Chronique de Jean Azarel : Des forêts de couleuvre/Frontalière, de Laure Anders

Échos de lecture de Jean Azarel à propos du livre Des forêts de couleuvre / Frontalière, de Laure ANDERS (La Boucherie Littéraire, 2020)

Il ne fait généralement pas bon avaler des couleuvres…sauf quand elles habitent les forêts de Laure Anders.
Avec Des forets de couleuvres / Frontalière, Laure Anders nous subjugue de deux textes incandescents qui se suivent (ils auraient pu tout aussi bien s’entrecroiser) sur le même thème d’une relation amoureuse nomade revue et corrigée par le temps.
Lorsqu’on cherche dans un livre quels extraits faire partager dans une chronique, c’est soit très mauvais, soit très bon signe. Ici, la deuxième hypothèse réduit à néant la première. Extraits donc, au gré du hasard des pages ouvertes.

Des lits défaits s’étalent dans le ciel / Plus loin à portée d’horizon constellation de hauts fourneaux / divisant le vert des mélèzes en zones de désir.

En serpentant avec un art consommé de la suggestion qui érotise en point de croix une histoire somme toute banale dont elle transforme le plomb en or, Laure Anders élève haut la condition humaine jusque dans ses bas arrangements de dominant (l’homme) à dominée (la femme).
Si la poésie la meilleure est aujourd’hui très largement féminine (et pas nécessairement féministe), le fait que le sexe dit faible (tout un symbole) soit issu d’un peuple qui a beaucoup souffert, dixit Tonton David, y est de toute évidence pour quelque chose.

Dans ce recueil cueilli et recueilli, le sortilège tient  tout entier dans le degré de tolérance complice dont la narratrice fait preuve à l’égard des foucades de son amant. Pas illogique puisque si la couleuvre pique, son venin est inoffensif. Le consentement masochiste de l’auteure, héritière à sa façon du Passe-muraille de Marcel Aymé, vaut autant absolution de la possession qu’acceptation de la flétrissure. Le renoncement choisi au classicisme amoureux, lui permet d’accéder via des rites de passage singuliers à l’initiation intime dans laquelle se reconnaîtront bien des femmes. In fine, « parce que c’était lui, parce que c’était moi », qu’importent le mâle, le comportement, la posture ; la morsure demeure, sous la gouvernance répétitive de la fantaisie, avant la rupture programmée.

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Po.ms, de Janine Teisson

Po.ms, recueil, collection 22 222 poésie, Ours éditions, septembre 2020

 

Délicieuse dresseuse de mots, Janine Teisson nous entraîne dans une farandole de sonorités et de lettres, à consommer sans mot dérations !
Qu’est-ce que c’est que ces Po’Ms? 9 poèmes farfelus, poèmes pour rire, pour jouer avec les mots, pour les envoyer en l’air, des poèmes à dormir debout, qui ne mangent pas de pain et  ne manquent pas d’air.
 
 
 

EXTRAITS

Lettre M

Tu veux
un po M?
Un po M du dix neuviè M
Ou du vingt et uniè M?
Un po M de Boh M?
Enfermé dans une gè M?
Un po M que tu aiMes
comme je t’M?
Ce sera très difficile,
je t’avertis.

 

La charcutière

Elle a couché tous ses lardons,
elle a lavé leurs pieds de cochons,
mais ce ne sont pas des gens bons.
A force de faire des sauts six sont KO.
Le dernier fait sa tête de lard.
Mes Jésus, ne me cassez pas les rognons,
leur dit-elle en leur tapant sur le museau.
Ils s’endorment en faisant rillettes,
alors elle se passe du fard à paupiettes,
bichonne son sein doux sous la bavette,
s’inonde de parfum numéro 5 de Quenelle
et va au bal des petits boudins blancs.

 

Génésiques, de Nicole Barromé

Génésiques, poésie, Ficelle n°143, Vincent Rougier éditions, octobre 2020

 

Nous entrons dans l’intime féminin, poésie végétale à fleur de peau, l’esprit du sensuel partagé. En découvrant ces poèmes et en les illustrant « Ai-je été le papillon ou l’abeille qui, gourmande, butine cette fleur ou ai-je rêvé d’être cette fleur, son pistil ?  »

À vous, cher lecteur, de partager ces gourmandises.

 

Note de l’éditeur en 4ème de couverture :
« Ce livre est in-quarto…Vous munir d’un coupe-papier et délicatement découper les pages en tête du recueil, cela s’appelle « découronner le livre ». Le Massicot a pour autre nom La Guillotine pour nos confrères européens. »

 

EXTRAIT – Rose

La vie s’il le faut pour retrouver
L’affabulation des soupirs
Les empaqueter de mystères et les précipiter
Bruts
Contre les parois des hydres communes
Inutiles péroraisons sur d’autres lieux
D’autres circonstances
De l’imaginée sur l’autel rose

Exempte de félonies et de tendresses
De bourreaux et de victimes
Aux creux et bosses de l’amour

Depuis, sais-tu reconnaître l’instinct
à l’abord des lagunes chaudes ?

Je jongle rose
Avec la cruauté au rythme des souvenirs
La transfiguration des bouches
L’anachronique montée en labeur des pupilles
Le brouhaha des cœurs à portée des chants

J’écarte rose
L’horreur d’une caresse au goût retrouvé
Les attentions aimantées de fièvre calme
La livraison
Poil à poil
Des corps parfumés
Le balbutiement des fantasmes
Les regards entrés en collision
Les narines étouffées d’un désir dru
Baiser des lèvres de lave

 

chez l’éditeur

 

Au bras du Ciel, de Pierre Ech-Ardour

Au bras du ciel, éditions de l’Aigrette (Marseille), 2020
Peinture de couverture : Solitaire d’Anne Slacik. Postface d’Annie Pibarot.

Au bras du ciel est un recueil de poèmes numérotés de 1 à 70, titrés avec des nombres exprimés en hébreu, persan, grec, latin, arabe d’orient et d’occident.
70, valeur numérique de la lettre hébraïque Ayin, signifiant « Œil et Source ».
Soixante-dix poèmes, tels le nombre des nations, les langues de Babylone, les sages de la traduction, les compagnons du prophète, les années d’exil, les révélées faces, suscitent et accompagnent, avec allégeance, par de dédaléennes voies, l’élévation d’une flamme.

La note d’auteur se conclut en ces termes : Depuis la profondeur du Ciel, témoigne à son bras, mon amour de Vie.

 

extrait du recueil Au bras du Ciel ici
accompagnement artistique Anne Slacik aux éditions de l’Aigrette

  

Enigmatic sound, de François Szabó

Enigmatic sound, in english american, Obsidiana Press (États-Unis), mars 2020

Enigmatic Sound est un recueil en américain de poèmes d’amour à Carole soucieux de la beauté particulière d’une langue étrange qu’est la poésie dans sa formation d’images et de son mouvement cinétique qui ne peut jamais arrêter sa réalité dans son empathie et dynamisme de tous les instants. C’est dans l’entraînant tempo des vagues toujours réitérées toujours s’effaçant puis se recréant que le poème prend vie dans une contemplation toujours neuve.

François Szabó Poet born in Montpellier (France) in 1967, author of more than forty books of poetry in French, American, Catalan, Castellan, Russian and Italian, member of Academy of American Poets, Société des Poètes Français, Poètes Sans Frontières, Poetas del Mundo, 100 Thousand Poets for Change, World Poetry Movement, Autour des Auteurs. Sends a message of faith and hope, love and friendship when all we need in this world is strength and tenderness and poetry can make it always. So, for a better life and harmony. ******Consider for example the lines “and so the lent crescent fine pellicular peal / is for us a celestial vision.” Grammatically correct, yes; using words that exist, yes. But the choice of those words and their ordering is unusual and the strangeness of their juxtaposition gives an elusive quality to the text, the meaning hovering tantalizingly within reach but difficult to grasp. This elliptical daring coupled with the rolling assonance and sonority is what poetry is all about – vivid, provisional, unique and bizarre. It follows in the tradition of English mystics like Hopkins who used that tumble of off-kilter words to great effect: “her earliest stars, earl stars, stars principal overbend us, fire-featuring heaven.” François’ lines “Like was she were / Never woman can be” evoke earlier poets like Blake.

Roger West

lire un extrait ici

 

La Bellesa de François Szabo

La Bellesa, poésie, eBook version catalan, Obsidiana Press, avril 2019

La bellesa es dins la llum total com visió sagrada es permanència dins l’amor ple de tendresa. Aquestes poemes de 2019 son oferts per la Dona dins un verger del món dolç e encantat on pot trobar la via de la vida. Confiança e constància dins la harmonia sempre, en pau veritablement, escriure la passió a cada moment, cada dia.

La beauté est dans la lumière totale comme vision sacrée, est permanence dans l’amour plein de tendresse. Ces poèmes de 2019 sont offerts à la femme dans un verger du monde doux et enchanté où l’on peut trouver la voie de la vie. Confiance et constance dans l’harmonie toujours, en paix vraiment, écrire la passion à chaque moment, chaque jour.

eBook texte en catalan accessible ici

Regards Croisés d’artistes, autour des textes de Pierre ECH-ARDOUR, Sète, 18 avril 2019

Amis peintres, calligraphe, éditeurs, traducteur ont répondu favorablement à l’organisateur pour animer cette soirée ouverte à la poésie de Pierre Ech-Ardour. Des intermèdes musicaux agrémenteront les lectures.
Jeudi 18 avril à 18 heures, à la Médiathèque François Mitterrand de Sète

Entrée libre.

 

L’Annonce, de Michaël Glück

L’Annonce in Des poètes à l’œuvre, poésie/arts, collectifs (15 auteurs), Musées d’Angers, janvier 2019
Illustrations : Œuvres des collections des musées d’Angers

Long poème devant et pour une Vierge de l’Annonciation, enceinte… œuvre attribuée à Jacoppo della Quercia.

Textes de : Erwann Rougé, Joël Bastard , Michaël Glück , Joe Ross, Gérard Titus-Carmel , Paul Louis Rossi, Jean-Louis Giovannoni, Yves Jouan,  Anne Kawala,  Sylvie Dubin, Jacky Essirard, Antoine Emaz, Laurine Rousselet, Bernard Bretonnière, Denise Desautels