Mon père, ce tueur, de Thierry Crouzet

Mon père, ce tueur, roman, La Manufacture des livres, août 2019

Mon père était un tueur. À sa mort, il m’a laissé une lettre de tueur.
Pour trouver le courage de l’ouvrir, j’ai dû revivre la guerre d’Algérie de mon père, revivre ses chasses, sa jeunesse et ses traumatismes.

« Mon père était un tueur. À sa mort, il m’a laissé une lettre de tueur. Je n’ai pas encore le courage de l’ouvrir, de peur qu’elle m’explose à la figure. Il a déposé l’enveloppe dans le coffre où il rangeait ses armes : des poignards, une grenade, un revolver d’ordonnance MAS 1874 ayant servi durant la guerre d’Espagne, une carabine à lunette, et surtout des fusils de chasse, des brownings pour la plupart, tous briqués, les siens comme ceux de son père, grand-père et arrière-grand-père, une généalogie guerrière qui remonte au début du dix-neuvième siècle. Sur les crosses, il a vissé des plaques de bronze avec les noms de ses ancêtres, leur date de naissance, de mort. Sur l’une, il a indiqué : « 1951, mon premier superposé, offert pour mes 15 ans ».

Les yeux de l’oursonne, de Michel Cosem

Les yeux de l’Oursonne, roman, éditions De Borée, juin 2019

Dans la montagne Pyrénéenne une maison perdue devient l’enjeu d’une vie, où se mélangent l’imaginaire, la beauté de la nature, l’histoire des ours depuis la nuit des temps, le monde présent avec tous ses échos.

Michel Cosem, comme dans ses romans précédents élabore un livre qui transporte, fait rêver et donne aussi à réfléchir, sans oublier la magie des lieux.

Un cadavre à la consigne, d’Isabel Lavarec

Un cadavre à la consigne, policier historique, chez Ex-aequo, avril 2019
(couverture d’Annabel Peyrard)

    1920. Roman policier historique placé juste après l’hécatombe de la guerre qui a entraîné une perte de repères et une banalisation de la mort. Dans un style imagé non dépourvu de légèreté, cette enquête policière, riche en rebondissements, est inspirée d’un fait réel.

Vivant dans cette période folle où le meilleur et le pire se côtoient, les Rostova font souvent la une des journaux. Lui, affairiste dans l’import-export, accumule les maitresses ; elle, féministe engagée, journaliste, n’hésite pas à dénoncer les injustices sociales. Cela semble s’écouler comme un long fleuve tranquille jusqu’au jour où on dénonce la disparition de monsieur. Puis, tout bascule lorsqu’on découvre un cadavre à la consigne de la gare…

En mettant face à face un progressiste et un réactionnaire, quelques problèmes fondamentaux sont posés : le statut de la femme dans la société patriarcale du début du XXe siècle ; la partialité et l’iniquité de la justice ; la peine de mort ; l’inhumanité des prisons ; l’importance de l’amour, de la culture et la nécessité de donner un sens à son existence

 

Body Budy, de Francis Zamponi

Body Budy, polar libertin, ebook, collection Culissime, SKA éditions, juin 2019

Médecin légiste de jour, la belle Claire Dieulefit, toujours aussi libertine la nuit, a pris sous son aile une fugueuse… 

(…) Comme on peut le deviner, la réponse à ma question et à mon regard volontairement provocateur ne s’est pas fait attendre. Se déhanchant sur le rythme de la musique, c’était je crois du Johnny Cash, Hervé a improvisé un numéro de strip-tease qui n’était pas ridicule. Une fois débarrassé de son accoutrement de cowboy, il s’est allongé sur le ventre au centre de la fourrure synthétique. J’ai pu constater que ses fesses étaient authentiques et je les ai longuement caressées. L’autre face d’Hervé que j’ai découverte en le faisant rouler sur la fourrure m’a révélé un membre viril dont, toujours vêtue de pied en cap, j’ai testé l’authenticité. Des mains puis des lèvres. (…) 

L’auteur nous a déjà régalés des aventures de Claire Dieulefit dans Corps du délit où nous l’avons suivie en des lieux de plaisir surprenants. Ici, elle déambule sans tabou, entre hypocrisie chaste et dérèglement jouissif. La virginité de la body buildeuse tiendra-t-elle jusqu’au bout du road trip coquin mené par un beau guide au travers des Etats-Unis… ?

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ciel déchiré, après la pluie, de Michaël Glück

ciel déchiré, après la pluie, récit, éditions L’Amourier, juin 2019

Un homme fuit. Plus loin on le désignera homme qui marche. Mais maintenant (c’est le premier mot du livre, écrit comme ça, sans majuscule, un maintenant qui n’est donc pas un début) un homme fuit, rampe dans la neige, s’accroche comme il peut à sa survie. La langue elle-même est en fuite avec pour seule ponctuation des barres obliques (/) que l’on dit aujourd’hui slash. Des juxtapositions plutôt que des ruptures. Les gestes juxtaposés d’un corps menacé. Qui fuit. Un corps qui n’a pas d’autre nom que ce mot : weg – mot que le peu d’allemand que l’on sait (et le texte le confirmera bien plus loin) renvoie au mot chemin, et à ce geste de la main pour faire dégager ce qui gène : weg ! casse-toi ! bouge de là ! Le nom d’un homme (corps/pensée/sang/ écoute) qui a été chassé et se retrouve maintenant sur ce chemin de fuite. On est en guerre. On plutôt en guerres (vieilles guerres, 1 titre le premier chapitre.) On entre dans ces guerres. Temps et espaces de guerres. Où ? Le nom de l’Europe sera mentionné à quelques reprises. Mais l’époque ? Maintenant. Après la fin du monde. Nous sommes dans ce maintenant d’après la fin du monde. Hier-aujourd’hui-demain. Un monde de survivants. Mais tout aussi bien, alors, un monde de premiers venus.

(extrait d’un article de Michel Séonnet)

 

Ciel déchiré, après la pluie a tout d’un récit d’anticipation. Il y a eu une guerre. Quelque chose qui ressemble à la fin du monde. Des hommes. Des femmes. Des enfants font entendre leur voix.
Est-ce le temps de l’anéantissement total ou celui des recommencements ?
La langue puissante et tendue de Michaël Glück nous entraîne à la suite de ses personnages dans une méditation errante sur ce qu’il reste d’humain en l’homme par temps de désastre et la place que tient le langage dans sa survie.

 

« Après qu’il a claqué la portière derrière lui, il a crié et il s’est effondré. J’ai entendu tomber un corps. Le sien. Parce que je n’ai entendu qu’une voix, je dis un corps, le sien, parce que je n’ai entendu qu’un pas sur le ballast, je dis le sien. Parce que je n’ai plus rien entendu après, je dis un corps, le sien. J’ai d’abord pensé à un bagage, le bruit d’un ballot jeté sur la plateforme eût fait un bruit pareil à celui de la chute d’un corps, avec toute cette pluie qui doit alourdir la terre et les hommes, ce qui reste des hommes. La confusion eût été possible. Si longtemps que tombe cette pluie. J’ai songé aussi qu’il aurait pu balancer un autre corps, qu’il aurait jusqu’alors porté sur son dos tant son pas, par lequel j’avais perçu son arrivée, avant même qu’il ne frappât contre la vitre, m’avait paru accablé, corps d’un blessé ou celui d’une femme dont il aurait voulu, par ce temps, soulager la peine. Non. Il est seul. »

La Bellesa de François Szabo

La Bellesa, poésie, eBook version catalan, Obsidiana Press, avril 2019

La belleza es dins la llum total com visió sagrada es permanència dins l’amor ple de tendresa. Aquestes poemes de 2019 son oferts per la Dona dins un verger del món dolç e encantat on pot trobar la via de la vida. Confiança e constància dins la harmonia sempre, en pau veritablement, escriure la passió a cada moment, cada dia.

La beauté est dans la lumière totale comme vision sacrée, est permanence dans l’amour plein de tendresse. Ces poèmes de 2019 sont offerts à la femme dans un verger du monde doux et enchanté où l’on peut trouver la voie de la vie. Confiance et constance dans l’harmonie toujours, en paix vraiment, écrire la passion à chaque moment, chaque jour.

eBook texte en catalan accessible ici

Entre femmes (tome 2), de Paula Dumont

Entre femmes, tome 2, éditions l’Harmattan, mars 2019

Après la publication d’Entre Femmes en 2015, Paula Dumont a continué à rechercher des livres mettant en scène des lesbiennes. Dans ce tome 2, elle publie le résultat de ce travail en résumant et commentant 250 œuvres lesbiennes publiées entre1902  et 2018.
Elle a découvert l’ancêtre de la littérature de pensionnat, Clémence Dane, autrice de Régiment de Femmes (1917) ainsi que la traduction française en 1936 du drame de Lillian Hellman :The Children’s Hour. Surtout elle s’est ouverte à d’autres cultures avec la romancière franco-camerounaise Léonora Miaino, les Japonaises Kyoko Nakajima et Ito Ogawa, la Mauricienne Ananda Devi et l’Iranienne Négar Djavadi. Elle a découvert des écrivaines d’Italie, d’Irlande, d’Écosse, du Canada, de Grande-Bretagne et des États-Unis, qui ont mis en scène des femmes qui aiment les femmes. Tous ces livres, à l’exception de certaines biographies, ont des femmes pour autrices, même si elles ne sont pas toutes lesbiennes.

Les notices de ce dictionnaire de littérature lesbienne peuvent être consultées soit en vue de choisir un titre en toute connaissance de cause, soit afin de découvrir une autrice dont on ignorait jusque-là l’existence, soit afin d’étudier de manière approfondie la littérature lesbienne.
Sachant combien il est vital de s’identifier à des personnages imaginaires pour pouvoir construire sa personnalité, il est important que les lesbiennes disposent d’ouvrages qui les aideront à prendre conscience de leur orientation et où elles trouveront des héroïnes à qui s’identifier. C’est avec cet objectif que Paula Dumont contribue à la mémoire lesbienne.

Cassandra, d’Hélène Marche

Cassandra, romance classique, Évidence éditions, mars 2019
Illustration : Maïka

Cassandra, jeune fille volontaire et téméraire, n’a qu’un seul objectif dans sa vie : devenir vétérinaire. Avant d’entrer dans la prestigieuse école de Maisons-Alfort, elle part seule, au Gabon, pour trois mois à la rencontre des animaux sauvages. Au cours de cette aventure, elle découvre l’amour passionnel avec Jaro mais elle va vivre également de tragiques évènements… De retour à Paris, Cassandra met tout en œuvre pour oublier ce traumatisme. C’est un autre homme, Peter qui réussira à cicatriser ses profondes blessures.
Son destin l’entraîne vers de nouveaux horizons. Sa bonne étoile veille toujours sur elle et sur son premier amour Jaro.

L’Annonce, de Michaël Glück

L’Annonce in Des poètes à l’œuvre, poésie/arts, collectifs (15 auteurs), Musées d’Angers, janvier 2019
Illustrations : Œuvres des collections des musées d’Angers

Long poème devant et pour une Vierge de l’Annonciation, enceinte… œuvre attribuée à Jacoppo della Quercia.

Textes de : Erwann Rougé, Joël Bastard , Michaël Glück , Joe Ross, Gérard Titus-Carmel , Paul Louis Rossi, Jean-Louis Giovannoni, Yves Jouan,  Anne Kawala,  Sylvie Dubin, Jacky Essirard, Antoine Emaz, Laurine Rousselet, Bernard Bretonnière, Denise Desautels

 

… commence une phrase, de Michaël Glück

 … commence une phrase, poésie, Lanskine, janvier 2019

Comme une simple ritournelle, une chanson douce, un manège des jours, en un lieu, devant une fenêtre, une phrase commence sur les lèvres et très vite je sais, je sens, qu’elle a commencé depuis longtemps … et me tourne la tête.

Le désenchantement, nouvelles de Philippe Castelneau

Le désenchantement, nouvelles, autoédition, février 2019

Les seize textes qui constituent ce livre ont été écrits à des moments différents, souvent espacés dans le temps. Noirs ou fantastiques, tour à tour microfictions ou nouvelles, il me semble pourtant, qu’en dépit de leurs différences, ces récits tournent tous autour de la même obsession, relèvent tous du même questionnement : comment vit-on aujourd’hui dans un monde aux repaires fluctuants, quand c’est la loi du marché qui régit jusqu’au plus intime de nos existences ?

On peut se résigner, au point de perdre ce qui nous reste d’humanité. On peut aussi faire le choix de se battre, avec les seules armes à sa disposition : la littérature et les livres, par exemple. S’émerveiller du monde et vouloir le réenchanter, se prendre pour Don Quichotte, voir des châteaux magiques dans les plus modestes auberges, démasquer les princesses grimées en paysannes, affronter les monstres maléfiques tapis derrière les moulins à vent : passer derrière les apparences, et voir enfin le monde tel qu’il est.

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La force du sourire, d’Isabelle Crouzet

La force du sourire, essai, éditions J.C. Lattès, janvier 2019

«  Un sourire est plus qu’une manifestation de joie. C’est une sorte de velcro qui nous accroche les uns aux autres et un remède contre bien des maux. En France, nous avons besoin d’en découvrir les bienfaits.  »
Dans La Force de sourire, l’auteur a mené une véritable enquête sur le sourire, dont on a tendance à oublier  les nombreux bienfaits, pour soi, pour autrui, pour nous tous collectivement. À travers des découvertes en psychologie, neurosciences et sociologie, mais aussi de nombreuses anecdotes personnelles, elle démontre que le sourire est au cœur de nos relations sociales et de notre bien-être. Elle nous entraîne à la découverte des secrets du sourire  :
–  Un seul sourire suffit à  ralentir le rythme cardiaque, baisser la pression artérielle et diminuer le niveau de cortisol, l’hormone du stress.
– Plus on sourit, plus on est heureux. Le sourire provoque la joie autant qu’il l’exprime.
– Sourire désamorce les conflits, pilote et régule les émotions et les interactions sociales. Il installe la connivence dans un monde de plus en plus dématérialisé.En France, nous sommes avares de sourire. Et si le sourire n’était que la partie émergée de la sérénité, de la confiance en soi et de la bienveillance  ? Après la lecture de ce livre, vous aurez envie de sourire partout, même dans le métro. Car sourire, c’est le premier pas vers une vie épanouie.

 

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