Dictionnaire impertinent du pays de Saugues en Gévaudan, de Bernard Lonjon

Lonjon_GevaudanDictionnaire impertinent du pays de Saugues en Gévaudan, histoire, éditions du Roure, mars 2015

La précieuse diversité des gens de Saugues alimente le cœur de ce dictionnaire qui fait revivre ce village hors du temps sous toutes ses formes : archéologique, historique, géographique, sociologique et humaine. S’il est amoureux de ce pays fantasmé, il devient souvent impertinent face à l’obscurantisme et à l’intolérance. Avec le regard de l’enfance, il devient le tissage des rumeurs antiques, des odeurs de campagne, des scènes de la vie quotidienne, des lieux magiques, des hommes et des légendes.
Ce livre de terroir fleure bon les métiers disparus, les objets désuets et les amours d’antan. Aussi les révoltes, les conquêtes et les passions de ces femmes et de ces hommes qui ont lutté pour que le pays de Saugues survive à sa légende au cœur de la Margeride.


Édith et ses hommes, de Bernard Lonjon

1ère de couv, Edith et ses hommes, de Bernard LONJONÉdith et ses hommes, biographie, éditions du Moment, mars 2015

Il y a 100 ans naissait une voix unique. Porte-drapeau de la chanson réaliste, Édith Piaf s’est appuyée sur les hommes qui ont traversé sa vie peuplée de morts vivants et de cauchemars insondables. Ils répondaient à un besoin impérieux et permanent de combler ses vides et taire ses angoisses.
« J’ai le cœur trop grand pour un seul gars, c’est pour ça que j’écris l’amour sur toute la terre.» chantait celle qui aima l’amour avant tout.
Cet ouvrage revisite la vie de la chanteuse à la voix exceptionnelle, entrée au Panthéon des artistes. Une aventure humaine parsemée d’amours infinies, de chagrins inconsolables et de sentiments irrésolus.

Appel à témoignage

Un appel relayé par la Société des Gens de Lettres, 27 Février 2015

Le 29 janvier, la SGDL, comme l’ensemble du CPE, réagissait à la publication du rapport de Julia Reda, eurodéputée en charge d’un bilan de l’application de la directive européenne sur les exceptions au droit d’auteur.
Lire le rapport
Dernièrement, Julia Reda en appelait, sur son blog, aux témoignages directs d’auteurs et de créateurs.
Le blog de Julia Reda

À l’heure d’une remise en cause du droit d’auteur, affichée et affirmée par les institutions européennes, les partisans du tout gratuit et les grands opérateurs de l’internet, et alors que nos revenus d’auteurs et de créateurs sont fragilisés par la multiplication des exceptions au droit d’auteur et le maintien d’une totale irresponsabilité des fournisseurs d’accès à l’Internet face au piratage des œuvres, il est important et urgent de faire entendre notre voix. Celle des auteurs sans lesquels il n’y aurait, faut-il encore le rappeler, aucune œuvre.
C’est pourquoi, la SGDL vous invite à répondre massivement à la sollicitation de Julia Reda. Soyons nombreux à lui adresser des témoignages d’une vie d’auteur au quotidien : l’occasion de rappeler à l’eurodéputée que le droit d’auteur et la juste rémunération des créateurs sont les meilleurs atouts d’une création libre et diversifiée.
Si véritablement, l’Europe se soucie des auteurs, il y a fort à faire pour les aider à lutter contre les clauses abusives dans les contrats d’édition, favoriser la transparence des comptes envoyés par les éditeurs, garantir une juste rémunération et un meilleur partage de la valeur notamment dans l’univers numérique et combattre efficacement le piratage de leurs œuvres.
Notre liberté de créateurs en dépend.

Ce qu’elle veut dire, de Françoise Renaud

 1ère de couv, Ce qu'elle veut dire, de Françoise RenaudCe qu’elle veut dire, récit, collection D’un espace, l’autre’, éditions Chèvre-feuille étoilée, mars 2015

Françoise Renaud recueille ici ce qu’ELLE veut dire. Elle, l’amie jamais nommée dans ce récit, représentée par ce pronom si « personnel » et  universel à la fois. Elle, Humaine, ni plus, ni moins…
Et toujours la présence insistante de la mort qui ramène dans le camp de la vie et rallume les lampes sur les berges du fleuve.La seule parole qui tienne est en train
de s’écrire. La vérité est dans le livre… dans le livre…

Entre femmes, de Paula Dumont

1ére de couv, Entre femmes, de Paula Dumont Entre femmes, 300 œuvres lesbiennes résumées et commentées, éditions L’Harmattan, février 2015.

Dans Entre femmes, Paula Dumont recense, résume et commente plus de trois cents ouvrages (romans, nouvelles, recueils de poèmes, drames, bandes dessinées et témoignages) rédigés par des femmes et mettant en scène des lesbiennes. Seules les biographies de lesbiennes et bisexuelles ont des hommes pour auteurs. Ces livres ont été publiés de 1900 à 2014. En effet, entre les poèmes de Sappho et Claudine à l’école, soit durant vingt-sept siècles, les livres traitant de ce sujet n’ont eu que des hommes pour auteurs, les lesbiennes étant non seulement invisibles, mais aussi muettes.

La double impression, de François Szabo

1ère de couv La double impression, de F.SZABO_couvLa Double Impression et autres poèmes, poésie, Obsidiana Press, 2015, Charleston (États-Unis)

La double impression est un volume de poèmes en plusieurs parties qui regroupe quelques suites de poèmes de livres d’artistes mais aussi un noyau à plusieurs voix, théâtre de l’être, de l’introspection et de la création.
Paroles diverses en points de vue et angles d’approche de l’existence d’un monde à appréhender.

Les coléoptères, de Denise Miège

1ère de couv, Les coléoptères, de Denise MiègeLes coléoptères, poèmes illustrés par Vincent Rougier, éditions Vincent Rougier, revue Ficelle, février 2015

Denise Miège a touché à tout avant de découvrir le monde fascinant des animaux qui vont apparaître dans ses poèmes. Malicieux et câlins dans ANIMALIMAGES (éd. Le Dé bleu, collection le Farfadet bleu, repris par Cadex), ils sont moqueurs, déroutants, sarcastiques voire frondeurs dans ANIMALINUSITES (éd. Tarabuste, collection Au revoir les enfants).
C’est maintenant au tour des insectes de faire découvrir leurs vices cachés, leurs vertus méconnues et leur curieuse ressemblance avec les humains.

Inondation, de Françoise Renaud

INONDATION,1ère de couvInondation, récit, collection Petites Proses, janvier 2015

Le 17 septembre 2014, le village de Saint-Laurent-le-Minier dans le Gard a subi un événement sans précédent. Une vague de boue, issue d’un ruisseau appelé Naduel, l’a submergé, causant d’impressionnants dommages, détruisant des ponts, emportant les jardins, dévastant les maisons.
L’écrivain, installée depuis peu au village, raconte ce qu’elle a vu (elle était aux premières loges), entendu, vécu durant cette période hors du temps ordinaire.

Je crée, tu crées, il crée, nous crayons, vous créez, ils crient, de Guth Joly

dessin de Guth Joly

On a avancé par rapport à la société du XIX°, par rapport au XX° dans un certain nombre de pays et on va continuer d’avancer parce qu’il y a trop de gens qui meurent pour que cela dure. On ira sûrement au ralenti, l’important est qu’on ne recule pas. C’est long mais qui pourrait accepter cette image que j’ai trouvée en ouvrant Yahoo ce matin d’un enfant de dix ans tuant deux russes? Est-ce qu’on va accepter la jeunesse jihadiste comme on a accepté la jeunesse hitlérienne? On est mieux informés non ? et… impuissants, je l’accorde, et empêtrés dans des solutions sans financement (je pense à des psy à l’école, des professeurs d’histoire pour y voir clair, des ateliers artistiques et autres cellules de réflexion et de création).

Je sais que la haine attise la haine et qu’on n’est pas à l’abri. Ce qui est pire, c’est la masse inerte, énorme, des peureux qui n’osent rien dire et qui est la matière première des dictatures. Aujourd’hui, on connait bien les conséquences de cette inertie, de ces lâchetés, l’histoire nous les a apprises. Je sais que certains vont répliquer et que la connerie œil pour œil, dent pour dent, va fleurir. Mais on sait aussi plus qu’avant quelles conséquences elles auraient. Je ne pense pas qu’on va partir comme en quatorze la fleur au fusil. Cela va concerner une poignée.
L’important c’est ceux que ça a réveillés. Lire la suite…

Hommage, de Claude Ecken

montage photo de Claude Ecken

Le choc, les larmes, la colère.
Ensuite les réactions, les questions, les débats. L’ensemble des problèmes de nos sociétés déboule sur la scène, sans nous laisser le temps de faire notre deuil.
L’équipe de Charlie Hebdo a aussi dû essuyer les hommages collatéraux.
Elle ne saurait se reconnaître dans toutes les initiatives ni approuver l’ensemble des discours faits en leur nom.
Il est probable aussi que des soutiens ralliés sous la bannière de Charlie hebdo fronceront le nez en ouvrant le journal pour la première fois, après la tragédie. Ils n’y verront pourtant que le témoignage de la plus libre expression, sans égards ni compromis envers quiconque ni quelque idéologie que ce soit, sans agressivité non plus, sans règlement de comptes, faut-il le rappeler ? quand bien même se sentent agressés ceux qui s’y trouvent raillés. Mais allez expliquer cela à ceux qui prennent la mouche, campés sur des certitudes, bardés de convictions dont ils entendent que tout le monde les partage.

C’est en cela que ces dessinateurs et ces chroniqueurs sont salutaires et qu’il faut leur dire merci ! Merci d’être là depuis si longtemps !
Merci de défendre nos libertés ! Il y a quelque ironie à considérer que, sans l’attentat, Charlie Hebdo se serait éteint dans l’indifférence et l’anonymat, faute de finances et de lecteurs suffisants. Pire encore : qu’un journal satirique soit devenu l’emblème de la nation ressemblerait presque à une farce drolatique si les circonstances n’avaient été aussi tragiques.
C’est la raison pour laquelle aussi il convient de le défendre quelles que soient nos idées, car s’il ne les incarne pas toutes, il contribue à les rendre toutes possibles.
Ne céder sur rien, c’est ce que les auteurs de Charlie Hebdo ont toujours prôné, à leur façon iconoclaste, provocatrice, forcément dérangeante. Résolument potache, avec ce qu’il faut de vulgarité pour interpeller. Parce que l’outrance et le mauvais goût font parfois plus pour éveiller les consciences que les arguments bien léchés de la pensée de salon n’ébranlent les certitudes. Lire la suite…

Réflexion, de Michel Théron

Laïcité, de Michel Théron

Face aux horribles assassinats qui viennent de se produire, le premier mouvement a été la stupeur, la sidération. Le deuxième, la compassion, l’empathie, toutes marques d’émotion. Ces réactions-réflexes sont inévitables, et évidemment je les ai eues moi-même. Mais ensuite doit venir, et de cela je voudrais bien être sûr, sans en être pour autant persuadé, le moment de la réflexion.

Il est évident que le terrorisme s’est installé sur le chaos qu’ont créé les interventions impérialistes des puissances occidentales dans des pays qu’elles connaissaient très mal. Le prétexte a été l’instauration chez ces pays d’une démocratie, mais on n’a pas assez réfléchi qu’on n’y vient pas en un clin d’œil, en partant d’un régime tyrannique. Chez nous même, la démocratie s’est installée lentement, et au prix de beaucoup d’épreuves et de souffrances. À tout le moins, l’Occident s’est montré extrêmement léger dans son analyse, si du moins analyse de ce type il y a eu, car je pense qu’on s’en est tenu à la politique, bien banale de la part de pays anciennement colonisateurs, de la canonnière. L’enjeu bien sûr était bien moins noble que celui de la démocratie : l’intérêt économique des pays intervenants, le pétrole au Moyen-Orient, les richesses minières du Mali. L’indignation actuelle de beaucoup de dirigeants qui ont défilé pour la « liberté d’expression » n’est que de la tartuferie.

En second lieu, puisqu’on situe les attentats actuels par rapport au fait religieux, je pense qu’on ne défendra jamais assez et dans tous les cas la laïcité, qui fait relever la religion de l’espace privé et de celui du culte, et qui la prohibe radicalement de l’espace public. Il ne faut pas transiger là-dessus, et ceux qui sont pour une « laïcité positive », c’est-à dire plus ou moins tolérante quant aux intrusions religieuses dans l’espace public, ne savent pas à quoi ils s’exposent. Aussi, lors des défilés de protestation, j’aurais bien aimé qu’au lieu du compassionnel « Je suis Charlie ! », répété comme un mantra mais qui ne dépasse pas le stade de l’émotion, on ait vu ou entendu : « Pour la laïcité ! ». Mais il est vrai que cela eût demandé plus de réflexion !

Illustration : Montage de Michel Théron

Ce texte paraît également dans la rubrique habituelle de Michel Théron  (À contre-courant) du journal Golias Hebdo.