Derrière les ponts, d’André Gardies

Derrière les ponts, roman, réédition revue et augmentée, éditions du Mont, 2018

Dans chaque ville, il existe ces quartiers éloignés du centre où les rues ne sont pas encore goudronnées, où le ruisseau sert de dépotoir. C’est là-bas « Derrière les ponts ». Il n’y a rien à voir. Mais tout est à vivre. Car l’enfance fait feu de tout bois pour construire l’imaginaire. De la période la plus lointaine, celle des toutes premières années, avec l’école et la maison, jusqu’à l’entrée dans l’adolescence avec ses découvertes de l’amour platonique et de la sensualité de l’été, en passant par les servitudes qu’impose l’économie domestique en ses lieux favoris (cuisine, cave, réserve alimentaire, W.-C., etc.) ou encore par ces espaces de liberté que sont les zones inventées pour le jeu, tous les jeux, Derrière les ponts explore, dans une langue riche de moments éclatants, l’ordinaire des jours, les émois du sexe et du cœur, tente de retrouver, non pas le temps perdu, mais ce qui était en train de s’élaborer peu à peu dans le silence de l’expérience intime et qui faisait sens à travers ce vécu.

 

On peut écouter un entretien autour de ce livre ici sur FM-PLUS, un entretien conduit par Guylène Dubois

site de l’éditeur

Bamako, là, de Marie-Laure de Noray-Dardenne

Bamako, là, roman, collection « Romans situés », éditions Yovana, décembre 2017

Jeune étudiante, Ina quitte Paris pour trois mois. En poche, l’adresse de la tante d’Oumar, son charismatique professeur à l’université. Ici, à Bamako, son nom sera désormais Ina Keita. Elle vagabonde, d’abord lentement, comme on s’éveille à un monde nouveau, se perd au gré d’un jeu de l’oie pour mieux apprivoiser la capitale. Sa mission : écrire, tout simplement, puis poster des fragments de sa ville natale à l’énigmatique Oumar.

Portraits de la jeunesse malienne, tableaux d’une cité entre modernité et tradition, récits de ses couleurs, de ses senteurs… En se faisant l’écho de la ville, l’héroïne se métamorphose, trouve sa voie et choisit sa vie. Le lecteur y trouvera lui aussi son chemin : une invitation au voyage, vers une Afrique sans fard.

EXTRAIT

Le petit soir, c’est ainsi qu’on appelle ces deux ou trois heures qui séparent le crépuscule de la nuit de la soirée, où se succèdent dîner, veillée, coucher. Le petit soir, sous d’autres cieux, c’est l’heure de l’apéritif. À Bamako, c’est l’heure où l’on a encore dans les yeux les trois temps qui ponctuent la fin du soleil. Le temps de l’heure jaune, vibrante et enflammée. Celui de l’heure rose, la plus furtive, quand le soleil fond et coule en une mince flaque le long de l’horizon. L’heure rose ne vient pas tous les jours, il faut que le ciel s’y prête, les nuages doivent se retirer juste avant, en s’effilochant. L’heure bleue enfin, comme un filtre, un ralenti. Un bleu d’abord intense, qui se dilue et s’atténue. À l’heure bleue, Ina se trouve presque chaque jour sur la route de Koulikoro, entre Railda et Korofina. Il règne alors une douce panique. Les gens quittent leur travail et se hâtent vers les quartiers excentrés. La route de Koulikoro les dessert sur une dizaine de kilomètres. La foule motorisée, dense et compacte, s’agglomère sur le ruban asphalté. Le changement de lumière rappelle irrémédiablement au motocycliste que l’éclairage de son engin fait défaut. Il faudrait arriver avant la nuit noire. Il y pense, il y pense tous les jours au même moment, à l’heure bleue, mais comme il n’y pense qu’à ce moment précis, il ne fait jamais réparer sa lumière. Harassé, collant, impatient de rentrer chez lui pour se reposer, prier, boire et manger, il se dit qu’il pourrait s’arrêter pour la faire réparer, il se le dit mais ne le fait pas.

Retrouver le goût des fleurs, de Françoise Renaud

Retrouver le goût des fleurs, roman, CLC éditions, octobre 2017

« Ils avaient décidé de quitter la ville comme on fuit un champ de bataille, une frontière incendiée. C’était venu au détour de la conversation, ils venaient de partager leur dîner. Elle ne s’attendait pas à une chose pareille.
Tout vendre et partir comme on tourne la page d’un livre, voilà ce qu’il disait. Entreprendre une nouvelle vie dans un nouvel endroit, une vie plus simple et naturelle. Et donc plus véritable. On a encore du temps. Tu verras, ce sera bien. […] »

Dans une langue exigeante et dépouillée, Retrouver le goût des fleurs raconte le parcours de Gil et Frida qui cherchent un lieu pour vivre, un séjour débarrassé des convulsions urbaines, pour exister pleinement. Une remise en cause des routines, non sans périls. L’auteur s’interroge ainsi sur le passage du temps et la nature fugace – néanmoins puissante – du bonheur.

 

PRÉSENTATION VIDÉO DE L’OUVRAGE

Les Petits Dieux, de Sandrine Willems

Les petits Dieux, romans , Espace Nord, Bruxelles, mars 2017

Cinq petits volumes qui touchent avec justesse et jubilation au vivant, à l’émotion.

Les Petits Dieux constitue un ensemble de romans miniatures. Chacun évoque, sous forme de monologue, un personnage mythique ou historique, dont le destin fut marqué par un animal : Abraham et l’agneau, Chardin et le lièvre, Tchang et le Yéti, La Dame et la licorne, Carmen et le Taureau.

« Les animaux ont l’art de nous ramener au plus primaire, à une brusque effusion de tendresse, une bouffée de joie immotivée, une envie de jouer, un chagrin effroyable qui ne se laisse pas raisonner. Les animaux nous font sortir de nos pudeurs et nos habituelles défenses ; qu’un jour de tristesse l’un d’eux s’efforce de nous consoler, qu’il décide de ne plus nous quitter, ou que meure celui qui nous a côtoyés des années, et en nous vacille quelque chose qui réveille soudain toute notre fragilité. »

Le Hippie cévenol, roman d’Hervé Pijac

Le Hippie cévenol, roman, TDO Editions, Collection Poche, juillet 2016

Hippie_Hervé PIJAC

La quête initiatique d’un jeune hippie « post soixante-huitard » qui, après bien des tribulations, rencontrera un destin intense et dramatique en retrouvant ses racines au cœur des Cévennes. L’histoire – déjà ! – du mouvement hippie.