Auteurs en lecture, un événement Comédie du livre 2020 transformé en lectures-vidéos

Auteurs en lecture est un événement coorganisé depuis plusieurs années par notre association Autour des Auteurs et par Occitanie Livre & Lecture à l’occasion de la Comédie du Livre à Montpellier. Le salon a été annulé cette année en raison de la crise sanitaire. Les textes, qui avaient été sélectionnés suite à un appel à textes sur le thème de la Croatie, pays invité de la Comédie 2020, devaient être lus en public comme de coutume à l’auditorium du Musée Fabre de Montpellier. ils ont donc été lus par leurs auteurs et enregistrés, puis montés en vidéo (certains également par leurs auteurs).

Quatre écrivains de notre association ont fait partie de cette belle aventure, suivies de près et avec beaucoup de cœur par Sylvie Léonard, notre secrétaire et coordinatrice de l’événement.

Pour accéder aux vidéos, cliquer sur le nom des auteurs ci-dessous

Béatrice Bourrier : Le flamboyant
Danielle Ferré : Le jeune homme et la coccinelle
Françoise Renaud : Fin de saison à Opatija
Simone Salgas : Me duele Croacia

 

accès à la playlist complète sur la chaîne YouTube Occitanie Livre & Lecture ici

Décès de Bernard Pingaud, 25 février 2020

Cet acteur exceptionnel du monde du livre et de la culture nous a quittés le 25 février. Autour des auteurs s’en souvient particulièrement parce qu’il avait été le premier président de Languedoc Roussillon Livre et Lecture, agence que notre association avait contribué à créer, en synergie avec les associations des éditeurs, des libraires et des bibliothécaires.
On s’en souvient aussi comme d’un écrivain engagé sur le terrain politique, fondateur en 1968 de l’Union des écrivains au côté de Michel Butor, de Jean-Pierre Faye et de Nathalie Sarraute. Les libraires lui devront d’avoir permis l’avènement du prix unique du livre. Et en 1982, le fameux rapport Pingaud-Barreau sur la politique du livre et de la lecture aura initié quelques premières avancées notables pour le statut des auteurs.
Bernard Pingaud était surtout et avant tout un écrivain.

Pour plus de détails, un bel article à retrouver ici

Portrait de Bernard Pingaud (détail de la couverture de ses mémoires, « Une tâche sans fin », Seuil)- emprunté au site Diacritik)

Michaël Glück au Marché de la Poésie, Paris, du 5 au 9 juin 2019

Michaël Glück sera présent sur le Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice à Paris du 5 au 9 juin

 

Mercredi 5
18h L’Amourier, 208

Jeudi 6
15h Lanskine, 610
18h L’Amourier, 208

Vendredi 7
14h  Propos 2, 508-512
16h L’Amourier, 208
17h 17h30 Lanskine, 610
17h faï fioc, 607
18h30 Les Carnets du Dessert de Lune, 209-516

Samedi 8
14h Lanskine, 610
18h à 20h L’Amourier, 208

Dimanche 9
15h Lanskine, 610
16h L’Amourier, 208

Quand Jérémi devient Edgar, par Françoise Renaud

Représentations, premier album CD signé Aster et Edgar.

ASTER&EDGAR

On connaissait Jérémi Sauvage écrivain et voilà qu’on le découvre arrangeur, compositeur, directeur musical. Et aussi musicien. À la guitare acoustique, ça déménage, ça décolle, ça décoiffe. Le voilà devenu Edgar aux lunettes noires à la voix rauque et à la mèche rebelle. Sa partenaire Nathalie Auger a une voix savoureuse. Elle écrit les textes. Murmure, susurre, mange des caramels mous, nous grignote l’oreille. À chaque tournant elle donne envie d’être gourmand.
Alors on écoute, on se laisse faire, on se glisse avec eux dans les draps.

Dix chansons – Des bulles bleues, Complexe, Bad boys, Éternel… – qui parlent de la vie, de l’amour, des départs, des mots et des vivants.

Ô toi, l’humus de mes émois
Terreau riche et fertile parfois
J’aime me rouler dans ton limon
Danser la gigue, manger du lion […]

Dix chansons rock sensuelles et ardentes, aussi brûlantes que du caramel fondu. Ça mord dans le vif, dans la chair. C’est exquis.
À écouter en boucle.

Représentations, CD, Le Clau productions, février 2016
le site ASTER ET EDGAR

La Piscine, revue graphique et littéraire, N°0

La Piscine est une revue graphique et littéraire, en diptyque, à lire tête-bêche. Deux côtés, une face A en couleur et une face B en noir et blanc, à retourner comme nos beaux vieux disques vinyle. Une maquette élégante, une impression soignée. Un projet simple et ambitieux : diffuser la création contemporaine dans une publication à la fois belle et exigeante, qui réunit les auteurs et artistes que nous aimons, dont nous suivons le travail et partageons la sensibilité.
La revue publie tout genre de littérature et d’arts visuels : poésie contemporaine, prose poétique, fiction ou non-fiction et arts graphiques au sens large (dessins, photographies, gravures, etc.)
Certains auteurs sont connus, d’autres moins, et on peut y retrouver des auteurs de la région.

 

Revue La Piscine (semestriel) — Format 21 x 27 cm couverture sur offset 250 g/m — 72 pages intérieures sur offset 120 g/m — Dos carré cousu — ISSN en cours
N° 0 — thème H2O : 15 € — déjà disponible
Le numéro zéro est en vente ici : http://j.mp/LaPiscineH20

La Piscine est une publication des Éditions La Cyprière
Comité de rédaction : Louise Imagine, Alain Mouton, Christophe Sanchez et Philippe Castelneau

Pascal Gabellone in memoriam

Un hommage rendu par François Szabó au poète

Pascal Gabellone, dessin de Jacques Basse

Pascal Gabellone nous a quittés en mai 2015, mais demeure la trace qu’il a laissé à ses proches ainsi qu’à ses collègues, ses élèves, ses lecteurs. Son art consommé de la tendresse et de la finesse de son appréhension du monde.
Une sensibilité artistique que l’on retrouve dans son œuvre poétique et critique : Que ce soit dans La Blessure du réel où l’artiste est à l’épreuve du monde, expérience charnelle et parfois tragique où l’art permet la cicatrisation et la spiritualité la sublimation, ou que ce soit dans L’Inhabité où l’on retrouve la douleur peu à peu éloignée où la distance et l’absence sont apprivoisées.
Il est notable que sa dernière publication à ce jour, essai en italien publié chez Anterem Fra Terra e Cielo marque la résidence du poète sur Terre puis au Ciel.
Ses compagnons littéraires de vie : Ungaretti par l’expérience vécue transmise, Paul Celan pour la catharsis et l’art en marche, Mallarmé pour l’abstraction restreinte, compagnie jamais défaillante qui lui permit d’œuvrer sur le poétique, quête et mode de vie adoptée au quotidien.
C’est avec Un regard sur les confins, sous-titre de Fra Terra e Cielo, que son attention s’est portée aussi sur les présences splendides de Blanchot et Leopardi, où l’écriture est un champ d’exploration et un chant salvateur.
L’ultime demeure, il l’a trouvée, après cet écart entre Terre et Ciel. Si loin et si proche dans la teneur sensible, topos de toutes les réconciliations et avec la sérénité dans la grâce.

 Illustration : Portrait de Pascal Gabellone, dessin de Jacques Basse

Je crée, tu crées, il crée, nous crayons, vous créez, ils crient, de Guth Joly

dessin de Guth Joly

On a avancé par rapport à la société du XIX°, par rapport au XX° dans un certain nombre de pays et on va continuer d’avancer parce qu’il y a trop de gens qui meurent pour que cela dure. On ira sûrement au ralenti, l’important est qu’on ne recule pas. C’est long mais qui pourrait accepter cette image que j’ai trouvée en ouvrant Yahoo ce matin d’un enfant de dix ans tuant deux russes? Est-ce qu’on va accepter la jeunesse jihadiste comme on a accepté la jeunesse hitlérienne? On est mieux informés non ? et… impuissants, je l’accorde, et empêtrés dans des solutions sans financement (je pense à des psy à l’école, des professeurs d’histoire pour y voir clair, des ateliers artistiques et autres cellules de réflexion et de création).

Je sais que la haine attise la haine et qu’on n’est pas à l’abri. Ce qui est pire, c’est la masse inerte, énorme, des peureux qui n’osent rien dire et qui est la matière première des dictatures. Aujourd’hui, on connait bien les conséquences de cette inertie, de ces lâchetés, l’histoire nous les a apprises. Je sais que certains vont répliquer et que la connerie œil pour œil, dent pour dent, va fleurir. Mais on sait aussi plus qu’avant quelles conséquences elles auraient. Je ne pense pas qu’on va partir comme en quatorze la fleur au fusil. Cela va concerner une poignée.
L’important c’est ceux que ça a réveillés. Lire la suite…

Hommage, de Claude Ecken

montage photo de Claude Ecken

Le choc, les larmes, la colère.
Ensuite les réactions, les questions, les débats. L’ensemble des problèmes de nos sociétés déboule sur la scène, sans nous laisser le temps de faire notre deuil.
L’équipe de Charlie Hebdo a aussi dû essuyer les hommages collatéraux.
Elle ne saurait se reconnaître dans toutes les initiatives ni approuver l’ensemble des discours faits en leur nom.
Il est probable aussi que des soutiens ralliés sous la bannière de Charlie hebdo fronceront le nez en ouvrant le journal pour la première fois, après la tragédie. Ils n’y verront pourtant que le témoignage de la plus libre expression, sans égards ni compromis envers quiconque ni quelque idéologie que ce soit, sans agressivité non plus, sans règlement de comptes, faut-il le rappeler ? quand bien même se sentent agressés ceux qui s’y trouvent raillés. Mais allez expliquer cela à ceux qui prennent la mouche, campés sur des certitudes, bardés de convictions dont ils entendent que tout le monde les partage.

C’est en cela que ces dessinateurs et ces chroniqueurs sont salutaires et qu’il faut leur dire merci ! Merci d’être là depuis si longtemps !
Merci de défendre nos libertés ! Il y a quelque ironie à considérer que, sans l’attentat, Charlie Hebdo se serait éteint dans l’indifférence et l’anonymat, faute de finances et de lecteurs suffisants. Pire encore : qu’un journal satirique soit devenu l’emblème de la nation ressemblerait presque à une farce drolatique si les circonstances n’avaient été aussi tragiques.
C’est la raison pour laquelle aussi il convient de le défendre quelles que soient nos idées, car s’il ne les incarne pas toutes, il contribue à les rendre toutes possibles.
Ne céder sur rien, c’est ce que les auteurs de Charlie Hebdo ont toujours prôné, à leur façon iconoclaste, provocatrice, forcément dérangeante. Résolument potache, avec ce qu’il faut de vulgarité pour interpeller. Parce que l’outrance et le mauvais goût font parfois plus pour éveiller les consciences que les arguments bien léchés de la pensée de salon n’ébranlent les certitudes. Lire la suite…

Réflexion, de Michel Théron

Laïcité, de Michel Théron

Face aux horribles assassinats qui viennent de se produire, le premier mouvement a été la stupeur, la sidération. Le deuxième, la compassion, l’empathie, toutes marques d’émotion. Ces réactions-réflexes sont inévitables, et évidemment je les ai eues moi-même. Mais ensuite doit venir, et de cela je voudrais bien être sûr, sans en être pour autant persuadé, le moment de la réflexion.

Il est évident que le terrorisme s’est installé sur le chaos qu’ont créé les interventions impérialistes des puissances occidentales dans des pays qu’elles connaissaient très mal. Le prétexte a été l’instauration chez ces pays d’une démocratie, mais on n’a pas assez réfléchi qu’on n’y vient pas en un clin d’œil, en partant d’un régime tyrannique. Chez nous même, la démocratie s’est installée lentement, et au prix de beaucoup d’épreuves et de souffrances. À tout le moins, l’Occident s’est montré extrêmement léger dans son analyse, si du moins analyse de ce type il y a eu, car je pense qu’on s’en est tenu à la politique, bien banale de la part de pays anciennement colonisateurs, de la canonnière. L’enjeu bien sûr était bien moins noble que celui de la démocratie : l’intérêt économique des pays intervenants, le pétrole au Moyen-Orient, les richesses minières du Mali. L’indignation actuelle de beaucoup de dirigeants qui ont défilé pour la « liberté d’expression » n’est que de la tartuferie.

En second lieu, puisqu’on situe les attentats actuels par rapport au fait religieux, je pense qu’on ne défendra jamais assez et dans tous les cas la laïcité, qui fait relever la religion de l’espace privé et de celui du culte, et qui la prohibe radicalement de l’espace public. Il ne faut pas transiger là-dessus, et ceux qui sont pour une « laïcité positive », c’est-à dire plus ou moins tolérante quant aux intrusions religieuses dans l’espace public, ne savent pas à quoi ils s’exposent. Aussi, lors des défilés de protestation, j’aurais bien aimé qu’au lieu du compassionnel « Je suis Charlie ! », répété comme un mantra mais qui ne dépasse pas le stade de l’émotion, on ait vu ou entendu : « Pour la laïcité ! ». Mais il est vrai que cela eût demandé plus de réflexion !

Illustration : Montage de Michel Théron

Ce texte paraît également dans la rubrique habituelle de Michel Théron  (À contre-courant) du journal Golias Hebdo.

 

On les aimait

Photo Isa Prince

Photo Isa Prince

Bernard Maris est décédé le 7 janvier 2015 dans le tragique attentat contre Charlie-Hebdo.
Jean Cornil l’avait rencontré chez lui à Paris il y quelques mois. Il était un homme généreux,  attachant, subtil et passionnant.
Bernard Maris avait signé l’édito du numéro spécial de Charlie-Hebdo sur la laïcité.

Nous vous proposons cette rencontre en hommage à un homme profondément humaniste et à toutes les victimes de cet épouvantable assassinat.
Vous pouvez visionner ce film ici.

Et pour ceux qui auraient envie de passer un peu de temps avec l’œuvre dessinée de Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski, vous pouvez voir et revoir leurs dessins en grand format.