Casanova et Waiting for Tina, soirée cinéma littérature, Nîmes, 22 novembre 2020

Dans le strict respect des règles sanitaires, Jean Azarel vous propose de vous retrouver le mardi 22 septembre au Sémaphore à Nîmes à 17 h 30 où il présentera le film Casanova de Federico Fellini avec Donald Sutherland et Tina Aumont. Un film de 1976 ressorti fin 2019.
A l’heure de MeToo, qu’en est-il aujourd’hui du mythe de Casanova, mis à mal il y a plus de 40 ans par Fellini ? Coulisses de tournage, anecdotes inédites, analyses critiques à débattre…

dédicaces et échanges autour de sa biographie romanesque « Waiting for Tina »
(A la recherche de Tina Aumont), éditions l’Autre Regard

Chronique de Jean Azarel : Des forêts de couleuvre/Frontalière, de Laure Anders

Échos de lecture de Jean Azarel à propos du livre Des forêts de couleuvre / Frontalière, de Laure ANDERS (La Boucherie Littéraire, 2020)

Il ne fait généralement pas bon avaler des couleuvres…sauf quand elles habitent les forêts de Laure Anders.
Avec Des forets de couleuvres / Frontalière, Laure Anders nous subjugue de deux textes incandescents qui se suivent (ils auraient pu tout aussi bien s’entrecroiser) sur le même thème d’une relation amoureuse nomade revue et corrigée par le temps.
Lorsqu’on cherche dans un livre quels extraits faire partager dans une chronique, c’est soit très mauvais, soit très bon signe. Ici, la deuxième hypothèse réduit à néant la première. Extraits donc, au gré du hasard des pages ouvertes.

Des lits défaits s’étalent dans le ciel / Plus loin à portée d’horizon constellation de hauts fourneaux / divisant le vert des mélèzes en zones de désir.

En serpentant avec un art consommé de la suggestion qui érotise en point de croix une histoire somme toute banale dont elle transforme le plomb en or, Laure Anders élève haut la condition humaine jusque dans ses bas arrangements de dominant (l’homme) à dominée (la femme).
Si la poésie la meilleure est aujourd’hui très largement féminine (et pas nécessairement féministe), le fait que le sexe dit faible (tout un symbole) soit issu d’un peuple qui a beaucoup souffert, dixit Tonton David, y est de toute évidence pour quelque chose.

Dans ce recueil cueilli et recueilli, le sortilège tient  tout entier dans le degré de tolérance complice dont la narratrice fait preuve à l’égard des foucades de son amant. Pas illogique puisque si la couleuvre pique, son venin est inoffensif. Le consentement masochiste de l’auteure, héritière à sa façon du Passe-muraille de Marcel Aymé, vaut autant absolution de la possession qu’acceptation de la flétrissure. Le renoncement choisi au classicisme amoureux, lui permet d’accéder via des rites de passage singuliers à l’initiation intime dans laquelle se reconnaîtront bien des femmes. In fine, « parce que c’était lui, parce que c’était moi », qu’importent le mâle, le comportement, la posture ; la morsure demeure, sous la gouvernance répétitive de la fantaisie, avant la rupture programmée.

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Fête la mort !, échos de lecture de Jean Azarel

Jean Azarel a lu Fête la mort, un livre de Jacques Cauda (éditions Sans crispation, 2020)

Fête la mort, ou Faîtes la mort, y compris l’amour et la guerre, pourrait-on dire pour parler du huitième roman du « peintrécrivain » Jacques Cauda, initiateur du courant pictural « surfiguratif ».

Lorsqu’on fait un portrait, et à fortiori le sien propre, il y a trois manières de poser un visage : ou de face, ou de trois quarts, ou de profil. De face, le portrait regarde son semblable, c’est-à-dire la mort droit dans les yeux. De trois quarts, il regarde Dieu, l’éternité, l’infini. Et de profil, sa postérité, comme Erasme peint par Holbein regarde son acte d’écrire. Quand en 1800, Goya peint son Autoportrait, il regardait déjà sa propre mort droit dans les yeux. Il était déjà trop tard.

Pas très réjouissant me direz-vous ? Certes, mais pas d’amalgame. En une dizaine de saynètes où l’horrible s’adoucit de jubilatoire et de poésie, Cauda nous conte des histoires à dormir debout et étreindre itou, où la réalité copule avec l’imaginaire pour nous rappeler que mourir peut être un art de vivre, si le destin n’en décidait pas trop souvent autrement.

Où donc, il est question des aventures du trio composé de l’auteur et ses acolytes foutraques Petit Muscle et Saucisson, du rapport entre le ressouvenir en avant de Kierkegaard avec le jeu de rugby (ses mêlées et ses démêlés), de la Crevette et de Rintintin, d’une lettre à Lou sur un air de Chet Baker, en passant par une cochonne répondant au doux nom de Mèrepute, via un détour très spécial au pays des merveilles de Juliette, pour s’encroumer in fine dans la mornitude professorale d’une certaine et incertaine madame L…. Lire la suite…

Jean Azarel, au festival de poésie Voix Vives, Sète, 18/25 juillet 2020

Jean Azarel sera présent sur le festival :

– le 18 de 15 h à 17 h (place du Livre, avec d’autres poètes de la méditerranée)
– le 19 de 19 h à 19 h 30 (galerie Open space)
– le 20 de 17 h à 18 h (Haut du jardin, parc Simone Weil)
– le 21 de 15 h à 16 h (Jardin rue du Génie, avec Cécile Richard)
– le 23 de 16 h à 17 h (Bas du jardin, parc Simone Weil, avec Felip Costaglioli)
– le 24 de 12 h à 12 h 30 (place du Livre, accompagné d’Hérold Yvard, guitare et instruments virtuels)
– le 25 de 11 h 30 à 12 h (galerie Open space, accompagné d’Hérold Yvard, guitare et instruments virtuels)
Et bien sûr au hasard des événements du festival…

Il lira des extraits de la plupart de ses ouvrages, dont Marche Lente, Love is eveywhere, Trois trous dans la fièvre, Papy beat generation, mais aussi des inédits à paraître. Avec le musicien Herold, ils interpréteront Le ciel du dessous (éditions la Boucherie Littéraire), et Encore plus nu (éditions Gros Textes) qui seront disponibles sur le marché du livre.

Le programme complet du Festival Voix Vives 2020 est disponible au téléchargement en version PDF
ÉDITION 2020 ADAPTÉE À LA CONJONCTURE AVEC RESPECT DES NORMES SANITAIRES EN VIGUEUR.

 

Cabaret poétique avec Jean Azarel, au Café Villageois de Lauris (84), le 14 décembre

Ce sera à 18 h à Lauris, à l’initiative d’Antoine Gallardo,éditeur à La Boucherie littéraire. Et il s’agira d’une mise en paysage sonore de « Le ciel du dessous » dont Jean Azarel lira des extraits, accompagné par Herold Yvard à la guitare et instruments virtuels

« A chaque réveil du volcan, haut les cœurs le poète, enlumine notre vitrail de grâce au ciel du dessous »

 

 

 

Jean Azarel au salon Terralire, 15 et 16 novembre

Salon des éditeurs d’Occitanie – Midi Pyrénées à ALBI
Salle Arcé le 15, à l’Athanor / Parc des Cordeliers le 16

En avant première de la sortie de la biographie romanesque Waiting for Tina (À la recherche de Tina Aumont) aux éditions L’Autre Regard, présentation du documentaire inédit de 25 minutes ANTI STAR TINA par le réalisateur new-yorkais Ivan Galietti à 20h30 salle Arcé, scène nationale d’Albi, suivie d’une discussion autour du livre dédié à l’actrice écrit par Jean Azarel.
Le samedi 16, sur le stand de l’éditeur, Jean Azarel présentera et signera Waiting for Tina.

Liberté, film d’Albert Serra, une chronique cinéma de Jean Azarel

Critique cinéma : Liberté, d’Albert Serra, octobre 2019

À l’accueil, le directeur du cinéma à qui je dis que je vais voir LIBERTÉ me répond « bon courage », puis devant mon étonnement : « depuis que je suis là, c’est un des rares films où je vois autant de personnes sortir avant la fin ».
Nous étions 6 sur les fauteuils au départ, nous arrivâmes 5, et j’ai tenu ! Certes le rythme est lent, la chair plus âpre que joyeuse, voire triste, les comédiens physiquement hétéroclites (si les hommes font peu envie, à l’image d’un Helmut Berger prodigieusement sénile, le réalisateur ne se prive pas de mettre en scène des jolies femmes), et le film pourrait aisément être raccourci de vingt bonnes minutes.
Mais l’essentiel n’est pas là. Adepte des films en costume, Albert Serra nous conte la vie (?) d’un groupuscule de libertins chassés de la cour de France au XVIIIe siècle, et trouvant refuge dans une forêt prussienne pour poursuivre ses pratiques. Sexes masculins fatigués, jouissances mécaniques, actes sado-maso, saillies scatologiques, sévices divers, se succèdent  dans des clairs obscurs savamment étudiés et une gestuelle minimaliste qui n’est pas sans rappeler le théâtre no. On passe d’un tableau à l’autre, en plein air, ou dans des chaises à porteurs (une trouvaille du film) ; Serra fait indubitablement œuvre de peinture, soignant remarquablement la forme. Lire la suite…

Waiting for Tina, de Jean Azarel

Waiting for Tina, biographie romanesque, éditions l’Autre Regard, 20 octobre 2019

Waiting for Tina est la première bio romanesque sur l’actrice Tina Aumont, fille de Maria Montez et Jean-Pierre Aumont, née à Hollywood en 1946 sous les auspices de Jean Cocteau et Marlène Dietrich. Après avoir joué dans une cinquantaine de films (Fellini, Losey, Garrel, Vadim, Bertoulucci…) avec notamment  Alain Delon, Klaus Kinski, Donald Sutherland, Pierre Clementi, Terence Stamp  ou Catherine Deneuve pour partenaires, icône de l’underground dans les années 70’s, elle connaît un destin tragique mais laisse une trace indélébile dans le cœur de celles et ceux qui l’ont approchée et aimée.

Waiting for Tina, au cours de 500 pages où se succèdent interviews de personnalités, poésie et considérations sur le 7ème art, photos et documents inédits, retrace et fait revivre l’existence tumultueuse d’ « une des dix plus belles filles du monde » (Tinto Brass).

Chronique littéraire : Écrits stupéfiants de Cécile Guibert, par Jean Azarel

Écrits stupéfiants, de Cécile GUILBERT
collection Bouquins, Robert Laffont éditeur, septembre 2019

Nous avons pour la plupart la volonté de ne pas mourir idiots. Chacun a sa ou ses recettes. Lorsqu’elles sont communes, elles rassemblent les hommes et les femmes, surtout lorsque leurs variantes permettent d’augmenter la qualité des échanges, quand l’immuable conduit au principe moutonnier qui plaît tant à nos gouvernants et aux multinationales.
Avec Écrits stupéfiants, l’essayiste et romancière Cécile Guilbert nous donne (ou presque, pour la modique somme de 32 € qui n’est rien au regard des 1440 pages de ce pavé de mots délicatement feuilleté) à lire la somme d’un travail de près de dix ans d’une richesse phénoménale. Après un prologue personnel d’une sincérité de haut vol où l’auteure livre sa vérité sur le sujet (vérité que je fais mienne), place à une incroyable (mais vraie) revue des drogues (terme générique) de toutes natures et de leur rapport à la littérature, à travers toutes les époques, d’Homère à Will Self comme l’indique la première de couverture.

Après un second prologue dédié à deux substances mythiques le soma et le népenthès, Écrits stupéfiants s’architecture en quatre parties. Lire la suite…

 Oobèse, de Jacques Cauda, une chronique littéraire de Jean Azarel

Oobèse, roman, Z4 Éditions, 2019

Si Oobèse est une farce savamment préparée, illustrée et bien assaisonnée, elle le doit avant tout au goût de l’auteur pour la cuisine et pour la bouffe, la vraie, la grande à la Marco Ferreri. Car chez Cauda, comme dans le cochon tout est bon, donc tout se mange.
Artiste peintre qui n’y va pas avec le dos du pinceau, (ici de la cuiller) Jacques Cauda fait de l’huile à chaque page dans cette abominable aventure où un ex flic ripou à l’entre-jambes exacerbé passe en civet trois femmes qui tombent sous sa coulpe éminemment battue.
Oobèse nous conte les histoires croisées dans l’histoire du « Gros », dit Amalaire le dingue, (du nom d’un évêque du IXè siècle), qui met en pratique très personnelle une théorie controversée du corps du Christ en trois corps distincts, les trois parts de l’hostie. Dans la version moderne de l’affaire, « Le Gros », réincarnation new age de l’Hannibal Lecter du Silence des agneaux, préfère s’en tenir à l’enlèvement de « trois grâces », une blonde, une brune, une rousse, qu’il va occire à petit feu après moult sévices, gavages, mutilations et baises effrénées, puisqu’il faut bien évidemment passer ces dames à la casserole. Lire la suite…

Auteurs en lecture en partance pour la Suisse

dimanche 19 mai 2019, de 11h30 à 13h
auditorium du musée Fabre, Montpellier

Auteurs présents : Raymond Alcovère / Jean Azarel / Marie Bronsard / Françoise Renaud / Antonio Rodriguez-Yuste  / Katharina Stalder /  Joëlle Wintrebert
(en savoir plus sur les auteurs ici )

Coordination et animation : Sylvie Léonard pour Autour des Auteurs

Musique : Guido Volpe, accordéon diatonique

L’opération Auteurs en lecture est coordonnée par Occitanie Livre & Lecture et l’association ADA. Elle est soutenue par la DRAC Occitanie et la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, en partenariat avec la Maison de la poésie Jean Joubert, l’association Cépages d’encre, la Métropole Montpellier Méditerranée, la Comédie du livre et le Musée Fabre. Elle a également pour partenaire la librairie La Cavale.

Site Comédie du livre
Site Occitanie Livre & Lecture
Site Cépages d’Encres

visuel : Vincent Desplanches

Chronique cinéma : Curiosa de Lou Jeunet par Jean Azarel

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Pour son premier long métrage, la réalisatrice Lou Jeunet nous éblouit avec Curiosa. Servi par un trio d’acteurs sublimes (Noémie Merlant, qui tombe le haut comme le bas avec un naturel d’avant le péché, Nils Schneider, Benjamin Lavernhe), ce film raconte l’histoire vraie d’une des filles de l’académicien José Maria de Hérédia, Marie, avec deux écrivains aux caractères antinomiques, dans la dernière partie du 19ème siècle. Comme l’écrit Cécile Guilbert dans La Croix, cet épisode « intéresse l’histoire de la littérature, celle des mœurs ‘fin-de-siècle’ et le féminisme de notre temps ». Soulevant la chape bourgeoise des convenances, Marie de Régnier vit avec Pierre Louÿs une relation adultère passionnée. Elle s’initie avec lui à un érotisme raffiné en grades et qualité, posant nue devant son objectif tout en le partageant avec Zohra, sa seconde maîtresse algérienne. Marie gagne aussi sa propre qualité d’écrivaine à 28 ans en publiant sous le pseudonyme de Gérard d’Houville, procédé alors quasi inévitable pour une femme, le roman L’Inconstante, prélude à une carrière reconnue par le monde des lettres. Curiosa, ce n’est pas la moindre de ses vertus, nous invite à redécouvrir les œuvres croisées des trois principaux protagonistes, à une époque où la volonté (bien ébréchée de nos jours) d’une esthétique de la langue guide l’écriture. Lire la suite…