Le Fonds de Solidarité ouvert pour mars, 27 avril 202

une communication de la SGDL

Nous vous informons que le formulaire de demande d’aide au Fonds de Solidarité pour les artistes-auteurs déclarant leurs revenus artistiques en traitements et salaires est désormais en ligne au titre du mois de mars 2021. Il est accessible sur cette page.
Vous avez jusqu’au 31 mai 2021 pour déposer une demande.

Les artistes-auteurs déclarant leurs revenus en BNC peuvent déposer leur demande sur le site des impôts, dans leur espace personnel.
Nous vous rappelons que le mode de calcul choisi, lors de votre demande d’aide au titre de février 2021, pour déterminer votre revenu de référence 2019 (soit les revenus du mois concerné, soit la moyenne mensuelle des revenus 2019) est reconduit automatiquement pour les mois suivants. Si vous n’avez pas effectué de demande en février, vous pourrez faire ce choix dans le formulaire de demande au titre de mars. Il s’appliquera ensuite pour chacun des mois suivants.

Le Don des chimères, de Joëlle Wintrebert

Le Don des chimères, récit d’anticipation, Armada, octobre 2020
Illustration : Jean Mathias

Qui ne rêverait de rencontrer la créatrice des chimères, ces créatures fabuleuses dont la mue permet de récolter la fourrure ?
Idunn n’en éprouverait que du plaisir si on ne l’y avait contrainte. Quand vous devez élever seule votre enfant et que c’est une autiste, les propositions les plus détestables ne peuvent se refuser.
Vous ne manquez ni de talent ni d’énergie. Cela suffira-t-il pour triompher de l’adversité ?

 

EXTRAIT

Dès qu’elle retrouve le Fairmont Narbonne, Idunn perd l’assurance affichée plus tôt devant Karen Elysium. Son sentiment de culpabilité la tenaille. Qu’est-ce qui lui prend, de s’apprêter à livrer sa fille, un être sans défense, à ces folles égoïstes ? Et tu prétends plier pour la protéger ? Tu aurais dû envoyer la damnée présidente au charbon.

Elle gare la voiture et tire sa progéniture de l’habitacle, exaspérée de mesurer une nouvelle fois le poids qu’elle représente. Poids dans ma vie, poids au bout de mes bras, pense-t-elle en secouant doucement le corps inerte. L’enfant voit-elle seulement ce qui l’entoure ? Les étangs et la mer miroitant au soleil maintenant que la tempête a cédé ? Les tours du Palais des Archevêques, au loin, qui se dessinent, graphiques au-dessus du damier des tuiles de la vieille ville ? Entend-elle les mouettes inlassables crier dans le bleu cru du ciel ? Et les chauds arômes de résine, d’écorces et d’aiguilles qui proviennent du bois de pins d’Alep, les sent-elle ? Au moins, le changement radical de ses habitudes ne paraît pas l’angoisser. Les thérapeutes prédisaient une réaction majeure, elle ne s’est pas produite. Ou pas encore ?

Trois histoires un peu noires, de Janine Teisson

Trois histoires un peu noires, trois courtes nouvelles, collection 22 222, Ours édition, 2020 (2€)

Trois p’tites tranches de vie qui traversent la nôtre, juste des moments capturés délicatement dans le filet à histoires de Janine Teisson. C’est sûr, l’épingle qui les fixe dans la vitrine de ce recueil pique un peu, mais bon… C’est si bien présenté.

 

EXTRAIT – in Insomnie

Quand vous êtes venu l’été dernier demander si vous pouviez prendre de temps en temps un bidon d’eau au robinet du forage pour arroser vos légumes et abreuver vos poules et que vous nous paieriez en nature, il a dit non, pas question. Vous avez dit excusez-moi avec un sourire. Comme si cela n’avait pas d’importance. Il n’y avait ni humilité ni rancœur dans votre attitude. J’en ai été contente. Moi j’ai baissé la tête quand vous avez dit : « en nature ». Et si je montais demain jusqu’à votre mazet ? Si je venais vous dire, sans baisser les yeux : « En nature, oui, s’il vous plaît. » Vous auriez votre sourire nonchalant, lèvres prune.

 

chez l’éditeur

 

Un déjeuner de soleil, de Jeanne Bastide

Un déjeuner de soleil, récit, L’Amourier éditions, septembre 2020
image de couverture J. Bastide et Paul-Emile Objar / collection “ Thoth ”

L’expression, initialement, dit la perte de luminosité des pigments quand ils sont exposés au soleil, ou mangés par le soleil lorsqu’il s’agit du linge étendu au soleil de midi. Devenue symbole de toute chose périssable, l’expression évoque ici le récit d’un amour décousu. Sous nos yeux de lecteur, la vie d’une femme bascule parce que son aimé s’est éloigné. Habitée par son fantôme et par le désir de comprendre ce qui lui arrive elle s’interroge, déroulant au fil des pages un monologue à forte charge poétique qui la conduit en territoire inconnu. Les lecteurs de Jeanne Bastide y reconnaîtront sa voix, la singularité de son écriture creusant sous la peau le chaos intérieur que chacun renferme. Ceux qui la découvrent sont invités à se laisser surprendre par la liberté de ses images et sensations décrites.

Non ! Quelque chose s’est ouvert avec la violence de ce non. Non ! Et le monde se fracture. La terre se fend. Le vide prend place. Jusqu’à la respiration qui se fissure. Il faudra du temps. Beaucoup de temps pour que la vie se remette en place. Que l’herbe soit verte. Le cyprès vertical. Il faudra que le vent nettoie les poumons et toutes ses alvéoles. Il faudra que le pas se fasse plus sûr, qu’il donne confiance à ce qui le porte pour avancer sans trébucher. Il faudra que le soleil, la lune et les étoiles accomplissent les circonvolutions nécessaires. Il faudra le silence. Quelques bouts de joie. Un envol de paroles muettes. La solitude pour voir enfin un sourire apparaître. Il faudra que mes pieds nus marchent sur l’herbe. Que mon corps vivant, articulé, se mette en mouvement – se déplace.

lire le début du texte ici

 

Information URSSAF / création de compte pour les artistes-auteurs en traitements et salaires, 4 juin 2020

Une communication de la SGDL aux auteurs (diffusion le 4 juin 2020)

Si vous déclarez vos revenus d’auteur en traitements et salaires, l’URSSAF va vous adresser, dans les prochains jours, un  courrier d’immatriculation contenant  un code d’activation de votre compte artiste-auteur.
Si vous n’aviez pas reçu ce courrier d’ici mi-juin
(bien que vous ayez perçu des revenus en droits d’auteur en 2019), vous pouvez le signaler au moyen de ce formulaire  en y indiquant votre adresse postale. Un nouveau courrier vous sera dans ce cas adressé.

Si vous avez déjà reçu vos identifiants et créé votre compte, vous serez informé par mail de l’ouverture du service de déclaration en ligne.

Vous pouvez également consulter un tutoriel vidéo réalisé par l’URSSAF, ainsi que l’espace dédié rassemblant toutes les informations utiles, notamment une foire aux questions qui sera mise en ligne prochainement.

Vous pouvez également contacter le serveur vocal interactif de l’URSSAF à ce numéro : 0806-804-208.

 

Le Rejet de Janine Teisson

Le Rejet, roman noir, éditions Glyphe, mai 2018

Alexandre le fou
ou Un assassin si compétent

Carole : “Ce que je vis avec Alexandre est une folie. […] Je t’ai abandonnée, Lucile.”
Lucile : “Je me sens en danger. Alexandre devient vraiment bizarre. […] Je ne serai plus de ce monde au moment où tu liras ces mots.”
Alexandre :”J’étais sûr que tu viendrais ici chercher la vérité.”

 

Lucile la douce et Carole la guerrière sont amies depuis l’adolescence. Alexandre, médecin réputé, est le beau-frère  de l’une et l’amant de l’autre. Lucile est morte depuis plusieurs mois. Carole cherche des réponses à ses questions dans le cahier noir que Lucile lui a laissé. Mais rien ne l’avait préparée aux révélations qu’il renferme. Au fil des pages, le passé qui semblait limpide, baigné par la lumière des Cévennes, remonte comme une eau trouble.

Le stage d’athlétisme poétique, d’Anne-Marie Jeanjean

Le stage d’athlétisme poétique, poésie, éditions L’HARMATTAN, collection Levée d’ancre, juin 2017 (préface de Michel Cassir)

Un stage étrange, une fête de la poésie qui finit bizarrement, tout cela pour guérir…
bien sûr, mais de quoi donc ?

 

Fragment : La consultation (1ère partie)

« Voyez-vous, à notre époque lyrisme, sensiblerie, pathos, beauté… ne prenez pas de risque inutile. Il suffit de choisir parmi les disponibilités acceptables par votre langue et votre société.
– Môsssssieur, j’écrirai ce qui m’plaît et je continuerai avec ma p’tit’ brocante familiale à faire joujou avec les coupables, les emprisonnés, les exclus les pas exclus et même les morts et j’ vendrai les vrais et les faux bib’lotscomm’ ça m’ chant’ et même avec l’horrible tribu du 19ème et même d’avant et de bien avant !
– Trrrès intéressant comme réaction huuummmmtrrrèsinréress… oui, le jeu est fondamental et avec un savant bricolage certains symptômes finiront par disparaître.
Ce stage va être une très enrichissante expérience pour vous…
Mon associé va vous conduire.

*  *  *

Derrière la porte, j’esgourdais le grand professeur Boulgaghen parler avec son secrétaire lalilenlairelalilenlaire et (j’) lorgnait la porte vitrée pour me tirer en loucedé mais Miss Drac’ (Ahhhh, cell’-là…) me retint fort solidement, m’embarqua plus encore rapid’ment et… me jeta tout’ crue dans l’ gymnase.
??????????!!!!!!!!!!!!!!
Bigre… que c’est grand un gymnase… c’est immmmmmmmense. (boules gorge + estomac + plas ????? bas + jambes flageollllll…)

Un jeune homme, style golden boy décontracté faisait un discours  »

Les Petits Dieux, de Sandrine Willems

Les petits Dieux, romans , Espace Nord, Bruxelles, mars 2017

Cinq petits volumes qui touchent avec justesse et jubilation au vivant, à l’émotion.

Les Petits Dieux constitue un ensemble de romans miniatures. Chacun évoque, sous forme de monologue, un personnage mythique ou historique, dont le destin fut marqué par un animal : Abraham et l’agneau, Chardin et le lièvre, Tchang et le Yéti, La Dame et la licorne, Carmen et le Taureau.

« Les animaux ont l’art de nous ramener au plus primaire, à une brusque effusion de tendresse, une bouffée de joie immotivée, une envie de jouer, un chagrin effroyable qui ne se laisse pas raisonner. Les animaux nous font sortir de nos pudeurs et nos habituelles défenses ; qu’un jour de tristesse l’un d’eux s’efforce de nous consoler, qu’il décide de ne plus nous quitter, ou que meure celui qui nous a côtoyés des années, et en nous vacille quelque chose qui réveille soudain toute notre fragilité. »

Meurtres du fond des âges, d’Adeline Abadie (Yzac)

Meurtres du fond des âges, roman noir, collection Plumes Noires, éditions Lucien Souny, mars 2017

Deux morts sur un site archéologique, l’abri Mespoulet, aux Eyzies : un cadavre datant du Paléolithique, quinze mille ans, et le jeune archéologue qui l’étudiait. Pas beaux à voir. Retrouvés dans une posture érotique des plus originales, ils ne s’y sont pas mis tout seuls, vu la différence d’âge. Ils seront également deux pour lever le voile sur la macabre mise en scène et identifier l’auteur de cet outrage : le gendarme d’élite Élina Seignabous, qui a participé à des missions en pleine jungle sud-américaine, à des actions dans des marigots en Afrique, à des opérations sur les champs minés de l’ex-Yougoslavie, et le commissaire Ange Rossello-Obarowski, pied-noir, juif et corse. Un cocktail turbulent, virtuose de l’obstination et des coups de chauffe. Et pourtant tous deux seront une fois encore déchirés par la barbarie. Un visage nouveau de la barbarie.

voir ici la présentation sur YouTube

Contact : contact@jeanlouiscianni.com
Son site

Biographie

Je vis à Montpellier, mais je suis né dans le port de Sète, ce qui donne à mon travail des couleurs maritimes et un parfum d’insularité. J’ai fait des études de philosophie et de sciences du langage, mais j’ai préféré l’action à l’enseignement.
Je me suis embarqué dans le journalisme puis la communication. Sur les espaces tourmentés, de la presse nationale et régionale, des entreprises et des collectivités que j’ai traversés, j’ai toujours utilisé les phares, balises et boussoles de la philosophie.
Les cours de communication que j’ai donnés dans les universités de Montpellier pendant de longues années ont également puisé dans ses méthodes, ses théories, ses ressources critiques.
Pour moi, la philosophie est une pratique, un engagement. Elle nous aide à affronter les épreuves de la vie et à conduire notre existence. Elle incite toujours à la lucidité et à la vigilance citoyenne. Elle nous rappelle notre exigence de solidarité et de liberté.

 

Bibliographie

  • Philosopher à la plage, essai philosophique, Albin Michel 2016
  • Les armes d’Hercule, essai philosophique, Marabout 2015
  • La mère et le philosophe, essai philosophique, Le Bord de l’eau 2010
  • Chacun de nous peut se transformer, entretien avec Arnaud Desjardins, Albin Michel 2010, Marabout 2013
  • La philosophie comme remède au chômage, essai philosophique, Albin Michel 2007, Marabout 2013

Ouvrages collectifs :

  • Sète, Gènes, Cités valéryennes, Fata Morgana 2016
  • Valéry contemporain, Fata Morgana 2013
  • Le Cimetière marin, Éditions singulières 2009

 

   

Artemisia, de Jean Reinert

Tertiarisa, théâtre, L’Oeil du souffleur, septembre 2016

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EXTRAIT
Borghese : La vérité, le juge Felice la découvrira, je n’ai aucun doute là-dessus.
Artemisia : Demain, il me fait subir le supplice de la Sibylle. Si je perds mes mains, c’est comme
si je mourais…
Borghese : Pourquoi tu t’imposes cette épreuve? Renonces-y.
Artemisia : Pour innocenter Agostino ? Et rester déshonorée ? Et mon père aussi ? Je préfère
mourir !
Borghese a un mouvement d’agacement.
Borghese : Ce procès est scandaleux. Malheur à celui par qui le scandale arrive ! Pour ce qui est
de la vérité, nous l’aurons. La justice de notre Saint-Père sera sans défaillance…
Artemisia : Pourquoi Agostino ne la subit-il pas, lui, la torture de la Sibylle ?
Borghese, avec une froide ironie: Hé! Mais j’en ai besoin, moi, des mains d’Agostino !

Miroir, mon beau miroir…(2), de Nicolas Gouzy

 

image miroir 2 bis

…/… Je décide de surseoir à toute autre investigation (Je sursois très bien, une autre forme de procrastination, j’ai souvent sursis, pour le service militaire, pour une petite peine d’emprisonnement aussi, un sursis c’est toujours bon à prendre) et je pars « réfléchir » au bistrot du quartier où je bois mon petit jus du matin. Je jette tout de même un œil inquiet à tout ce qui mire, reflète, renvoie, incidemment ou directement, une image de moi. C’est bon, y’en a, plein, des mire-moi. Pavés lustrés du hall, rétroviseurs des voitures alignées le long des trottoirs, glaces et vitrines de la rue, grand miroir du bar, lunettes de Gégé, métal argenté d’une salière oubliée, reflets bombés des deux côtés de la petite cuiller, je peuple dignement mon monde d’inversions plus ou moins déformées de mon moi encore un peu inquiet. Avouez qu’il y a de quoi ! J’en suis là et j’en suis las. Il ne me revient pas d’histoires de reflets qui se sont barrés de leurs miroirs ou bien de miroirs fatigués de refléter leurs propriétaires. Il y a bien les vampires que la mythologie hollywoodienne prive du reflet allégorique de leur âme disparue. Il y a bien Alice qui passe de l’autre côté. Il y a ceux sans tain qui dissimulent des voyeurs, psychopathes, profilers, inspecteurs et autres lance-flammes vengeurs. Il y a bien des choses en plus, en plus ou moins malveillant, malvoyant, qui apparaissent dedans, mais en moins…Je ne vois pas. Comme j’ai la chance ( ?) de ne pas avoir à aller bosser à l’autre bout de la ville puisque mon bureau c’est chez moi, je rentre au boulot. J’ai deux ou trois papiers à la con à écrire sur des glaces tendance en pots tendance dont le glacier-tendanceur n’a pas eu la délicatesse de m’en faire livrer quelques échantillons. Je vais improviser. Tant pis pour lui. Le miroir de mon couloir me renvoie poliment une image matinale dans laquelle, bien qu’habillé, je reste gris et fatigué. C’est un bon début de retour à la normalité. J’ai dû laisser la lumière allumée au-dessus du miroir vide la salle de bains car un rai lumineux filtre sous la porte…Je prends mon courage à deux mains (en vérité, pour ce que j’en ai, je pourrais aussi bien le pincer entre deux doigts), j’ouvre et décide d’en avoir le cœur et les yeux nets. Je ne comprends pas tout, du premier coup, tout d’un coup… Je vois…Je me vois ! Me déshabiller, entrer dans la douche, pisser sur la bonde (disons que ça vous ne l’avez pas vu), ouvrir l’eau, me savonner, me rincer, me sécher, puis me pencher vers le grand miroir scellé au-dessus du lavabo, essuyer la buée et me regarder, ébahi ! Ce con de truc m’a enregistré et il se repasse la scène. Je suis devant et maintenant je me vois en train de tenter de me voir, hagard, cherchant des yeux mon regard ! Alors je crie et je m’enfuis ! …/…

(à suivre)