé va vous conduire.

*  *  *

Derrière la porte, j’esgourdais le grand professeur Boulgaghen parler avec son secrétaire lalilenlairelalilenlaire et (j’) lorgnait la porte vitrée pour me tirer en loucedé mais Miss Drac’ (Ahhhh, cell’-là…) me retint fort solidement, m’embarqua plus encore rapid’ment et… me jeta tout’ crue dans l’ gymnase.
??????????!!!!!!!!!!!!!!
Bigre… que c’est grand un gymnase… c’est immmmmmmmense. (boules gorge + estomac + plas ????? bas + jambes flageollllll…)

Un jeune homme, style golden boy décontracté faisait un discours  »

Quand mon libraire facturera la rentrée littéraire au prix de la vidange

Très drôle cet article de Nicolas Gary (site ActuaLitté, 26 août 2017) avec l’aimable et souriante autorisation de Fabien Lafontaine
Quand mon libraire facturera la rentrée littéraire au prix de la vidange

« C’est en sortant de chez son garagiste que l’on peut soudainement prendre la mesure véritable et juste des choses. Ainsi, ce contribuable belge récupérant l’auto qu’il avait confiée à un artisan réparateur d’autos — un spécialiste, donc — observa un instant la facture. Et vient alors l’idée de transposer au métier de libraire ce type de facturation. » Lire la suite

Et si nous faisions de même pour établir nos factures d’auteur ?

Illustration : Rob Zeeman, CC BY 2.0 (site ActuaLitté, août 2017)

 

Colère, de Guth Joly

Guth Joly a eu la mauvaise surprise dimanche dernier, d’arriver à un salon du livre et de ne pas avoir de livres à signer sur sa table. Omission du libraire ? Défaillance de l’organisation, du système tout entier ? … peut-être une goutte d’eau dans la marée de nos problèmes d’auteur, mais elle a fait déborder le vase !

Il fut un temps très proche où il n’était nul besoin de spécifier qu’on voulait ses livres lorsqu’on était un écrivain invité sur un salon. Le libraire, partenaire, savait qui venait et faisait le nécessaire pour la commande. Depuis trente ans, je suis invitée dans des salons et je découvre que les choses ont changé. La librairie du Vigan, partenaire du salon du livre de l’Espérou ne connaissait pas les invités. Sur ma table, aucun de mes livres, il me fut répondu que je ne les avais pas demandés et que mon éditeur, Belin ne faisant pas les retours, elle ne travaillait plus avec lui. En résumé, elle commande pour pouvoir retourner, ce qui est étonnant car habituellement, un commerçant commande pour vendre. Ayant été libraire pendant plus de dix ans, je connais assez bien la vente, la gestion du stock effectivement problématique mais si on s’intéresse aux livres et aux auteurs, on se dit que puisqu’il est là, il y a moyen d’écouler le stock. Apparemment non. J’aurais été le prix Nobel que sans doute cela n’aurait rien changé si le prix Nobel avait été publié chez Belin. Et je ne suis pas le prix Nobel, j’édite des romans jeunesse, des bandes dessinées mais je dédicace pas mal de livres lorsque les salons sont capables d’attirer le public. En bref, je n’ai jamais planté un libraire moi.

Je les ai toujours soutenus et j’ai toujours travaillé avec eux.

Si les libraires ne sont que des marchands, ils seront bien vite remplacés par des marchands plus aguerris, plus gros, plus efficaces.
Et las ! Tout ce qui est petit, original, rebelle, tout ce qui n’est pas la grosse production pour le plus grand nombre aura bien du mal à survivre. On aura de la culture de masse via internet ? On n’aura pas le choix ? La question est posée. Est-ce que le commerce est notre seule raison de bouger ?

Un salon est un endroit où l’on découvre des livres, où l’on parle avec des écrivains et des illustrateurs. C’est un lieu de rencontres, de curiosité, de surprise. Le commerce en fait parti certes mais il en fait juste parti. Les auteurs le savent. Les auteurs se déplacent en voiture, les auteurs mangent et boivent comme tout le monde mais là, c’est de l’art, pas besoin de les payer. Faire rêver, faire réfléchir, renseigner, éduquer est un travail hautement honorable et tout labeur mérite salaire. Mais même mal payée, je préfère mon travail d’écrivain à celui des vendeurs sans curiosité, des ouvreurs et des fermeurs de carton qui ne s’intéressent pas à ce qu’il y a dedans.

Je salue les initiatives des petits salons et des gens passionnés et je serai présente à leurs côtés si ce que j’écris ou crée leur plait mais je me défie des marchands parasites qui sentent le tiroir caisse et rien que ce renfermé-là au point de nous asphyxier tous.

Photographie empruntée au site ARTsixmic

« Ruines » de Perrine LE QUERREC, par Jean Azarel

Chronique de lecture : « Ruines » de Perrine LE QUERREC, Tin­bad ‚ coll.  Tin­bad poé­sie, Paris, 2017

Berlin 1953 / Unica / Voit Hans, son fantôme du Paradis / Enfant recherché. Hans / Voit Unica, sa poupée  incarnée / Enfant détournée.

Abasourdi, scotché, électrisé, saigné, comme vous voudrez, par la lecture du dernier ouvrage de P.L.Q (P.L.Q : je persiste et signe dans l’utilisation des initiales), j’ai d’abord cru que je n’en dirai rien tant la postface de Manuel Anceau est juste et parfaite. Mais comment rester silencieux et garder pour soi ce qui impose d’être partagé ; puisque comme l’a chanté Jean-Louis Murat « ce qui n’est pas donné est perdu, ce que tu gardes est foutu ». Il est vrai aussi, Ruines confortant l’aveu, que je suis définitivement amoureux  de cette langue posologique et de son auteure. Jusqu’à trépas. (Et au-delà d’après certains.) Car l’écriture de Perrine le Querrec (en toutes lettres) est maudite comme le cinéma de Philippe Garrel est maudit. Un petit cercle de lecteurs chez l’une, un quarteron de spectateurs chez l’autre, même si le temps aidant à la connaissance du talent, le cercle des fidèles s’élargit lentement. Tant il est vrai que la vérité fait toujours peur, quand elle n’est pas carrément effroyable.

Ainsi de l’histoire d’Unica Zürn, poupée de chair docile, et d’Hans Bellmer, homme jasmin vénéneux manipulateur, que résume en pages serrées, quasi télégraphiques parfois, le livre factuel et sans parti-pris de Perrine Le Querrec. Unica l’unique, femme précieuse, songe-plein de créativité naïve, brutalement transmutée « à l’insu de son plein gré » en créature fantasmée, hybride et changeante à l’infini, au prix fort de moult humiliations et perversions que d’aucuns verront comme la manifestation de la face obscure de l’amour. Lire la suite…

Poésie à St Laurent le Minier, 1er août 2017

Événement organisé par les deux artistes, Françoise Renaud (auteure et lectrice) et Stéphanie Joire (auteure, musicienne et chanteuse) pour donner à entendre des fragments de poésie… tout simplement dans une rue de leur village au pied des Cévennes.

Et puis c’était une parfaite occasion d’honorer l’exposition de Jean-Claude Bernard, éditeur de poésie (éditions Encre & Lumière), à la boutique La Saga, 8 rue Blanche à Saint Laurent le Minier. Jusqu’au 20 août.

Accord interprofessionnel, 29 juin 2017

Un nouvel accord entre CPE et SNEa été signé le 29 juin en présence de Madame Françoise Nyssen, ministre de la Culture. Il statue sur deux points importants du contrat d’édition : provision pour retours et compensation intertitres en matière d’édition d’un livre.

On peut lire sur le site du SNE le texte de l’accord.

 Information transmise par Joëlle Wintrebert

Vers une rémunération minimum de la présence des auteurs en Festival et Salon

« Depuis maintenant deux ans, les manifestations soutenues par le Centre National du Livre doivent accorder une rémunération aux auteurs. À compter de janvier 2016, tout soutien financier du CNL doit impliquer de rétribuer les auteurs, pour certaines interventions. Mais le SNAC BD entend aller plus loin, pour « assainir les relations entre festivals et auteurs ». »

Lire l’article de Nicolas Gary du 23 juin 2017 sur le site ActuaLitté

Rémunérer la présence des auteurs de BD en festival va “assainir les relations”

informations transmises par Joëlle Wintrebert

Le coude, de Guillaume Boppe, par Jean Azarel

Le coude suivi de Rue des ambassades, de Guillaume Boppe (Propos 2 Éditions)
une chronique littéraire proposée par Jean Azarel

Au contraire des seins, du sexe ou des jambes, le coude est la grande muette de la poésie qui entend magnifier la chair. Avec son dernier recueil, loin de jouer (du coude) en « pure player », Guillaume Boppe répare cet oubli malencontreux et avance en « pur poet » sur le chemin tracé depuis 2012 chez Propos 2 Éditions dirigé par Michel Foissier.

En une soixantaine de pages souveraines, l’auteur déroule un récit tout en épure, où les mots chaloupent dans un phrasé serré d’une élégance dépouillée qui n’est pas sans rappeler le Michel Bulteau des débuts, lorsque « Des siècles de folie » se télescopaient « dans les calèches étroites ». Qu’importe ici les entrechats de la ville, les intérieurs, les extérieurs, partout la noria des ressentis trace une éclisse où suppure sans faire de bruit intempestif le lait nourricier d’une errance aussi discrète qu’irradiante. « Il y a le cœur / sur son front la pluie / ses joues tatouées de gris / des maisons les larmes / et sur ses lèvres deux rumeurs ».
Nul superflu, nulle ostentation, nulle précipitation propre à notre époque, dans la geste du poète. Les mots tirent leur force de l’alliage de leur simplicité. Le chaud-froid de la lame poétique tranche dans la langue ramenée à sa juste expression et va chercher loin dans la mémoire l’intensité du vivant, jusque dans l’étalement mais aussi le ramassement factuel du corps, des décors, des éléments, distillant l’essentiel à petites gorgées.
« Là haut les chaleurs / la longue chambre / deux lampes le verre / les genoux les épaules ».

Puisque nous sommes de passage, autant l’être dans la contemplation, le fragile, un minimalisme assagi que révèle a capella le trot des souvenirs. « Le jour va revenir / et reprendre les chemins / oubliés au couchant / l’haleine des nuages / tombés si bas / l’air se gante les mains ».

Généreusement posté quelque part entre Huysmans et Paul Morand, Le coude / Rue des ambassades dépasse de beaucoup la morne production contemporaine actuelle de moult auteurs pressés de produire. C’est au sens propre, un livre de chevet, un de ceux, rares, qu’on prend par la main pour guérir d’une maladie trop intime et pourtant universelle.