une revue transdisciplinaire franco-portugaise sur le secret
En bois de grenadille, nouvelle inédite, juin 2026
découvrir le sommaire N° 57 ici
en savoir davantage ici sur le site de Françoise Renaud

En bois de grenadille, nouvelle inédite, juin 2026
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Illustrations : Laurine Spehner et Jeff Grimal
Coauteurs : Yves-Daniel Crouzet et Pat Isabelle
Présentation :
Le soir d’Halloween, Jérémy accompagne un groupe d’enfants dans leur collecte de bonbons, à travers les rues désertes du bourg de Montsouris-La-Garde.
Un détour aux Glycines est prévu pour aller rendre visite aux résidents de l’Ehpad, à la lisière de la forêt. Avant même d’y arriver, Jérémy comprend que c’est une mauvaise idée.
Les Maîtres-feu, science-fiction, éditions Au diable vauvert, mai 2026
Sur Dante, sa volcanique planète, un jeune saurien s’est mis en route à l’aube malgré le séisme qui menace. Dans une enclave humaine, Jordane vient d’apprendre la mort d’un père tyrannique dont le seul mérite fut de lui apprendre l’oï-tîkien. Elle fuit en orthoptère dans l’espoir de rejoindre sa planète natale.
La violence de l’éruption bouleverse leurs trajectoires et les précipite face-à-face. L’Oï-Tîkî est tenté de ne faire qu’une bouchée de l’adolescente, mais voici qu’elle s’adresse à lui dans sa langue. Une étonnante aventure commence…
EXTRAIT
Le saurien s’était mis en route au premier soleil. Il avançait vite malgré le poids du havresac qui tirait ses épaules en arrière. Il savait que les anciens ne se trompaient jamais et que s’il manquait cette chance de profiter du séisme, ce seraient trois jours de marche supplémentaires.
Lorsqu’il ressentit la première secousse, il venait d’atteindre la zone de mouvance. Le remugle spécifique des collines, le reflux brutal de toute vie animale, le silence abyssal, tous ces symptômes du tremblement de terre imminent, le saurien les accueillait avec ivresse.
Fugitif, l’aiguillon de la peur poinçonna ce plaisir. La seconde secousse faisait onduler le sol. Bên-ïî-ïî frotta sa corne frontale qu’il sentait devenir turgescente et se hâta de dégager son dos du havresac. Ses doigts coururent sur les fermetures électromagnétiques et la planche télescopique jaillit de son compartiment. Le saurien lui donna aussitôt sa dimension maximale. Il assujettit le lourd sac de cuir à ses épaules et s’installait au centre de la surface portante lorsqu’un nouveau train d’ondes inaudibles déferla.
Les collines se mirent en marche.
Luttant à la fois pour conserver son équilibre et ne pas chavirer sous l’impact des vibrations subsoniques qui bouleversaient son organisme, Bên-ïî-ïî filait sur les crêtes en mouvement.
Fixées dans les canalicules forgés à cette intention, les griffes de ses orteils assuraient son assise. À leur capacité optimum, ses pupilles étrécies captaient les moindres irrégularités du terrain. Sa queue, tendue au-dessus du sol, balancier efficace, corrigeait les à-coups trop nerveux des rotules.
Le commissaire, le Maréchal et le père blanc, polar historique, éditions Albiana (Corse), mai 2026
Georges Simenon n’a jamais fait enquêter le commissaire Maigret durant la période de l’occupation allemande de la France. J’ai imaginé que Maigret avait été remplacé durant cette période par un autre policier qui n’est pas originaire de l’Allier mais de Corse.
En 1942, Orso Defendini, patron de la police judiciaire parisienne, est envoyé à Vichy où règne le Maréchal Pétain. René Bousquet, secrétaire général de la police, le charge de discrètement enquêter sur la mort violente d’un père blanc.
Le commissaire découvre la vie particulière de la capitale de l’État français dont les hôtels ont été convertis en ministères. Il va rencontrer brièvement le maréchal et se voir suggérer par ses subordonnés une piste prioritaire : le coupable de l’assassinat d’un prêtre ne peut être qu’un Juif ou un Franc-maçon.
Ni vichyste ni résistant Orso Defendini va, non sans difficultés, mener ses investigations comme il l’entend.
EXTRAIT
La traction avant noire impeccablement nettoyée était garée devant le commissariat. Tardivon attendait, les deux mains gantées sur le volant. Malgré les gouttes de pluie qui tambourinaient sur son chapeau, le commissaire était d’humeur légère à l’idée de cette virée hors de Vichy. Il en aurait presque oublié que le but de cette excursion était d’interroger un enfant perturbé par la mort de son aumônier. Il s’apprêtait à s’installer et son chauffeur avait lancé le moteur lorsque l’agent Farraud dévala les marches pour lui annoncer que l’inspecteur Louis Charvet était en ligne et voulait lui parler d’urgence.
Quelques minutes plus tard, le divisionnaire s’engouffrait dans la voiture et s’adressait à Tardivon d’une voix sèche.
« Changement de programme ! Notre sortie bucolique est remise. Puisqu’il pleut, emmène-moi vite au SPSS. Tu sais où c’est ?
– La police des sociétés secrètes ? Oui, ils occupent l’ancien siège du Grand Orient de France.
– C’est ça. Charvet, un gars que j’ai vaguement connu à Paris et qui a été recruté par le SPSS vient de m’annoncer qu’ils tiennent le coupable de la mort du père François.
Triangle Austral, poésie bilingue espagnol, collection Poesia Mayor, Leviatan, Buenos Aires, avril 2026
Illustration de couverture d’Isabelle Biagiotti
Triangle Austral est composé de 24 narrations poétiques amoureuses.
Ces narrations sont situées dans le triangle sud du continent latino-américain sous la constellation de même nom, parcourues de l’esprit des lieux, leur énergie, leur parfum, leurs gens.
De cette imprégnation tellurique, surgissent des sentiments qui frappent la mémoire pour éclore et venir modifier les états d’âme du moment et finalement le vécu.
Reste ce que seront
dans le futur de la vitre
les ombres mouvantes sur le canapé
une main sur un visage heureux
le secret des reflets
la mort qui veille
au-dessus des fleurs du bégonia-bambou
Poèmes originaux en occitan basque catalan corse frioulan sicilien suédois castillan italien français arabe classique hébreu avec traductions en occitan et en français
« Cet ouvrage ne constitue pas, à proprement parler, un recueil de poésie méditerranéenne, mais joint ses mains bien volontiers, à la façon de cette mer fermée, sertie par les mille et un joyaux des peuples si divers qui viennent peu ou prou y baigner leur regard, afin de recueillir puis s’enivrer des eaux de rien moins que trois continents distincts. Le but, pour nous, poètes, y était bien moins « d’être de quelque part », que de venir nous rencontrer en ce lieu qui, n’étant la terre ni de l’un ni de l’autre, pouvait à bon droit se clamer « lieu de tous », dans la plus saine, salutaire et résolue fraternité.
Que nos humbles images poétiques, blotties dans les langues les plus anciennes, basque, hébreux, arabe classique, suédois, jusqu’aux plus jeunes, issues de la matrice latine commune, puissent rayonner de paix dans vos âmes lectrices, au mépris de toutes les fallacieuses raisons d’état qui presque toutes, ignorent délibérément le florilège vital de la diversité humaine, et nous opposent tôt ou tard absurdement. Pour aimer, ,nul n’a besoin d’une image de lui dans un miroir, mais seulement d’un cœur en lui, et d’une sœur, d’un frère, là, devant lui, quelqu’un qui ne soit donc pas sa servile copie conforme. À bon entendeur notre poétique salut. »
Franc Bardou

Vendredi 20 mars 2026, retour du printemps et de NIKI JAVA ! dans une nouvelle série qui porte son blaze, publiée chez MOBY DICK éditeur.
Niki Java, personnage récurrent créé en 1996, journaliste anticonformiste, addict au perroquet (pastis-menthe), sa première enquête est éditée en 1998 au Fleuve Noir sous le titre prémonitoire La vie est une marie-salope, clin d’œil à La vie est dégueulasse de Léo Malet.
À l’époque, la 4ème de couverture présentait le gaillard ainsi : Mon nom est Java, Niki Java ; j’aime les filles en papier et les Perroquets sans trop de flotte. Je suis journaliste de faits divers dans un baveux un peu réac, à la rubrique « Chiens écrasés ». Quand le canard m’a envoyé enquêter sur le vol du corps d’une speakerine blonde à la morgue municipale, j’ai entrepris la tournée des troquets pour faire parler les cadavres…
Trente années sont passées. Après une dizaine d’enquêtes publiées, mon héros reprend du service. Mieux, le voici qui revient par la fenêtre dans Le Purgatoire des Invisibles, 1er opus de cette nouvelle Série. Mais le préposé aux faits divers du début a pris du galon, le voici rédac-chef de Lavez-vous les mains, un site d’opinion où il officie en tant que journaliste d’investigation. Cette nouvelle enquête démarre sur le décès de Geronimo, ami d’enfance de Niki, un gangster rangé des voitures. Cassius, fils de l’ancien malfrat, profite du désarroi de l’enquêteur pour lui présenter un contrat que ce dernier ne peut décliner : Tourner un film Z au profit de l’industrie du crime. Acculé, Niki va tout mettre en œuvre pour faire capoter ce projet abject, sans lâcher son enquête en cours, une sombre affaire de paternité sur fond de succession mafieuse. C’est alors qu’il découvre avec stupeur des ramifications entre son enquête et sa vie privée, l’obligeant à se confronter à son passé. Le monde est sale et Niki Java décide de faire le ménage, sans oublier ce qui se cache sous le tapis de sa mémoire.
L’ART’VUES a lu
un article de BTN ici
Une expérience s’est proposée au premier jour de l’an 2025. Elle est venue de Philippe, un ami d’écriture que j’avais connu comme libraire et membre du comité de rédaction d’une revue graphique et littéraire (La Piscine, 2016-2022). Il est venu vers moi aux dernières heures de 2024 avec ce projet d’écrire un poème par jour pendant l’année au bord de commencer.
On serait cinq ou six. Non, on ne se connaissait pas.
On s’inspirerait du haïku. On s’adapterait.
Oui, toute une année.
Le livre est composé d’un texte qui parle de l’expérience elle-même, puis des 365 haïku de l’autrice répartis en 12 mois.
Chaque mois s’ouvre avec une création photo-graphique réalisée à partir d’images prises dans son lieu de vie en lien étroit avec la saison et en temporalité avec le poème.


Connaissez-vous le test de la Grand-mère ? Si vous dites que les bébés ne connaissent rien au nombre tandis que les enfants des écoles s’y exercent avec bonheur, vous avez échoué au test de la Grand-mère parce que n’importe quelle Grand-mère pourrait en dire autant. Alors, à quoi bon être psychologue ? À l’inverse, si vous annoncez que les bébés sont des experts en calcul alors que les écoliers ne comprennent rien à rien, vous passez le test de la Grand-mère – car une Grand-mère ne dirait jamais une incongruité pareille – et vos travaux seront remarqués et largement cités. Bien des années ont passé depuis les premières recherches sur le nombre chez les bébés, mais le paradoxe subsiste… avec l’affirmation de compétences numériques précoces chez les bébés et le constat des difficultés en calcul manifestées par les enfants plus âgés. La résolution de ce paradoxe ne peut se trouver que dans une approche développementale des concepts numériques et des apprentissages. C’est le but de ce numéro thématique.
EXTRAIT de l’article « Les dyscalculies développementales (DD) sont développementales »
(…)
2.1. Les fondements du nombre chez les bébés
Depuis une cinquantaine d’années, les recherches auprès des bébés ont beaucoup occupé les psychologues du développement (Lécuyer, 2020 ; Durand et Schneider, 2024). C’est le cas en particulier des connaissances protonumériques (Bideaud, ce numéro ; Sann & Molina, ce numéro). En résumé, les bébés manifestent deux types de compétences en rapport avec le nombre. Tout d’abord, ils réagissent à la perception de différences de numérosité. C’est là une compétence primitive, effective également chez certains animaux. Elle est métaphoriquement quantitative car approximative et donc assimilable à ce que l’on observe en psychophysique selon la loi de Weber. L’autre compétence est construite. Elle consiste à repérer et à individualiser les objets en se fondant sur leurs caractéristiques perçues et aussi sur leur localisation. On observe alors une pseudo-quantification, comme dans les expériences princeps de Wynn (1992) où le bébé s’attendait probablement à percevoir 1 et 1 objets (pas « deux ») dans le fameux paradigme où deux objets sont cachés derrière un écran et que l’un des deux est subrepticement enlevé avant que l’on relève l’écran.
Lire la suite…Amélie Louis revisite les figures légendaires de l’enfance et les propulse dans notre quotidien avec humour, fantaisie et une pointe de satire sociale.
Ce livre est une exploration jubilatoire de nos mythes fondateurs. Entre un loup qui refuse de partir du salon, une policière bien décidée à en finir avec Barbe Bleue, un chat manipulateur et des nains hantés par les péchés capitaux, il joue avec les codes pour mieux révéler ce qu’ils disent de nous.
EXTRAITS
Tuer le Loup et la Belle au bois dormant
[…] Fracas dans la salle de bains, je m’y précipite. Une masse de fourrure gris-noir se déplie dans la baignoire. Le fauve saute sur le carrelage, s’ébroue en dispersant un relent âcre et sauvage. Il se dirige vers le salon sans même m’accorder un regard. Je le suis, le temps d’apercevoir Louis XI qui s’enfuit, hagard.
– Non ! Pas sur le fauteuil de ma grand-mère, vous allez mettre des poils partout.
La bête me jette un œil dédaigneux et affale son postérieur sur ledit fauteuil.
– Donc, tu me sollicites et je devrais plier ? Mais pour qui te prends-tu, ma pauvre illuminée ?
– Vous me tutoyez ? Nous n’avons pas gardé les moutons ensemble. Et je ne vous ai pas appelé. J’ai dit Loup comme j’aurais dit…
– Loup ! Tu m’as bien demandé, à haute voix de plus, avec cette inflexion qui atteste au surplus, de ta fascination pour le canis lupus.
– Sachez, votre seigneurie, qu’il m’arrive parfois de penser si fort que je parle à voix haute sans même y prendre garde. J’ai dit Loup comme j’aurais dit…
– Loup ! Car LE héros je suis. J’ai traversé les siècles, les contes et les légendes, les fables et les romans. Ton dieu lui-même n’est pas si planétaire que moi.
Debout face à lui, je le toise bras croisés, tentant de faire oublier par mon aplomb que je porte un pyjama rose en flanelle de polyester qui bouloche.
– Pardonnez-moi, votre magnificence, mais vous griffez mon parquet et votre prééminence biblique – j’étais là avant Jésus-Christ – ne m’impressionne pas, je suis athée.
– Regardez-moi cet air qui se veut supérieur. Et tu te crois subtile ? Mais l’auteur n’est personne, seules ses créatures vivent (soupir) quelque temps pour peu qu’il ait un rien de talent, ce qui te concernant, demeure à démontrer. […]
Sous l’œil de Faustin, roman, éditions Infimes, mars 2026
avec un avant-propos de l’auteur
Lorsqu’un matin, des piquets de grève l’empêchent d’accéder à son bureau, l’univers de Faustin bascule.
Cet homme ordonné et méthodique qui vient subitement de perdre sa femme, se laisse alors entraîner dans un farniente et une errance à travers la ville. À mesure qu’il se replie sur lui-même et se détache du monde ordinaire, on découvre le trouble vertigineux d’un personnage de plus en plus inquiétant.
Note de lecture de Bernard Gensane ici
EXTRAIT – chapitre 1
Huit jours maintenant qu’ils ont éventré la rue.
Une énorme balafre, profonde, près de deux mètres puisque, parfois, des ouvriers on ne devine que leur casque orange, si large qu’elle mord le trottoir, le réduisant à un ruban mal pavé où l’on ne peut se croiser, et que, sur ce qu’il reste de chaussée, les véhicules circulent en alternance. Longue aussi, depuis la place de la gare jusqu’au carrefour du 11 novembre. Une crevasse béante comme ces tranchées où se terraient les poilus de la guerre de 14-18.
Périlleux d’avancer sur ce qui reste d’espace pour les piétons sinon à se coller au plus près des maisons, tout en veillant au piège des quelques perrons en débordement et des rares décrottoirs, plus traitres encore. Sans compter le vacarme des pelleteuses et des marteaux-piqueurs ajouté aux klaxons des embouteillages. Un faux pas est si vite arrivé.
M’aidant parfois de mon parapluie comme d’une canne, je progresse, redoutant de me trouver nez à nez avec un passant, toujours prudent, dans mon costume sombre, de circonstance depuis le drame, et qui, ajouté à ma démarche mesurée, me donne, dit-on, un air guindé, distant presque. Mais ce n’est qu’une apparence bien sûr, car je ne suis pas comme ça ; j’aime les gens, tout le monde vous le dira, du moins quand je ne les sens pas hostiles à mon égard ou simplement prétentieux.
Une hantise, ce trajet quotidien jusqu’au bureau. Tout juste si j’ose jeter un œil au fond de cette excavation. Elle me fait peur en même temps qu’elle m’attire. Hier seulement j’ai eu le courage. Profitant des quelques mètres que protégeait une barrière sommaire, un ruban bicolore tendu de piquet en piquet. Je me suis approché, j’ai avancé le cou et j’ai vu le tuyau en fonte qui émergeait de sa gangue de glaise humide et grise, comme ces carcasses que les paléontologues parfois mettent à jour, et le long duquel courait, encore à demi encroutée de terre, une tresse emmêlée de gaines et de câbles. Une légère odeur de gaz, de pourriture presque, montait de ces entrailles.
Lire la suite…Nible. L’oubli en deuil de son écorce, poésie, éditions du Cygne, Paris, France, mars 2026
Dessin de couverture : Doïna Vieru, artiste-peintre
L’oubli et son impossible plongent tour à tour dans le temps pour ressortir avec les mots du souffle qui décante les corps subtils de lumière et des ténèbres, reperdus et retrouvés, au plus près de l’instant, de l’intime, de la sensualité, des mystères et de leur exil. Le dire s’enroule avec une mémoire spoliée de ses lieux, mémoire trouée, censurée, mémoire s’éveillant en sursauts. Le jour où la poète fut saisie par la proximité d’un lieu libre avec le ciel, les corolles d’amandiers se défaisaient de leurs songes.
À La Roche-sur-le-Buis, les Drômois appellent La Nible une roche et son lien dans l’infini, ce titre émane d’elle comme un don de liberté.
Composition en trois mouvements :
Sur l’autre versant de la soif ; Densifiant les sillons de paroles ; La présence d’un pain invisible.
Chez l’éditeur
Page-auteur de Luminitza C. Tigirlas
EXTRAIT (p 11)
L’aigrette du sorgho m’envoie des signes
gestes larges me font comparaître
devant l’air
et la petite graine insurgée en panicules
Sur l’île où l’océan m’a harponnée,
d’un reste de voix
j’expose mes témoins aux lâchetés en cours
devant l’air
Aux parois d’embruns l’étau m’oppresse
la vapeur fume le poison de nos déchets
Suspendue aux lèvres sans paroles,
en poussière d’eau mon être frémit :
L’air vient à manquer aux enfants
le silence de la faim les creuse
ils s’époumonent sans voix,
les ordures fouillent leurs mains
le tri inverse le décompte
Ma mort sans regard est dans les yeux
de ces trieurs toujours baissés,
nos immondices n’ont pas de ciel