Le dragon du jour de l’an (album CD), de Marie-Hélène Lafond

Le dragon du jour de l’an, album CD jeunesse, collection Lire Écouter Rêver, Circonflexe éditions, octobre 2020
Illustration Suzy Vergez
(la version album seul a été éditée en 2016 chez le même éditeur)

 

Au temps où les dragons régnaient sur la terre et sur les mers, on ne célébrait pas le Nouvel An.
Dans un petit village de l’île de Taïwan, c’était même le jour le plus triste de l’année car, bien longtemps auparavant, un homme avait eu le malheur de tuer un dragon des mers. Et depuis, le fantôme du dragon revenait les hanter chaque année dans la nuit du Nouvel An, réclamant le sacrifice d’un fils premier-né, pour satisfaire son appétit vorace !

 

EXTRAIT

Pendant trois jours et trois nuits, la veuve Teng arpente fiévreusement son humble demeure.
« Que pourrais-je faire ? Je ne peux pas laisser ce dragon dévorer mon unique enfant ! » se désespère-t-elle en regardant Hui, son petit garçon, jouer dans la cour.
La nuit venue, elle s’assoit auprès de son fils endormi et caresse sa joue avec tendresse.
« Il faut que je trouve une solution. Il n’aura pas mon fils ! » pense-t-elle avec détermination.
Elle prie les dieux ainsi que ses ancêtres. Elle consulte les prêtres, les villageois… Mais personne ne sait comment l’aider.

Les Hauts lieux de l’Histoire dans l’Hérault, de Raymond Alcovère

Les Hauts lieux de l’Histoire dans l’Hérault, histoire, Papillon Rouge éditeur, octobre 2020
Illustrations : photos noir et blanc

Ce livre est une invitation à la flânerie. À la rêverie. Et à de superbes découvertes ! De l’abbaye de Valmagne au canal royal de Sète, des eaux miraculeuses d’Avène-les-Bains au siège héroïque de Minerve, en passant par la promenade du Peyrou ou la manufacture royale de Villeneuvette, ce livre est même un peu plus qu’un simple livre… Il est un étonnant voyage à travers l’histoire de l’Hérault.

Une exploration jalonnée de sites peu connus et inédits, qui commence avec les mystérieuses statues-menhirs du département et qui s’achève dans l’invention de l’outrenoir par Pierre Soulages. Entre-temps se dressent plus de deux millénaires d’une histoire exceptionnellement riche. Une histoire mouvementée, parfois tragique, mais toujours haletante.

 

EXTRAITS

Si aujourd’hui, le peuplement de notre département se concentre de plus en plus sur le littoral, il n’en a pas toujours été ainsi. La mer, longtemps on a préféré la tenir à distance. Contrairement à celles de la basse Provence et des rivages catalans, les principales villes de l’Hérault (Béziers, Pézenas, Montpellier, Lunel) se sont développées à l’écart de la côte. A L’exception de Sète – mais on sait que la ville a été construite de toutes pièces en 1666, dans le prolongement du canal du Midi.

Sous le règne de l’empereur Charlemagne, après les invasions sarrasines, l’Eglise est en plein essor. On voit s’élever partout des abbayes bénédictines dont l’ordre a été fondé au 6e siècle par Benoit de Nursie. Parmi les six qui vont s’installer sur le territoire de l’actuel département de l’Hérault, celles d’Aniane et de Gellone par leur rayonnement, leur rivalité et leur histoire, connaitront des destins remarquables.

Situé au cœur de ce que les historiens ont appelé le « Midi rouge », l’Hérault a toujours été une forte terre de rébellion. Cette révolte a probablement trouvé son point d’orgue en 1851, après le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III.

La charmante villa Argentine, située 34 rue Marcel de Serres, à Montpellier, dans le quartier paisible des Arceaux, a abrité, dès 1940, la première cellule de résistance de la zone non occupée par les allemands. Pendant deux ans, la pension Guibal et ses occupants furent le principal lien du Sud de la France avec Londres.

La Pointe-Courte, ce quartier magique et hors du temps de Sète est entré dans la légende du cinéma, depuis qu’Agnès Varda y a posé ses caméras en 1954. C’était son premier film, et beaucoup le considèrent comme le point de départ de la Nouvelle Vague. Il mettait en scène les habitants du quartier, « les Pointus » aux côtés d’un couple de jeunes acteurs promis à un bel avenir, Sylvia Monfort et Philippe Noiret.

chez l’éditeur

 

Hallali !, carnet d’enquêtes n°3, d’Isabel Lavarec

Hallali !, carnet d’enquêtes n°3, série de romans policiers pour ados, Ex-Aequo éditeur, septembre 2020

Halinea est kidnappée par un tueur en série !
Bâillonnée, ligotée, dans le carré d’un petit voilier qui affronte du très gros temps, de quoi a-t-elle le plus peur ? du sérial killer qui viole et tue ou de l’esquif mal entretenu qui peut couler à tout instant ? Pour penser à autre chose, se donner du courage et surtout trouver le moyen de se sauver par le biais de failles de l’assassin au cruel rituel, elle se force à maîtriser sa frayeur et à revivre la tragique histoire depuis son entrée en scène.

Peur, suspense, humour et réflexions philosophiques se croisent et s’entrecroisent pour rendre le récit haletant et agréable à lire.
Hallali !, une nouvelle enquête menée tambour battant par l’héroïne, qui traite aussi des relations entre générations, toujours d’actualité.

LA COLLECTION : Au travers de polars à multiples rebondissements, sont abordés des thèmes touchant les adolescents : après l’ostracisme et le racisme (carnet 1), la phobie scolaire (carnet 2), le carnet 3 aborde le conflit intergénérationnel.

 

EXTRAIT : PRÉLUDE – Le 24 mai 16 heures

Kidnappée ! Séquestrée ! Je me trouvais prisonnière au fond de l’esquif amarré en bout d’appontement où de nombreux bateaux formaient un véritable village.
Quelle gourde ! Comment avais-je pu tomber dans ce piège ? J’étais furieuse contre moi et contre celui qui trompait bien son monde.
Irréel ! La liberté à portée de voix et je ne pouvais pas crier. Le mouchoir en boule qu’il avait mis dans ma bouche m’en empêchait. C’était un fou ! Il fallait l’enfermer !
De ma banquette, assise en contre-bas, je voyais un groupe de jambes se déplacer et s’arrêter devant le bateau. Je voulus hurler, mais mon bouchon buccal étouffait les sons. Je tapai des pieds, mais liés l’un contre l’autre cela s’avérait inefficace. De plus, le tapis au sol assourdissait mes coups. J’étais désespérée. Pourtant tous ceux qui pouvaient me libérer étaient là, tout près. Je reconnus le lézard tatoué sur la cheville de la dame du bateau d’à côté ; la cicatrice au genou de Jean, le capitaine du Minorquin. Au milieu de tous, les tongs de mon prédateur semblaient à leur aise en s’approchant de la bite d’amarrage. Le kidnappeur s’accroupit, défit lentement le nœud de cabestan sans oublier de me lancer un regard torve. Brrr, j’en eus froid dans le dos. J’espérais qu’il n’aurait pas l’idée de naviguer, sa compagnie me donnait déjà la nausée.
Il se releva, je ne vis plus que ses mollets qui rejoignaient les autres. J’entendis sa voix suave, celle qui m’avait plu et inspiré tant de rêves saugrenus.
— Un bon vent, clama-t-il, pour une sortie en mer, vous ne pensez pas ?
— Il paraît qu’un coup de tabac se prépare.
— Hé ! Petit, à mon avis, il te faudra rentrer avant le soir…
— Ou bien chercher refuge dans la calanque. Je crois que je vais passer la nuit là-bas. Je dois pêcher. Mon congélo est vide.
Le rire gras de Georges, le copain vicelard du ravisseur, sonna comme un glas. Je ne pouvais pas le voir, celui-là.
Quoi ? Qu’avait dit le tueur ? Aller dans la calanque ? Non ! Cet endroit était dangereux et cela me mettrait à sa merci ! Je devais les alerter.
Poings attachés au taquet de la table fixe du carré, je tentai de me faire remarquer en me redressant, me cabrant, remuant la tête, donnant des coups contre la paroi de la banquette centrale où ma taille était ligotée. Personne ne m’aperçut, ils continuèrent à plaisanter, à louer le jeune homme sans peur, qui promettait de braver la tempête pour rapporter quelques poissons.
J’étais terrorisée. Devant mon impuissance et sa duplicité, je bouillais et pestais contre moi-même. Pourquoi m’étais-je mise dans la gueule du loup ? Que pouvais-je espérer de ce monstre ? Je poursuivis mes éprouvantes contorsions comme pour punir mon idiotie. Encore une fois, j’essayai de me faire entendre par les gens du quai. En vain.
Avec souplesse, le charognard sauta à bord. Un toussotement de moteur, une odeur de gas-oil…
« Ce n’est pas possible ! pensai-je effrayée, il n’en aura pas l’audace ? » Oui ! Il l’eut.
Une fumée noire, une pétarade, et nous partîmes. Debout, barre toujours entre les cuisses, le perfide saluait, riait, plaisantait à la volée avec les voisins de quai. Ce concert de railleries, d’esclaffements et de rigolades de tout genre m’exaspérait. Comment pouvait-on être aussi hypocrite ?

Génésiques, de Nicole Barromé

Génésiques, poésie, Ficelle n°143, Vincent Rougier éditions, octobre 2020

 

Nous entrons dans l’intime féminin, poésie végétale à fleur de peau, l’esprit du sensuel partagé. En découvrant ces poèmes et en les illustrant « Ai-je été le papillon ou l’abeille qui, gourmande, butine cette fleur ou ai-je rêvé d’être cette fleur, son pistil ?  »

À vous, cher lecteur, de partager ces gourmandises.

 

Note de l’éditeur en 4ème de couverture :
« Ce livre est in-quarto…Vous munir d’un coupe-papier et délicatement découper les pages en tête du recueil, cela s’appelle « découronner le livre ». Le Massicot a pour autre nom La Guillotine pour nos confrères européens. »

 

EXTRAIT – Rose

La vie s’il le faut pour retrouver
L’affabulation des soupirs
Les empaqueter de mystères et les précipiter
Bruts
Contre les parois des hydres communes
Inutiles péroraisons sur d’autres lieux
D’autres circonstances
De l’imaginée sur l’autel rose

Exempte de félonies et de tendresses
De bourreaux et de victimes
Aux creux et bosses de l’amour

Depuis, sais-tu reconnaître l’instinct
à l’abord des lagunes chaudes ?

Je jongle rose
Avec la cruauté au rythme des souvenirs
La transfiguration des bouches
L’anachronique montée en labeur des pupilles
Le brouhaha des cœurs à portée des chants

J’écarte rose
L’horreur d’une caresse au goût retrouvé
Les attentions aimantées de fièvre calme
La livraison
Poil à poil
Des corps parfumés
Le balbutiement des fantasmes
Les regards entrés en collision
Les narines étouffées d’un désir dru
Baiser des lèvres de lave

 

chez l’éditeur

 

Face à la magnificence, de Pierre-Jean Brassac

Guillaume Beaugé. Face à la magnificence. Carnets de voyage 1990-2018
Peinture et poésie, éditions Monts-Déserts, 2ème trimestre 2020
Textes de Pierre-Jean Brassac / Illustrations Guillaume Beaugé, gouaches

 

Une traversée picturale et poétique des paysages de Bretagne, de Venise, d’Ardèche et des Alpes. Des textes qui questionnent l’acte de peindre sur le motif.

 

EXTRAIT

Le peintre Guillaume Beaugé consacre sa vie à exprimer et partager le bonheur que lui procure la beauté fascinante et indicible du monde.
Son propos n’est pas seulement d’en dé-peindre la réalité changeante. Il faut d’abord qu’une intense rencontre ait lieu entre un espace et lui. Chemin faisant, une force le contraint alors à s’arrêter devant un paysage particulier. C’est un choc de la reconnaissance: il doit offrir une existence picturale à ce paysage, en dédoubler ainsi la présence magnifique. Il en éprouve une joie soudaine : celle de faire ‘face à la magnificence’.
Papier, pinceaux, gouache et eau sont vite tirés du sac. Le regard et la joie ont fourni le cadre. Le paysage, l’esprit et la technique feront le tableau. Une conversation s’engage entre horizon, esprit, geste et savoir-faire.
Un dialogue naîtra plus tard entre l’écriture et chacun de ces panoramas de Bretagne, de Venise, d’Ardèche et des Alpes. Les textes de Pierre-Jean Brassac visent à mettre des mots sur ce que représentent poétiquement le paysage, l’acte de peindre et le tableau.

 

Œuvres de Guillaume Beaugé : 1/ Paysage (gouache) – 2/ Rochers de Brignogan 2018 (gouache 15×42)

 

De la Cévenne aux Amériques – Chronique huguenote 2, d’Hervé Pijac

De la Cévenne aux Amériques – Chronique huguenote 2, roman historique, éditions de Massanne, réédition septembre 2020

 

Deuxième tome d’une tétralogie intitulée Chronique huguenote, De la Cévenne aux Amériques est un roman épistolaire, couvrant les années 1733 à 1753, qui permet au travers d’un échange particulièrement vivant et documenté de découvrir les modes de vie, les comportements, les moteurs affectifs, religieux, socio-économiques, culturels et politiques de la classe bourgeoise protestante et de la diaspora qu’elle a engendré dans les pays du Refuge.

 

EXTRAIT
(…) Ta lettre m’a également beaucoup touché sur un point. Il s’agit de la musique. Le grand regret de ma vie, peut-être le seul véritable regret, est de n’avoir pas pu et pas su connaître la musique. Il est vrai que les circonstances de ma vie ne m’y prédestinaient pas particulièrement en mes vertes années, que le tourbillon des affaires interdisait la pause qui eût été nécessaire à l’apprentissage de cet art divin et que mon isolement actuel condamne irrémédiablement tout espoir de ce côté. J’en éprouve une grande tristesse car ma conviction intime est que la musique représente la façon la plus parfaite d’approcher l’Harmonie de l’Univers, le moyen le plus pur et le plus intense de parler à Dieu : n’est-il pas d’ailleurs écrit « au commencement était le Verbe » ?… Ainsi je t’envie vraiment d’avoir le privilège d’assister à des concerts, comme ce Messie dont tu me parles et qui semble si bouleversant sous ta plume… Hélas, je crains ne jamais avoir l’occasion de l’écouter, devant me satisfaire des chants religieux des fidèles quand je me rends à l’église ou du souvenir heureux des Psaumes que l’on chantait dans les Assemblées du désert, il y a bien longtemps. N’hésite pas, ma chère Julie, si tu le veux, à apprendre la musique, ce langage universel qui relie les hommes et peut contribuer à les rendre meilleurs. N’hésite pas et songe quelle serait ma joie de savoir que toi, au moins, tu disposes de ce bienfait, de cette richesse de l’âme ! (…)

 

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L’inconscient cognitif, d’Henri Lehalle

L’inconscient cognitif, essai en sciences humaines et sociales, collection 22 222, Ours éditions, septembre 2020

 

S’il est facile de repérer les émotions qui accompagnent nos décisions et nos jugements, leur composante logique nous échappe le plus souvent. Pourtant, il paraît que nous sommes des homo sapiens, non ?

 

EXTRAITS
« Tous les jours, et même plusieurs fois par jour, nous devons décider, choisir, évaluer. Pour autant, avons-nous véritablement conscience de ce qui détermine nos jugements ? Paradoxalement, il semble plus facile d’identifier les aspects émotionnels de nos décisions, plutôt que de se représenter les raisons cognitives de leur élaboration.
(…)
Et pourtant, il serait tout aussi utile, humainement et socialement, de repérer les critères logiques qui orientent nos opinions, nos croyances, nos actions, dans des contextes très divers : voter, signer une pétition, faire du sport, suivre un régime, obéir ou non aux injonctions d’un guide spirituel, etc.
Jadis, à l’occasion d’une conférence donnée à l’invitation de la Société américaine de Psychanalyse, Jean Piaget a parlé d’inconscient cognitif. Il citait à ce propos une sorte de boutade formulée par Alfred Binet : « La pensée est une activité inconsciente de l’esprit », boutade dont Piaget donne l’interprétation suivante : « si le moi est conscient du contenu de sa pensée il ne sait rien des raisons structurales et fonctionnelles qui le contraignent à penser de telle ou telle manière, autrement dit du mécanisme intime qui dirige la pensée » (1970/1972 p. 9).
Or, nous commençons à mieux connaître non seulement la nature de ces déterminants structuraux mais aussi la dynamique de leur construction et même de leur prise de conscience à plus ou moins long terme.
(…)
En résumé, les structures psychologiques(…) sont le fondement des significations. Au lieu de rester prisonniers des apparences et englués dans les impressions premières, nous parvenons à relier structuralement nos connaissances et donc à les actualiser dans le présent des contextes qui les sollicitent. Quelle bonne surprise : structurer, c’est se libérer ! »

 

Ours éditions est une “maisonnette d’édition” située à Puéchabon (Hérault)
22 222, c’est une collection de textes de littérature (noire, blanche, multicolore…) et d’essais en sciences humaines et sociales, chaque ouvrage tient sur une page A3 pliée en un cahier de 16 pages (couverture comprise).
Vingt deux mille deux cent vingt deux, c’est le nombre de caractères qui remplissent sans (trop) déborder 12 pages de texte en police Linux Libertine corps 10 étroitisé à 90%.
Des livres à finir soi-même, à l’ancienne, au coupe-papier ou au couteau de boucher… Une vidéo explicative est en ligne en page d’accueil du site.

 

L’enfant du lignage, de Joëlle Wintrebert

L’enfant du lignage, fiction, Ours éditions, septembre 2020

Quel ado serait prêt à se laisser confisquer son avenir ? Après la pandémie qui a décimé l’humanité, les survivants se sont rassemblés dans une enclave. La génétique s’est muée en arme aux mains de quelques-uns. Mais pour ceux qui résistent en secret, elle est une ressource. Combler les trous béants dans votre histoire vous permet de comprendre l’Histoire dont vous êtes issu.

 

EXTRAIT
Le principe du grand amour, c’est qu’il te conduit à suivre l’autre n’importe où, fût-ce en enfer.
Les jours ont passé. Dix fois, vingt fois, j’ai quitté l’immeuble que nous avions restauré puis colonisé sur les quais, et je me disais : cette fois, c’est la bonne, je trouve le courage de te dénoncer, pas question de rentrer.
Dix fois, vingt fois, je suis rentrée. Je ne t’avais pas dénoncé. Je m’enfermais entre mes quatre murs et je pleurais de rage. Te livrer m’amputerait d’une trop grande part de moi, il ne me resterait qu’à mourir. Et la vie m’est devenue précieuse depuis que je la sens frémir au plus profond de ce corps qui voudrait disparaître.
Par ailleurs, voir jour après jour le monde se dégrader autour de moi me désespère. Combien de temps leurs enclaves protègeront-elles les privilégiés ? Quand le sol qui vous fait vivre s’asphyxie, quand l’eau que vous buvez s’assèche, quand l’air que vous respirez s’empoisonne, la mort se profile.
À présent, Christo, je peine à ne pas te donner raison quand tu assènes : « Faut-il attendre pour agir que les guerres de l’eau deviennent en plus des guerres de l’air ? »

site Ours éditions

 

Itinéraire d’un camisard – Chronique huguenote 1, d’Hervé Pijac

Itinéraire d’un camisard – Chronique huguenote 1, roman historique, 1er volet d’une saga en quatre volumes, éditions de Massanne, réédition septembre 2020

 

Itinéraire d’un Camisard raconte la vie d’Élie Serre, un huguenot cévenol, dans une époque charnière des conflits religieux qui assombrirent la France, après la Révocation de l’Édit de Nantes.

À travers ses engagements, ses doutes, ses réflexions, son évolution au fil des événements dramatiques qui se succédèrent, on perçoit l’erreur intrinsèque d’un régime coupable de massacrer ou chasser une partie de son peuple et de se priver ainsi d’une sève bénéfique qui aurait dû l’enrichir.
Éprouver pareillement l’absurdité et l’inutilité d’une cruauté inconsciente de part et d’autre, au nom du même Dieu !
Et pourtant, que la Cévenne est belle !
S’appuyant sur des bases historiques solides et incontestables à ce jour, ce roman traite d’un thème à la fois languedocien dans son déroulement, français et international dans ses répercussions mais, surtout, universel dans sa philosophie : la liberté de conscience !

 

EXTRAIT
Je crois avoir mentionné que Daudé, mon patron, avait une fille qui s’appelait Isabelle, une jeunesse belle comme le jour avec ses longs cheveux bruns qu’elle laissait le plus souvent dénoués sur ses épaules, ses yeux verts aussi clairs que les torrents de mon pays et, surtout, un sourire inoubliable… Bien sûr, j’étais amoureux d’elle, en secret, et chaque fois que je la voyais, je tressaillais et parvenais difficilement à dissimuler mon émotion. Je vivais un terrible calvaire car cet amour me semblait impossible et je n’aurais jamais osé me déclarer. Mais voilà : lorsqu’elle eut à peu près dix-huit printemps, je compris à plusieurs signes que je ne lui étais peut-être pas totalement indifférent. Mon martyre s’accrut au point qu’elle occupait chaque instant de ma vie, mais je ne savais toujours pas ni ce que je devais faire, ni comment ! Et puis, un beau jour, tout arriva, simplement, sans que je m’y attende. Je l’avais rencontrée, seule, sur le chemin du village. Elle m’avait adressé son merveilleux sourire et avait pudiquement baissé les yeux ; j’avais bafouillé lamentablement jusqu’à ce que nos doigts s’effleurent, timides d’abord, puis j’avais franchement saisi ses mains pour les serrer très fort contre ma poitrine. Le choc que j’en éprouvai reste gravé à jamais là, dans mon cœur… Ce fut étrangement pur et intense, indéfinissablement long. Nous marchâmes tendrement dans la campagne, presque sans parler, main dans la main et, soudain, pris d’une résolution et d’un courage subits, je l’avais enlacée et embrassée, passionnément.

en savoir plus chez l’éditeur

Un déjeuner de soleil, de Jeanne Bastide

Un déjeuner de soleil, récit, L’Amourier éditions, septembre 2020
image de couverture J. Bastide et Paul-Emile Objar / collection “ Thoth ”

L’expression, initialement, dit la perte de luminosité des pigments quand ils sont exposés au soleil, ou mangés par le soleil lorsqu’il s’agit du linge étendu au soleil de midi. Devenue symbole de toute chose périssable, l’expression évoque ici le récit d’un amour décousu. Sous nos yeux de lecteur, la vie d’une femme bascule parce que son aimé s’est éloigné. Habitée par son fantôme et par le désir de comprendre ce qui lui arrive elle s’interroge, déroulant au fil des pages un monologue à forte charge poétique qui la conduit en territoire inconnu. Les lecteurs de Jeanne Bastide y reconnaîtront sa voix, la singularité de son écriture creusant sous la peau le chaos intérieur que chacun renferme. Ceux qui la découvrent sont invités à se laisser surprendre par la liberté de ses images et sensations décrites.

Non ! Quelque chose s’est ouvert avec la violence de ce non. Non ! Et le monde se fracture. La terre se fend. Le vide prend place. Jusqu’à la respiration qui se fissure. Il faudra du temps. Beaucoup de temps pour que la vie se remette en place. Que l’herbe soit verte. Le cyprès vertical. Il faudra que le vent nettoie les poumons et toutes ses alvéoles. Il faudra que le pas se fasse plus sûr, qu’il donne confiance à ce qui le porte pour avancer sans trébucher. Il faudra que le soleil, la lune et les étoiles accomplissent les circonvolutions nécessaires. Il faudra le silence. Quelques bouts de joie. Un envol de paroles muettes. La solitude pour voir enfin un sourire apparaître. Il faudra que mes pieds nus marchent sur l’herbe. Que mon corps vivant, articulé, se mette en mouvement – se déplace.

lire le début du texte ici

 

Je m’appelle Pilou / M’apéli Piló, d’Hélène Marche

Je m’appelle Pilou / M’apéli Piló, conte animalier, collection bilingue occitan-français, éditions Hors Limite, juillet 2020
Illustrations : Angèle Andrieu
Traduction : Maurici Bóni

Histoire d’un chien appelé « Pilou », petit chien sans race mais d’une beauté extrême qui avait de nombreux admirateurs. Un caractère très enjoué, espiègle, coureur de jupons à 4 pattes ! D’une intelligence extraordinaire, auteur de nombreuses bêtises jusqu’à ses derniers jours… Une vie de chien heureux !

Ce conte est comme le précédent (Je m’appelle Olympe) traduit en occitan-français après avoir été en anglais-français.

 

 

Je m’appelle Olympe / M’apèli Olímpia, d’Hélène Marche

Je m’appelle Olympe / M’apèli Olímpia, conte animalier, collection bilingue occitan – français, éditions Hors Limite, juillet 2020
Illustrations : Angèle Andrieu
Traduction : Maurici Bóni

Un conte où une chienne appelée « Olympe » prend la parole à partir de sa naissance et jusqu’à son départ vers le paradis des chiens. Une histoire émouvante, drôle, sentimentale, de cette boule de poils aux multiples aventures avec ses congénères mais aussi avec sa maîtresse…
La particularité de ce conte classé jeunesse est en fait un livre destiné à tous en raison de son côté éducatif. Après avoir été traduit en anglais-français, le voici en occitan-français.