Les Aventures d’une future vétérinaire, d’Hélène Marche

Les Aventures d’une future vétérinaire, roman, Le Lys Bleu, septembre 2026

Sophia est une élève studieuse avec un seul objectif en tête : devenir vétérinaire. Passionnée par les animaux sauvages, elle réalise son rêve et s’envole pour la réserve de la Lopé au Gabon. Dès son arrivée, elle est subjuguée par ce fabuleux pays aux multiples facettes. La découverte de la flore, de la faune équatoriale, des tribus, de l’amitié l’émerveille à chaque instant. Au cours de ces aventures, elle découvre l’amour passionnel avec Charles mais elle va vivre également de tragiques événements… Son destin l’entraîne vers de nouveaux horizons et sa bonne étoile veille toujours sur elle…

Un roman dédié à tous ceux et celles qui aiment les animaux, la nature, les aventures… et l’Afrique. Un livre hommage à tous les soignants, les vétérinaires.
Un clin d’œil particulier au musée de la mer de Biarritz et aux écoles nationales vétérinaires. Peut-être qu’il inspirera des vocations…


 

EXTRAIT

Promenade dans la forêt équatoriale au Gabon

Sophia imite ses compagnons de route. Elle avance prudemment et scrute l’eau de crainte de frôler une quelconque bête visqueuse quand, tout à coup, elle s’enfonce jusqu’à la taille. Elle hurle et se débat comme une hystérique. Charles se précipite à son secours pour la sortir du trou. Elle tombe dans ses bras et s’appuie sur sa poitrine. Il la soulève, puis la dépose sur la rive. Sophia, vexée, se met à sangloter. Charles caresse délicatement ses cheveux en la rassurant :

— Chut, calme-toi ! Ce n’est rien, tout va bien. Tu n’as pas eu de chance, c’est tout. Les trous sont pourtant rares sur ce passage et il a fallu que tu en trouves un ! Tu vois, il n’y avait pas de quoi avoir peur, tu n’as pas vu de monstrueuses créatures !

Sophia enlève ses lunettes et sèche ses yeux aux reflets d’émeraude avec le mouchoir en papier que lui tend Charles :

— Je suis vraiment trop bête… Désolée d’avoir paniqué ainsi. C’est ridicule, n’est-ce pas ?
— Mais non, pas du tout ! D’ailleurs, tu es encore plus adorable ainsi, ajoute-t-il.

Sophia réalise alors que sa chemise mouillée, devenue transparente, dévoile la pointe de ses seins. Elle baisse les yeux et tente de se mettre debout. D’un geste ferme, Charles prend sa main et, tout en l’aidant à se relever, il l’enlace. Attirés l’un vers l’autre, leurs lèvres s’unissent avec délicatesse. Elle ne ressent plus la fraîcheur de ses vêtements trempés, car une douce chaleur envahit tout son corps. Ce premier baiser la bouleverse. Quelle merveilleuse sensation de rester blottie dans les bras de Charles ! Si elle en avait eu la possibilité, elle aurait arrêté le temps…

Mamadou s’étant éloigné dans les fourrés, n’a pourtant rien raté de la scène. Par avance, il se réjouit de ce qu’il va relater à Marius…

Sophia reprend ses esprits, elle repousse doucement Charles avant de s’engouffrer à son tour dans le passage tracé par Mamadou. Charles ferme la marche. La végétation devient de plus en plus dense et le chemin de plus en plus étroit.

Boulevard du Temps, de Claude Chabel

Boulevard du Temps, nouvelles, éditions Le Coryphée, janvier 2026

Cette parution marque le retour de Claude Chabel à l’écriture de fiction après de nombreuses années consacrées plutôt au théâtre : adaptations et écritures théâtrales, mises en scène, interprétations, notamment à la Compagnie Maritime et au Carré Rondelet à Montpellier, ainsi qu’à l’animation de très nombreux ateliers d’écriture, surtout pour adultes, et dédiés aux formes courtes.

Boulevard du Temps présente trente et une nouvelles courtes ou longues : de la quotidienneté au fantastique, de l’héritage désenchanté du XXe siècle à un XXIe siècle qui a du mal à s’installer, en passant par des réalités plus ou moins parallèles revisitées par l’imaginaire. Dans ces textes, on trouve différents modes de narration, parfois empruntés au théâtre, ainsi qu’une certaine forme de surréalité. L’écriture est sobre, moderne et souvent très directe.

EXTRAIT in Passé, présent, futur

Presque en même temps, le carillon retentit et le téléphone sonne ; c’est désagréable et même un peu angoissant, ce double appel.
Va, ouvre la porte, accueille celui qui vient ; le téléphone peut bien attendre, il y a un répondeur.
Il arrive. Tu entends ? Oui, il est un peu en avance… Tu es contente, mais.
L’image dans le cadre ne vous empêchera pas d’être heureux ensemble, n’est-ce pas ?
Alors pourquoi ranges-tu la photo dans un tiroir avant de répondre à l’appel ?
Peut-être refermes-tu le tiroir lentement, avec ou sans regret ? Le passé s’est assoupi, tu vas vers l’entrée, tu accueilles le vivant
Ou bien tu reprends aussitôt la photo et tu la regardes encore. Tu y vois quelque chose, certainement pas le sourire figé par le photographe : un éclat différent, plein de tendresse. Comme si, au-delà du papier jauni, quelqu’un t’encourageait à vivre.
Et tu poses le cadre bien en évidence : c’est une présence paisible qui restera là.

Ou peut-être ranges-tu la photo, pour de bon, cette fois ? Le carillon t’appelle au présent. Tu vas ouvrir, et le passé restera à sa place.
Tu hésites. Et moi aussi, qui t’invente, qui te donne cette vie de papier et qui te parle comme si je te connaissais depuis toujours, en écrivant, j’hésite.

Tu ne bouges peut-être pas immédiatement ? Le carillon insiste, le téléphone aussi. Tu vas peut-être reprendre la photo dans tes mains et la regarder encore ? Tu y liras à nouveau la tendresse partagée. Alors, pose le cadre sur son étagère et va ouvrir la porte.
Tu restes peut-être figée dans ton ébauche de mouvement pendant un moment, court et long à la fois, avant de répondre. »

PRÉSENTATION DE JEAN-LOUIS RECH (L’encrier renversé)

Claude Chabel est le lauréat du IXe concours de L’encrier renversé, mais je ne parle pas de ce recueil par copinage. À l’époque, j’étais plutôt dans mon jardin sous les tropiques à regarder la première Ariane 5 s’arracher à la forêt avant d’exploser au-dessus de ma tête. C’est juste que ces nouvelles font du bien.

Le titre du recueil se justifie largement vu qu’on passe de l’époque du labyrinthe de Dédale à une science-fiction qui n’a rien à voir avec des hommes à oreilles pointues flottant entre des astres peuplés de drôles de bêtes, plutôt à ce que semble nous promettre l’avenir qu’on se fait à courir vers le mur du fond. On s’y reconnaît toujours.
Ces 31 nouvelles, souvent très courtes, offrent des éclats de vie. Et le plaisir vient par exemple de cette solitude sur une île à l’air breton choisie par le narrateur pour ce nouvel an charnière entre deux siècles, quand tout devait sauter. Il dit le plaisir simple alors qu’on devine qu’il est là après la mort de son amour. Et pas morte seulement pour lui mais morte tout court. Alors l’isolement, le feu de bois dans la cabane, le bain glacé nu dans la mer, c’est juste la vie, et dit d’une belle écriture.

Lire la suite…

La meilleure recette de maison hantée, de Chloé Millet

La meilleure recette de maison hantée, album jeunesse, éditions Sarbacane, 23 septembre 2026
illustrations Héloïse Solt

Un album où le lecteur est invité à réaliser, pas à pas, la recette d’une maison hantée parfaite pour se faire peur ! Savoureux !

Pour réussir la meilleure recette de maison hantée, commence par ouvrir ce livre EN GARDANT TON SANG FROID.
SANS FRÉMIR, poursuis ta lecture attentivement en respectant toutes les étapes.
Et si jamais tu arrives sain et sauf à la fin, tu comprendras alors pourquoi CETTE RECETTE EST VRAIMENT LA MEILLEURE !

chez l’éditeur Sarbacane

Au placard les cauchemars !, de Marie-Hélène Lafond

Au placard les cauchemars !, album jeunesse, éditions Lirabelle, juin 2026
Illustrations : Xenya Alexeeva

Le soir, dans le noir, des monstres viennent me voir. Ils espèrent bien me faire peur, mais…

Un dragon, un loup, une sorcière ou encore un fantôme rendent visite à notre jeune héros. Mais l’enfant ne cède pas à la peur et les imagine en personnages drôles et inoffensifs.

Un album tendre et plein d’humour pour apprivoiser ses peurs et dire avant de dormir.

EXTRAIT

Le soir, dans le noir,
des monstres viennent me voir.
Ils espèrent bien me faire peur,
mais…

Quand c’est un dragon
qui vient me voir,
narines fumantes et air méchant,
je l’imagine…

En maillot à pois
avec masque et tuba

Quand c’est un loup
qui vient me voir,
grosses griffes et grandes dents,
je l’imagine…

Chaussé de claquettes,
jouant des castagnettes.

Quand c’est une sorcière
qui vient me voir,
chapeau pointu et nez crochu,
je l’imagine…

À l’opéra
en petit rat.

Au placard les cauchemars !, illustration page 29

Éloges, de François Szabó

Éloges, poésie, Cap de l’Étang Éditions, août 2026

Éloges est une quête mais une quête sans fin, dont l’objet est de faire perdurer des êtres chers. Cette ardeur à proposer leur présence c’est ce qui est sens de vie par-delà tout. Reconnaissance et gratitude se mêlent incessamment. Si dire a un sens…

PRÉSENTATION DE L’ÉDITEUR

Éloges est une œuvre de la maturité d’une profondeur subtile et remarquable.

La parole devient puissance fondatrice, le chemin. Elle est vectrice de transmission, de dépassement de soi et lien entre les êtres. Cette symbolique associant la lumière à la vérité intérieure confère à l’ouvrage une tonalité résolument positive. Le poète ne décrit pas le monde sensible, il cherche à saisir le fondement de l’existence.

Les nombreux recueils composés par l’auteur pourraient constituer les chapitres successifs d’un seul et infini grand poème. La composition semble fondée sur une conviction simple et exigeante : malgré la précarité du temps, il demeure possible de célébrer la lumière, les êtres aimés et le don de vivre.

Les êtres chers auxquels François Szabó dédie ces Carnets deviennent les sujets d’une expérience humaine plus vaste. À travers eux sont célébrées de nobles vertus positives : la parole, une quête spirituelle de l’être, une esthétique de la lumière, la gratitude et la persévérance. Éloges est une œuvre singulière de par sa fidélité à la transmission familiale et une forme rare de confiance poétique dans le monde.

Écumer l’instant, de Jean-Yves Tayac

Écumer l’instant, poésie, éditions La Cartonera (Cuernavaca, Mexique), juin 2026
(chaque exemplaire est unique)

Écumer l’instant est le deuxième ouvrage de Jean-Yves Tayac publié à La Cartonera
Il s’agit d’un recueil de vingt poèmes qui transportent le lecteur des rivages de la Méditerranée aux îles indonésiennes ou le font voyager du Finistère jusqu’aux cieux, où la mythologie grecque rappelle la finitude de l’existence humaine.
Une simple empreinte dans le sable désigne le lieu idéal pour mourir.

PRÉSENTATION DU LIVRE PAR LES ÉDITEURS
Tayac est un observateur attentif de l’humanité et du monde qui l’entoure. Fort d’une culture riche acquise à travers ses études, il fait preuve d’une grande sensibilité et d’un don pour exprimer ses sentiments. Il a la chance de vivre à deux endroits : à Rodez, au cœur des montagnes du centre de la France, et dans la magnifique ville de Sète sur les bords de la Méditerranée. Ces derniers temps, son écriture s’est tournée vers la poésie, où il peut exprimer librement sa sensibilité, ses observations perspicaces, ses émotions et son amour du voyage. (Dany Hurpin et Nayeli Sánchez, La Cartonera)

À PROPOS DE LA FABRICATION DES LIVRES
Ces livres, qualifiés « d’art populaire » par l’auteur, sont fabriqués à partir de carton de récupération. Ils sont réalisés par des artistes connus au Mexique ou encore par des gens du quartier ou de passage à Cuernavaca qui peignent à leur idée et avec leur style plutôt en fonction du thème de l’ouvrage (mais pas toujours !).
La maison d’édition La Cartonera a été créée pour se souvenir de la crise en Argentine où les gens ramassaient du papier et du carton dans les rues pour faire des livres. De cette réaction populaire pour conserver la culture, est née La Cartonera qui existe dans plusieurs pays d’Amérique latine.

Les ouvrages produits par celle de Cuernavaca sont présents dans les bibliothèques des plus grandes universités (Harvard, Cambridge…). La reliure est soignée, à la japonaise. Le papier est fabriqué à partir de fibre de canne à sucre. Le tirage limité (entre 100 et 170 exemplaires) et numéroté en fait des objets rares. Les artistes sont volontaires, gratifiés de quelques exemplaires, souvent bilingues. Avec un prix de vente modeste, les comptes sont équilibrés sans vraiment de bénéfice mais tout le monde peut y avoir accès.
« C’est pour moi une magnifique aventure, notamment en raison des valeurs qui y sont associées. », affirme Jean-Yves Tayac.

La Cartonera a publié à ce jour 108 ouvrages représentant plus de 20000 œuvres peintes différentes.

Inédit dans la revue Sigila pour Françoise Renaud | n° 57 : « Conversions – Conversões » | printemps – été 2026

une revue transdisciplinaire franco-portugaise sur le secret

En bois de grenadille, nouvelle inédite, juin 2026

découvrir le sommaire N° 57 ici

en savoir davantage ici sur le site de Françoise Renaud

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 20260626_094243-1024x768.jpg.

Mat le cinglé, nouvelle fantastique, de Stéphane Amiot

in Horrifique n°168, L’Unique zine d’horreur au Québec, mai 2026

Illustrations : Laurine Spehner et Jeff Grimal
Coauteurs : Yves-Daniel Crouzet et Pat Isabelle

Présentation :
Le soir d’Halloween, Jérémy accompagne un groupe d’enfants dans leur collecte de bonbons, à travers les rues désertes du bourg de Montsouris-La-Garde.
Un détour aux Glycines est prévu pour aller rendre visite aux résidents de l’Ehpad, à la lisière de la forêt. Avant même d’y arriver, Jérémy comprend que c’est une mauvaise idée.

Les Maîtres-feu, de Joëlle Wintrebert

Les Maîtres-feu, science-fiction, éditions Au diable vauvert, mai 2026

Sur Dante, sa volcanique planète, un jeune saurien s’est mis en route à l’aube malgré le séisme qui menace. Dans une enclave humaine, Jordane vient d’apprendre la mort d’un père tyrannique dont le seul mérite fut de lui apprendre l’oï-tîkien. Elle fuit en orthoptère dans l’espoir de rejoindre sa planète natale. 

La violence de l’éruption bouleverse leurs trajectoires et les précipite face-à-face. L’Oï-Tîkî est tenté de ne faire qu’une bouchée de l’adolescente, mais voici qu’elle s’adresse à lui dans sa langue. Une étonnante aventure commence…

EXTRAIT


Le saurien s’était mis en route au premier soleil. Il avançait vite malgré le poids du havresac qui tirait ses épaules en arrière. Il savait que les anciens ne se trompaient jamais et que s’il manquait cette chance de profiter du séisme, ce seraient trois jours de marche supplémentaires.
Lorsqu’il ressentit la première secousse, il venait d’atteindre la zone de mouvance. Le remugle spécifique des collines, le reflux brutal de toute vie animale, le silence abyssal, tous ces symptômes du tremblement de terre imminent, le saurien les accueillait avec ivresse.
Fugitif, l’aiguillon de la peur poinçonna ce plaisir. La seconde secousse faisait onduler le sol. Bên-ïî-ïî frotta sa corne frontale qu’il sentait devenir turgescente et se hâta de dégager son dos du havresac. Ses doigts coururent sur les fermetures électromagnétiques et la planche télescopique jaillit de son compartiment. Le saurien lui donna aussitôt sa dimension maximale. Il assujettit le lourd sac de cuir à ses épaules et s’installait au centre de la surface portante lorsqu’un nouveau train d’ondes inaudibles déferla.
Les collines se mirent en marche.
Luttant à la fois pour conserver son équilibre et ne pas chavirer sous l’impact des vibrations subsoniques qui bouleversaient son organisme, Bên-ïî-ïî filait sur les crêtes en mouvement.
Fixées dans les canalicules forgés à cette intention, les griffes de ses orteils assuraient son assise. À leur capacité optimum, ses pupilles étrécies captaient les moindres irrégularités du terrain. Sa queue, tendue au-dessus du sol, balancier efficace, corrigeait les à-coups trop nerveux des rotules.

Le commissaire, le Maréchal et le père blanc, de Francis Zamponi

Le commissaire, le Maréchal et le père blanc, polar historique, éditions Albiana (Corse), mai 2026

Georges Simenon n’a jamais fait enquêter le commissaire Maigret durant la période de l’occupation allemande de la France. J’ai imaginé que Maigret avait été remplacé durant cette période par un autre policier qui n’est pas originaire de l’Allier mais de Corse.

En 1942, Orso Defendini, patron de la police judiciaire parisienne, est envoyé à Vichy où règne le Maréchal Pétain. René Bousquet, secrétaire général de la police, le charge de discrètement enquêter sur la mort violente d’un père blanc.

Le commissaire découvre la vie particulière de la capitale de l’État français dont les hôtels ont été convertis en ministères. Il va rencontrer brièvement le maréchal et se voir suggérer par ses subordonnés une piste prioritaire : le coupable de l’assassinat d’un prêtre ne peut être qu’un Juif ou un Franc-maçon.

Ni vichyste ni résistant Orso Defendini va, non sans difficultés, mener ses investigations comme il l’entend.

EXTRAIT

La traction avant noire impeccablement nettoyée était garée devant le commissariat. Tardivon attendait, les deux mains gantées sur le volant. Malgré les gouttes de pluie qui tambourinaient sur son chapeau, le commissaire était d’humeur légère à l’idée de cette virée hors de Vichy. Il en aurait presque oublié que le but de cette excursion était d’interroger un enfant perturbé par la mort de son aumônier. Il s’apprêtait à s’installer et son chauffeur avait lancé le moteur lorsque l’agent Farraud dévala les marches pour lui annoncer que l’inspecteur Louis Charvet était en ligne et voulait lui parler d’urgence.
Quelques minutes plus tard, le divisionnaire s’engouffrait dans la voiture et s’adressait à Tardivon d’une voix sèche.
« Changement de programme ! Notre sortie bucolique est remise. Puisqu’il pleut, emmène-moi vite au SPSS. Tu sais où c’est ?
– La police des sociétés secrètes ? Oui, ils occupent l’ancien siège du Grand Orient de France.
– C’est ça. Charvet, un gars que j’ai vaguement connu à Paris et qui a été recruté par le SPSS vient de m’annoncer qu’ils tiennent le coupable de la mort du père François.

Triangle Austral, de Nicole Barromé

Triangle Austral, poésie bilingue espagnol, collection Poesia Mayor, Leviatan, Buenos Aires, avril 2026
Illustration de couverture d’Isabelle Biagiotti

Triangle Austral est composé de 24 narrations poétiques amoureuses.
Ces narrations sont situées dans le triangle sud du continent latino-américain sous la constellation de même nom, parcourues de l’esprit des lieux, leur énergie, leur parfum, leurs gens.

De cette imprégnation tellurique, surgissent des sentiments qui frappent la mémoire pour éclore et venir modifier les états d’âme du moment et finalement le vécu.

extrait

Reste ce que seront

dans le futur de la vitre

les ombres mouvantes sur le canapé

une main sur un visage heureux

le secret des reflets

la mort qui veille

au-dessus des fleurs du bégonia-bambou

Fraternitat Mediterranèa, 45 poètas, collection Votz de Trobar n°72

avec les poètes Pierre Ech-Ardour, Nicolas Gouzy, Gérard Zuchetto

un ouvrage collectif, éditions Trôba Vox, 2026

Poèmes originaux en occitan basque catalan corse frioulan sicilien suédois castillan italien français arabe classique hébreu avec traductions en occitan et en français

« Cet ouvrage ne constitue pas, à proprement parler, un recueil de poésie méditerranéenne, mais joint ses mains bien volontiers, à la façon de cette mer fermée, sertie par les mille et un joyaux des peuples si divers qui viennent peu ou prou y baigner leur regard, afin de recueillir puis s’enivrer des eaux de rien moins que trois continents distincts. Le but, pour nous, poètes, y était bien moins « d’être de quelque part », que de venir nous rencontrer en ce lieu qui, n’étant la terre ni de l’un ni de l’autre, pouvait à bon droit se clamer « lieu de tous », dans la plus saine, salutaire et résolue fraternité.

Que nos humbles images poétiques, blotties dans les langues les plus anciennes, basque, hébreux, arabe classique, suédois, jusqu’aux plus jeunes, issues de la matrice latine commune, puissent rayonner de paix dans vos âmes lectrices, au mépris de toutes les fallacieuses raisons d’état qui presque toutes, ignorent délibérément le florilège vital de la diversité humaine, et nous opposent tôt ou tard absurdement. Pour aimer, ,nul n’a besoin d’une image de lui dans un miroir, mais seulement d’un cœur en lui, et d’une sœur, d’un frère, là, devant lui, quelqu’un qui ne soit donc pas sa servile copie conforme. À bon entendeur notre poétique salut. »

Franc Bardou